Le « Coq » si près de chan­ter

Bryan Co­quard, le sprin­teur de Di­rect Ener­gie, bat­tu sur le fil par l’Al­le­mand Mar­cel Kit­tel, a flir­té avec un pre­mier suc­cès sur la Grande Boucle, hier. Son tour ap­proche.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Li­moges (Haute-Vienne) De nos en­voyés spé­ciaux Jean-Re­né Ber­nau­deau, ma­na­geur de Di­rect Ener­gie OLI­VIER FRAN­ÇOIS (AVEC D. O.)

C’EST GA­GNÉ ? Oui ? Non ? Un oeil in­ter­ro­ga­teur à gauche, à droite… Rien. Bryan Co­quard ne sait pas s’il doit rire ou pleu­rer. Alors, il s’ar­rête et prend ap­pui sur le comp­toir de la tente qui sert de gui­toune à la presse dans l’aire d’ar­ri­vée. Il se braque de­vant la té­lé, voit ap­pa­raître la pho­to fi­nish et baisse la tête. Deuxième du sprint, der­rière Mar­cel Kit­tel (Etixx). Pour 28 mm. Les ca­mé­ras et les mi­cros l’as­saillent. Il ré­agit vite, se re­tourne, se hisse sur le comp­toir et ain­si per­ché, d’une voix maî­tri­sée, li­bère ses sen­ti­ments. « J’ai tout don­né, il n’y a pas d’er­reur dans mon sprint, ra­conte le Coq, sur­nom du pro­dige de Di­rect Ener­gie. Kit­tel était plus fort. Je n’ai ja­mais été aus­si proche de la vic­toire, ça, c’est sûr. Je suis un ga­gneur. J’ai un ca­rac­tère de co­chon et je veux le­ver les bras sur ce Tour. Je m’en rap­proche. »

Troi­sième la veille à An­gers, Co­quard prouve que, mal­gré ses 24 ans et son ga­ba­rit de poche (1,69 m), il n’a pas grand-chose à en­vier au géant Kit­tel (28 ans ; 1,88 m). « Ça fait ch…, re­prend le na­tif de Saint-Na­zaire (Loire-At­lan­tique). Je veux avoir mon pe­tit v ins­crit sur la plaque de mon cadre de vé­lo. Je fais par­tie des grands du sprint main­te­nant et il reste des étapes qui me conviennent jus­qu’aux Champs-Ely­sées, au moins cinq ou six. »

Il ne veut même pas en­tendre par­ler du maillot vert (4e du clas­se­ment), te­nant juste à sou­li­gner qu’avec sa « pe­tite » troupe en noir et jaune, il est prêt à pi­quer dès que la plaine se pro­file. « On di­sait que je n’avais pas d’équipe, que je ne pour­rais ja­mais ga­gner avec elle, eh bien, j’ai failli ! s’em­porte l’an­cien pis­tard, vi­ce­cham­pion olym­pique de l’om­nium en 2012 et cham­pion du monde sur piste de l’amé­ri­caine en 2015. Le groupe est so­lide et il a en­vie. La course pas­sait par Châ­tel­le­rault, chez Syl­vain Cha­va­nel qui au­rait bien ten­té sa chance. Au brie­fing pré­cé­dant le dé­part, on a dit non ! Tout pour le Coq ! Vu ce que j’ai fait, il ne va pas m’en vou­loir. »

Alors qu’il vient de l’em­bras­ser sans que les deux hommes ne se disent un mot, Jean-Re­né Ber­nau­deau, son ma­na­geur, ap­puie : « On n’a pas construit avec Tho­mas Voe­ck­ler pen­dant une dé­cen­nie une équipe tour­née vers la gagne pour don­ner des bons de sor­tie. Il n’y a que la vic­toire qui compte, pas les échap­pées pu­bli­ci­taires ! Pen­dant un mo­ment, on s’est dit : Ça y est, le Tour est ga­gné, Bryan entre chez les grands ! Puis il y a eu un si­lence. La course ne fait que com­men­cer et j’es­père que pour lui, ça va se dé­can­ter avant les Champs-Ely­sées. L’an pas­sé, il y avait fi­ni 2e der­rière Grei­pel. Il a en­core pro­gres­sé. »

Ce ne se­ra pas pour au­jourd’hui, sur les pentes du Can­tal où un autre jeune coq aux griffes acé­rées pour­rait s’illus­trer. Après le pun­cheur Ala­phi­lippe (2e) et le sprin­teur Co­quard (3e et 2e), à qui le tour chez les Tri­co­lores ? Aux grim­peurs Bar­det, Pi­not ou Bar­guil ? Ou à un ba­rou­deur ?

« Seule la vic­toire compte, pas les échap­pées pu­bli­ci­taires ! »

Si­tôt la ligne d’ar­ri­vée fran­chie, Bryan Co­quard s’ar­rête pour re­gar­der la pho­to fi­nish. Il constate, dé­pi­té, qu’il a été bat­tu par Mar­cel Kit­tel.

Li­moges (Haute-Vienne), hier.

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