Su­pe­r­hé­ros de la jungle

« LA LÉ­GENDE DE TAR­ZAN ». Cette nou­velle ver­sion des aven­tures du roi de la jungle donne la part belle aux ef­fets nu­mé­riques, mais dé­nonce aus­si les dé­gâts du co­lo­nia­lisme.

Aujourd'hui en France - - LES SORTIES AU CINÉMA - Londres (Royaume-Uni) De notre en­voyé spé­cial Alexan­der Skars­gard, l’in­ter­prète de Tar­zan THIER­RY DAGUE

ON RE­GARDE d’abord ses mains. Dans « la Lé­gende de Tar­zan », qui part au­jourd’hui à l’as­saut des écrans fran­çais, Alexan­der Skars­gard gonfle ses pha­langes comme des pattes de go­rille pour se dé­pla­cer dans la jungle congo­laise. Dans l e ci vi l , on n’ai­me­rait pas se prendre une gifle du géant sué­dois, mais l’ac­teur de 39 ans se ré­vèle net­te­ment plus ur­bain. Quoique…

Il y a quelque chose d’ani­mal chez cet an­cien man­ne­quin, dé­jà à l’oeuvre dans un rôle de vam­pire dans la sé­rie « True Blood ». Et un cô­té dis­tin­gué aus­si : c’est ce mé­lange rare qui a convain­cu Da­vid Yates (réa­li­sa­teur des quatre der­niers « Har­ry Pot­ter ») de mi­ser sur le Vi­king le plus sexy de Hol­ly­wood pour re­lan­cer une fran­chise qu’on pen­sait être à bout de souffle.

Son idée : non pas « re­faire » Tar­zan, mais une suite, si­tuée huit ans après le re­tour en An­gle­terre du roi de la jungle. Lorsque le film com­mence, lord Greys­toke (le nom dans le civil du roi de la jungle) vit en re­din­gote dans un ma­noir an­glais bru­meux, ma­riée à la­dy Jane Por­ter. « Le voyage de ce Tar­zan est à l’op­po­sé des pré­cé­dents, sou­ligne Alexan­der Skars­gard, bi­ceps saillants sous sa che­mi­sette à fleurs. Il vit comme un lord an­glais mais au fond, il reste ti­raillé entre ses ori­gines et sa nou­velle vie. En re­ga­gnant l’Afrique, il va aus­si re­trou­ver ses ra­cines. »

« Il tire sa force de la na­ture et de son en­fance pas­sée avec les ani­maux »

De re­tour dans la jungle, Tar­zan-Alexan­der jette ses bottes en cuir pour faire des ma­mours à ses amies les lionnes. « J’ai vi­sion­né beau­coup de do­cu­men­taires ani­ma­liers, et nous sommes al­lés voir des go­rilles et des lions pour ob­ser­ver leur com­por­te­ment, ex­plique l’ac­teur. On a tra­vaillé huit mois avec un pré­pa­ra­teur phy­sique pour rendre le cô­té ath­lé­ti- que, mais aus­si ani­mal, de Tar­zan. C’est une sorte de su­pe­r­hé­ros mais sans su­per­pou­voirs, il tire sa force de la na­ture et de son en­fance pas­sée avec les ani­maux. »

Les im­pres­sion­nants pec­to­raux du hé­ros ne sont donc pas dus aux tru­cages nu­mé­riques, con­trai­re­ment aux ani­maux du film, en­tiè­re­ment créés par or­di­na­teur, et à la sa­vane afri­caine, re­cons­ti­tuée dans des stu­dios au nord de Londres, avec quelques plans réels tour­nés au Ga­bon. Pas be­soin d’ef­fets spé­ciaux pour l’éner- gique Jane, in­car­née par l’Aus­tra­lienne Mar­got Rob­bie, 26 ans, qu’on re­ver­ra cet été dans un autre block­bus­ter, « Sui­cide Squad » (de Da­vid Ayer). « Le plus dur a été d’ap­prendre le lin­ga­la, le dia­lecte de la tri­bu où Jane a gran­di, se sou­vient la jeune co­mé­dienne. C’est un per­son­nage de femme mo­derne, de ca­rac­tère, qui ne se laisse pas faire. » Fi­ni les images d’Epi­nal da­tant des an­nées 1930. « Ce film montre les dé­gâts du co­lo­nia­lisme de la fin du XIXe siècle, qui pré­ten­dait ci- vi­li­ser l’Afrique mais a tour­né au gé­no­cide et à la des­truc­tion de la na­ture », re­marque Alexan­der Skars­gard.

Pas de suite évo­quée pour l’ins­tant — le film a fait un dé­mar­rage mi­ti­gé aux Etats-Unis ce wee­kend — mais Tar­zan et Jane si­gne­raient les yeux fer­més. « Sans la pré­pa­ra­tion phy­sique…, sou­rit Alexan­der. Dans le pro­chain, Tar­zan se­ra gros. C’est son fils qui fe­ra tout le bou­lot ! »

Alexan­der Skars­gard in­carne un Tar­zan qui re­vient dans la jungle, huit ans après en être par­ti, pour lut­ter contre des co­lo­nia­listes dé­trui­sant sa fo­rêt.

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