Dan­ge­reuse Ma­ri­na Foïs

« IRRÉPROCHABLE ». Dans ce rôle de femme sans ta­bous et sans li­mites, vio­lente et en­tière, l’ac­trice ef­fec­tue un sans-faute.

Aujourd'hui en France - - LES SORTIES AU CINÉMA - Ma­ri­na Foïs, au su­jet de son per­son­nage ALAIN GRASSET

ON L’A SOU­VENT VUE dans des co­mé­dies, comme « Boule et Bill », « Pa­pa ou ma­man » — un car­ton au box-of­fice l’an der­nier dont elle tourne la suite en ce mo­ment avec Laurent La­fitte —, ou dans des drames, tels « Ma­man » et « Po­lisse ».

Mais avec « Irréprochable », de Sé­bas­tien Mar­nier, qui signe à 38 ans son pre­mier long-mé­trage, Ma­ri­na Foïs, 46 ans, ex-membre de la troupe des Ro­bins des bois, est pré­sente de la pre­mière à la der­nière image. Fi­gu­rer dans tous les plans, c’est tou­jours ris­qué, mais elle est ab­so­lu­ment ex­cep­tion­nelle dans la peau de Constance, en per­ma­nence sur le fil du ra­soir et au chô­mage. Une vé­ri­table an­ti-hé­roïne qui a fait cra­quer Ma­ri­na Foïs lorsque Sé­bas­tien Ma­ri­nier, au­teur de trois ro­mans, lui a fait lire son scé­na­rio.

« Cette femme se rêve un grand des­tin alors qu’elle est obli­gée d’al­ler vivre chez sa mère parce qu’elle est au RSA, n’a pas d’em­ploi, pas de ma­ri, ex­plique la co­mé­dienne. On voit bien que le fait d’être dé­clas­sée, déso­cia­li­sée, la pousse à une fo­lie qui s’em­brase très vite pour re­ga­gner ce qu’elle a per­du. Ça laisse de la place à l’en­nui, au vide, et donc elle est prête à tout. » Ce per­son­nage l’a aus­si sé­duite « parce que c’est une femme très libre, af­fran­chie de plein de codes et très amo­rale, re­prend l’ac­trice. C’est un ca­mé­léon qui s’adapte à la per­sonne qu’elle a en face d’elle. Mais je la com­prends, parce qu’on est nom­breux à vou­loir s’échap­per du morne quo­ti­dien qui est par­fois le nôtre. »

La Constance d’« Irréprochable » est une femme qui se donne com­plè- te­ment et sans culpa­bi­li­té aux hommes qu’elle ren­contre. Là où des ac­trices de sa gé­né­ra­tion au­raient sans doute hé­si­té à tour­ner des scènes de sexe, Ma­ri­na Foïs y est al­lée à fond. « Moi, quand j e suis spec­ta­trice, j’aime ça, af­fir­met-elle. Je suis pour que le ci­né­ma soit éro­tique, pro­voque le dé­sir. Je pense que la sexua­li­té ra­conte beau­coup les gens. Ces scènes-là dans le film per­mettent de ra­con­ter Constance. Elle e s t s a ns t a bous. El l e a bes oi n d’éprou­ver très fort. Elle a be­soin d’aven­tures, de plai­sir, et peut-être même d’avoir mal. »

« Je n’ai pas eu peur de ces scènes parce que, d’abord, j’ai eu très sou­vent des scènes de sexe dans tous les films que j’ai tour­nés, rap­pelle Ma­ri­na en sou­riant. Je pense à ce que je joue et je fais confiance au met­teur en scène pour qu’elles soient re­gar­dables, dé­si­rables. Sur un pla­teau de ci­né­ma, j’ai at­teint un ni­veau d’im­pu­deur qui est peut-être ef­frayant. Une fois qu’on s’est mis nus la pre­mière fois, c’est une scène à jouer comme les autres. » Et d’ajou­ter : « Je trouve beau­coup plus im­pu­dique les scènes où il faut dan­ser ou chan­ter que les scènes de sexe. C’est cu­rieux, mais j’ai bien plus l’im­pres­sion d’être à poil que quand il faut être à poil » !

« Irréprochable » s’étant bien pas­sé avec Sé­bas­tien Mar­nier, Ma­ri­na sait dé­jà qu’ils re­tra­vaille­ront bien­tôt en­semble. D’ici là, elle achève les prises de vues de « Pa­pa ou ma­man 2 », de Mar­tin Bour­bou­lon (sor­tie le 7 dé­cembre), et va tour­ner « Fou­fou », de So­phie Le­tour­neur, où elle in­ter­pré­te­ra une psy­cha­na­lyste vic­time d’un burn-out.

« C’est une femme très libre, af­fran­chie de plein de codes et très amo­rale »

Ma­ri­na Foïs (à g.) ex­celle dans le rôle de Constance, prête à tout et sur­tout au pire pour ré­cu­pé­rer l’em­ploi que Jo­sé­phine Ja­py (à d.) lui au­rait vo­lé.

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