« Il y a un cô­té ro­ma­nesque dans cette idée »

Jane Bir­kin,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR EM­MA­NUEL MAROLLE

EST-ELLE FRAN­ÇAISE ? An­glaise ? « Je suis avant tout eu­ro­péenne », ex­plique Jane Bir­kin, chan­teuse bri­tan­nique de 69 ans ins­tal­lée en France de­puis un de­mi-siècle. « Dès le dé­part, j’ai ai­mé cet élan de fra­ter­ni­té quand s’est créée la Com­mu­nau­té (NDLR : an­cêtre de l’Union eu­ro­péenne). Il y a un cô­té ro­ma­nesque dans cette idée d’Eu­rope, pour moi. Comme une cha­leur qui montre que l’on n’est pas tout seul, qu’on se sou­cie des autres, que l’on fait front en­semble. Je n’y connais rien à l’éco­no­mie mais je me suis sen­ti tel­le­ment triste pour les Grecs quand leur pays était au plus mal. Ou en­core j’ai trou­vé for­mi­dable qu’An­ge­la Mer­kel tende les bras aux mi­grants en Al­le­magne et soigne ain­si les dou­leurs de son pays et des deux g uer r e s mon­diales. Au mi­lieu de tout ça je suis très pri­vi­lé­giée, je suis an­glaise, et je suis tom­bée amou­reuse des Fran­çais il y a cin­quante ans. Et moi, je passe mon temps à dé­fendre les An­glais en France et les Fran­çais quand je re­tourne en An­gle­terre. J’ai en­vie de pro­té­ger les gens en tant qu’Eu­ro­péenne. Sor­tir de l’Union, c’est un énorme pas en ar­rière, une fa­çon de s’iso­ler. Je n’ai pas en­vie de dire aux An­glais : « Mais si, re­gar­dez l’Eu­rope, c’est bien. » Ce n’est pas la peine de leur en­fon­cer la tête sous l’eau. Ma soeur et mon f r è r e , q ui v i v e nt là-bas, étaient ef­fon­drés par les ré­sul­tats du Brexit et moi avec eux. Mais je pense que l’on en est là par in­com­pré­hen­sion. Beau­coup, comme moi, ne savent pas vrai­ment ce que c’est que l’Eu­rope à part quelques grandes idées. Mais comment marchent les sub­ven­tions ? Qui sont pré­ci­sé­ment nos eu­ro­dé­pu­tés ? Nous sommes un cer­tain nombre à l’igno­rer. » @ema­rolle

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