« Avi­gnon, c’est une image du monde »

Oli­vier Py,

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - Pro­pos re­cueillis par S.M.

Di­rec­teur du Fes­ti­val de­puis 2014, le dra­ma­turge et met­teur en scène Oli­vier Py pressent un « grand cru » pour cette 70e édi­tion et dé­fend l’image d’un fes­ti­val po­pu­laire.

Cette édi­tion a-t-elle une cou­leur par­ti­cu­lière ?

OLI­VIER PY. Je ne fais pas d’édi­tion thé­ma­tique, chaque an­née, j’es­saie de créer un équi­libre dans la pro­gram­ma­tion, puis quelque chose ap­pa­raît et qui est comme une image du monde. Et je crois qu’Avi­gnon est une image du monde.

Sur l’af­fiche, on voit un che­val qui rue…

At­ta­ché et ruant, c’est une sorte de mé­ta­phore de l’ar­tiste. Nous ne sommes pas en­tiè­re­ment libres mais on peut ruer en­core.

De l’ar­tiste, mais aus­si du peuple ? « Quand la ré­vo­lu­tion est im­pos­sible, il reste le théâtre », écri­vez-vous dans le pro­gramme du Fes­ti­val…

Oui, bien sûr. Les spec­ta­teurs à Avi­gnon sont mi­li­tants, pas consom­ma­teurs, ils ne viennent pas par es­prit de di­ver­tis­se­ment mais parce qu’ils savent qu’ils vont trou­ver de la nour­ri­ture in­tel­lec­tuelle, po­li­tique, spi­ri­tuelle et fes­tive aus­si. C’est la force d’Avi­gnon.

Le grand pu­blic a-t-il une image éli­tiste du Fes­ti­val in ?

Si cette image existe en­core, elle est to­ta­le­ment fausse. Nos spec­ta­teurs sont mé­tis­sés so­cia­le­ment et de toutes gé­né­ra­tions, cer­tai­ne­ment pas une élite. A vrai dire, il fau­drait que les élites fi­nan­cières, po­li­tiques et mé­dia­tiques viennent au Fes­ti­val que sou­vent elles ne connaissent pas.

Pour ou­vrir le Fes­ti­val à un pu­blic plus large, vous conti­nuez à le pro­je­ter « hors les murs ». Une dé­marche

im­por­tante ?

Plus que ja­mais, pour tis­ser du lien so­cial. On joue dans des col­lèges, des prisons, des lieux as­so­cia­tifs, de­vant des gens pour qui c’est par­fois une pre­mière. Cette dé­marche mi­li­tante rend heu­reux. J’ai l’im­pres­sion de re­ve­nir à l’ori­gine du Fes­ti­val d’Avi­gnon : des gens sur des chaises, un grand texte et de grands ac­teurs.

« Les spec­ta­teurs sont mi­li­tants, pas consom­ma­teurs »

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