« Je se­rais prêt à mon­ter des bar­ri­cades pour la dé­fendre »

Oli­vier Piou,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos re­cueillis par LICIA MEYSENQ Pro­pos re­cueillis par BO­RIS CASSEL

À LA TÊTE du géant de la sé­cu­ri­té in­for­ma­tique co­té au CAC 40, Oli­vier Piou, ap­pelle à un sur­saut pour notre conti­nent. Que vous évoque l’idée eu­ro­péenne ? OLI­VIER PIOU. L’ave­nir ! Avec le dé­ve­lop­pe­ment des tech­no­lo­gies et des trans­ports, les dis­tances se rac­cour­cissent, l’Eu­rope est de­ve­nue notre ter­rain de jeu na­tu­rel. Mes grands-pa­rents met­taient six heures pour al­ler de Pa­ris à Lyon en train. Au­jourd’hui, c’est plus qu’il n’en faut pour al­ler d’un bout à l’autre de l’Union. L’Eu­rope est un grand et beau jar­din, at­trac­tif et fer­tile. Ce sont des Eu­ro­péens qui ont in­ven­té le Web, réa­li­sé Ro­set­ta et Phi­lae, mon­té Eras­mus, dé­ve­lop­pé la cons- cience éco­lo­gique. Pour dé­fendre l’idéal eu­ro­péen, je se­rais prêt à mon­ter des bar­ri­cades. Les ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes ne sont-elles pas en échec ? Elles ont failli. Mais les Etats en sont les pre­miers res­pon­sables. Per­sonne n’a vou­lu aban­don­ner de la sou­ve­rai­ne­té dans des do­maines clés, comme la dé­fense, la po­lice ou la fis­ca­li­té. Et l’Union a un pro­blème de lea­deur. De­puis De­lors, plus per­sonne n’in­carne l’Eu­rope. Comment sor­tir de cette si­tua­tion ? Au­jourd’hui, les pays en­voient à Bruxelles des res­pon­sables po­li­tiques dont ils sont sûrs qu’ils ne fe­ront pas d’ombre aux chefs d’Etat. Faute d’avoir quel­qu’un qui in­carne l’Eu­rope, nous avons be­soin d’une élec­tion qui ins­talle au suf­frage uni­ver­sel un lea­deur à la lé­gi­ti­mi­té in­dis­cu­table, avec un pro­jet. Si les res­pon­sables des pays membres n’ont pas le cou­rage de re­gar­der vers l’ave­nir, ils nous r en­ver­ront aux af f r es du XXe siècle et à tout son sang ver­sé. L’Eu­rope a-t-elle fa­vo­ri­sé le dé­ve­lop­pe­ment de votre en­tre­prise ? Oui. Ge­mal­to est le fruit de l’Eu­rope, et plus lar­ge­ment de la mon­dia­li­sa­tion. Notre pre­mier pro­duit fut la carte à puce. Nous nous sommes d’abord dé­ve­lop­pés en Eu­rope du Nord, avant de conqué­rir l’Asie, puis les Amé­riques. Sans l’Eu­rope, la carte à puce se­rait res­tée can­ton­née à quelques ca­bines té­lé­pho­niques en France.

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