Les ar­naques à la carte ban­caire en hausse à l’étran­ger

ESCROQUERIES. Les fraudes liées au paie­ment par carte baissent en France, mais les opé­ra­tions trans­fron­ta­lières res­tent un point faible.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - BÉRANGÈRE LEPETIT

« LES ESCROCS à la carte ban­caire sont ma­lins. On leur ferme la porte. Ils passent par la fe­nêtre ! » lance Gilles De­fen­di­ni, con­sul­tant spé­cia­liste des moyens de paie­ment. Se­lon le rap­port an­nuel de l’Ob­ser­va­toire de la sé­cu­ri­té des cartes de paie­ment dé­voi­lé hier, la fraude à la carte ban­caire ne connaît plus de fron­tière. A l’ori­gine de ce phé­no­mène : les frau­deurs, de plus en plus in­ven­tifs pour échap­per aux dis­po­si­tifs de sé­cu­ri­sa­tion mis en place en Eu­rope… et de plus en plus mo­biles ! Alors que les ar­naques baissent pour la pre­mière fois en France de­puis 2002, celles concer­nant les tran­sac­tions trans­fron­ta­lières ont bon­di de 12 % en 2015, pour at­teindre 297,9 M .

Que ce soit pour les re­traits en dis­tri­bu­teur, les paie­ments par carte chez les com­mer­çants ou les achats en ligne, les escroqueries t r a nsf r on­tal i è r e s r e pr é s e nt e nt au­jourd’hui 57 % du mon­tant de la fraude pour seule­ment 26 % de la va­leur t otale des t r an­sac­tions comp­ta­bi­li­sées par la Banque de France.

« Beau­coup d’ac­tions ont été en­tre­prises en France ces der­nières an­nées pour mieux sé­cu­ri­ser le paie­ment, comme les puces ou les codes en­voyés par SMS lors des achats en ligne. Ré­sul­tat, les frau- deurs se re­portent sur l’étran­ger », as­sure Alexandre Ster­vi­nou, chef de ser­vice à la Banque de France. Ils se sai­sissent ain­si des nou­veaux moyens de com­mu­ni­ca­tion comme le SMS et s’en­gouffrent dans les failles du sys­tème ju­di­ciaire. « Ils sub­ti­lisent les co­or­don­nées à Pa­ris, les font cir­cu­ler à la vi­tesse d’un SMS à tra­vers le monde à un com­plice dans un pays qui n’a pas de co­opé­ra­tion ju­di­ciaire avec la France, comme le Ma­roc », pré­cise Gilles De­fen­di­ni.

D’après la Banque de France, avec l’es­sor des cartes à puce, les frau­deurs ne peuvent plus dé­sor­mais dé­ro­ber de l’ar­gent di­rec­te­ment au dis­tri­bu­teur en Eu­rope. Ils co­pient les pistes en France et re­tirent en­suite l’ar­gent à l’étran­ger. « Ils sont obli­gés d’al­ler dans des pays où les dis­tri­bu­teurs fonc­tionnent en­core avec des cartes à piste », in­dique Alexandre Ster­vi­nou, comme au Moyen-Orient, en Amé­rique la­tine ou dans une par­tie des Etats-Unis.

A no­ter : en 2015, mal­gré les di­verses cri­tiques faites à cette nou­velle tech­no­lo­gie, la fraude au paie­ment sans contact n’a at­teint que 0,019 % des tran­sac­tions.

Les frau­deurs s’en­gouffrent dans les failles du sys­tème ju­di­ciaire

Les escrocs sont de plus en plus in­ven­tifs pour échap­per aux dis­po­si­tifs de sé­cu­ri­sa­tion eu­ro­péens.

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