« Moi l’Au­ver­gnat »

Ro­main Bar­det,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Le Lio­ran (Can­tal) De notre en­voyé spé­cial MAT­THIEU DE MARTIGNAC

MÊME AU SOM­MET des mon­tagnes es­pa­gnoles de la Sier­ra Ne­va­da, Ro­main Bar­det n’ou­blie pas son Auvergne na­tale. Lors d’un stage en al­ti­tude, réa­li­sé avec ses co­équi­piers en mai, le grim­peur a pris soin d’im­mor­ta­li­ser son as­cen­sion en pre­nant la pose avec le dra­peau de Clermont, pen­sion­naire du Top 14 de rug­by. « Je suis en train de pas­ser un di­plôme de ma­na­ge­ment par cor­res­pon­dance, ex­plique le grim­peur. Pour mon stage pro­fes­sion­nel, j’ai le plai­sir d’être ac­cueilli par le club dont je suis sup­por­teur. »

Cette fi­dé­li­té à l’équipe au­ver­gnate s’ex­plique par un at­ta­che­ment vis­cé­ral du cham­pion à la ré­gion qui l’a vu naître il y a main­te­nant vingt­cinq ans. « Je suis né à Brioude en Haute-Loire, ma grand-mère ha­bite dans le Can­tal, et je ré­side au­jourd’hui à Clermont-Fer­rand (Puy-deDôme). Que ce soit du cô­té de mon père ou de ma mère, nous sommes na­tifs de la ré­gion de­puis des gé­né­ra­tions. Moi l’Au­ver­gnat, ici, c’est toute mon iden­ti­té », clame le lea­deur de la for­ma­tion AG2R.

En mai, il nous a re­çus lors d’une re­con­nais­sance de la 5e étape du Tour, cou­rue au­jourd’hui entre Li­moges (Haute-Vienne) et Le Lio­ran (Can­tal). « Les avan­tages de cette ré­gion sont in­nom­brables, mais je ne vais pas trop les ci­ter, si­non les prix du mètre car­ré vont aug­men­ter de fa­çon ex­po­nen­tielle », plai­sante le cham­pion, ra­vi des rayons du so­leil qui illu­minent ce jour-là le ciel can­ta­lien. « Sé­rieu­se­ment, c’est un hon­neur d’ac­cueillir la plus grande course cy­cliste du monde. C’est sur ces routes que j’ai po­sé mes pre­mières roues en com­pé­ti­tion. »

Cette pas­sion pour le cy­clisme lui a été trans­mise par Phi­lippe, son pa­pa, que l’en­fant sui­vait à l’époque lors de ses en­traî­ne­ments. « Mon père était un cou­reur de 2e ca­té­go­rie ré­gio­nale. Nous avons la même mor­pho­lo­gie. J’ai pu ain­si bé­né­fi­cier de ses conseils lorsque j’ai pris ma pre­mière li­cence à Brioude en 1999. »

Dans l’in­ti­mi­té du quo­ti­dien, Ro­main Bar­det n’est pas du genre à faire les 400 coups dans les rues de Clermont-Fer­rand. « C’est quel­qu’un de res­pec­tueux, as­sure Yves Per­ret, l’at­ta­ché de presse de la for­ma­tion AG2R. Il aime sur­tout les ac­ti­vi­tés en pleine na­ture, voir ses amis, il s’in­té­resse à l’oe­no­lo­gie et pos­sède une cave à vins. Ro­main est as­sez dis­cret en fait. » A tel point que cer­tains Cler­mon­tois s’étonnent lors­qu’ils aper­çoivent leur cham­pion en centre-ville. « Ils pensent sou­vent que je vis ailleurs », confirme le grim­peur, qui pos­sède éga­le­ment un pied-àterre à Nice (Alpes-Ma­ri­times).

Au pied du col de Per­tus (1 309 m), où quelques vaches broutent pai­si- ble­ment l’herbe des monts du Can­tal, un groupe de cy­clo­tou­ristes tente d’at­tra­per la roue du cham­pion lorsque ce­lui- ci passe de­vant eux. Ils sont lâ­chés au bout de quelques mètres.

« Pour em­prun­ter ces routes ré­gu­liè­re­ment, je sais com­bien elles sont in­trai­tables, confie Ro­main Bar­det. Sur cette fin d’étape, il n’y a qua­si­ment pas de ré­pit entre chaque as­cen­sion. Je pense qu’il va y avoir des pe­tites ba­tailles pour le clas­se­ment gé­né­ral », pro­phé­tise-t-il en met­tant en garde le pe­lo­ton contre les des­centes sca­breuses qu’il connaît bien. « Ma grand-mère ha­bite à 20 km du Lio­ran. Elle a 78 ans et va ve­nir me voir au­jourd’hui. Ce se­ra une jour­née vrai­ment par­ti­cu­lière pour moi », conclut l’Au­ver­gnat avec émo­tion.

« Pour em­prun­ter ces routes ré­gu­liè­re­ment, je sais com­bien elles sont in­trai­tables »

@mat­de­mart Notre re­por­teur : « J’ai at­ta­qué Bar­det dans la mon­tée vers Le Lio­ran

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