Ces Bleus-là plaisent

A l’image de Griez­mann et Payet, les Tri­co­lores ont tout pour plaire. Reste à ga­gner de­main face à l’Al­le­magne pour que le pays cha­vire to­ta­le­ment.

Aujourd'hui en France - - L’ACTUALITÉ DES RÉGIONS - FRÉ­DÉ­RIC GOUAILLARD

LES CHAM­PIONS du monde 1998 avaient ra­con­té, après leur titre, avoir pris conscience de la fer­veur po­pu­laire au mo­ment de ga­gner le Stade de France en bus avant leur fi­nale face au Bré­sil. Les mil­liers de sup­por­teurs pla­cés sur le bord de la route avaient alors té­moi­gné un sou­tien mas­sif, ba­li­sant le che­min des par­te­naires de Di­dier Des­champs vers le suc­cès. Si les Bleus de 2016 de­vaient re­vivre la même scène di­manche pro­chain, ils ne de­vraient pas se mon­trer sur­pris outre me­sure.

D’abord parce qu’il y a un pré­cé­dent, même si cette fois-ci ils ne par­ti­ront pas de Clai­re­fon­taine mais d’un hô­tel pa­ri­sien. Et sur­tout, parce que au­jourd’hui, In­ter­net pé­nètre les murs épais de Clai­re­fon­taine et que les co­équi­piers de Llo­ris ont sen­ti gran­dir cette vague bleue dans les stades où ils ont évo­lué de­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion. « On le voit à la té­lé et sur les ré­seaux so­ciaux, té­moigne Mous­sa Sissoko. Bien sûr, on ne s’en rend pas to­ta­le­ment compte parce que nous sommes dans notre bulle à Clai­re­fon­taire. Mais on sait qu’il y a un en­goue­ment et une forte at­tente. »

Cet au­tomne, la cote de po­pu­la­ri­té des Bleus, en­gluée dans l’af­faire du chan­tage à la sex-tape im­pli­quant Ben­ze­ma et Val­bue­na, était au plus bas (29 %). Elle avait bon­di au dé­but de la com­pé­ti­tion (51 %), mais les sif­flets à l’en­droit de Gi­roud pen­dant la pré­pa­ra­tion avaient en­core prou­vé que cet amour n’était pas to­tal.

De l’amour, pas d’ef­fu­sion

De­puis, les suc­cès ai­dant, la ten­dance s’est raf­fer­mie même si cer­tains ai­me­raient qu’elle se ma­ni­feste de ma­nière plus os­ten­ta­toire. « Que ce soit dans le mé­tro ou dans les rues, je n’ai pas l’im­pres­sion que nous jouons un Eu­ro en France. Je ne vois pas de dra­peaux, de maillots comme c’était le cas au Bré­sil en 2014 ou en Al­le­magne en 2006, dé­plore Fa­bien Bon­nel le pré­sident des Ir­ré­sis­tibles Fran­çais, la prin­ci­pale as­so­cia­tion des sup­por­teurs de l’équipe de France. Que les gens mettent leur maillot bleu au bou­lot ou qu’ils ar­borent un signe dis­tinc­tif ! Et il se­rait bien qu’au stade tous les spec­ta­teurs fran­çais se trans­forment en­fin en sup­por­teurs. »

Son voeu se­ra peut-être en­ten­du, de­main, dans un Vé­lo­drome que l’on pressent bouillant. En at­ten­dant, les Ir­ré­sis­tibles Fran­çais en­re­gistrent un nombre im­por­tant de nou­velles adhé­sions. Sans nul doute les ef­fets de l’émoi bleu.

Stade-Vé­lo­drome (Mar­seille), le 15 juin. Paul Pog­ba saute sur ses co­équi­piers dans un mo­ment de joie et de com­mu­nion avec le pu­blic.

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