Hol­lande en­core trau­ma­ti­sé par la dé­faite de 1982

Aujourd'hui en France - - ILS FONT DE LA FRANCE L’AUTRE PAYS DU MANGA - T.D. É.H. C. M.

Même si la pa­trie de Fran­çois Truf­faut marque plus de buts dans les salles obs­cures que celle de Wim Wen­ders, avec 322 films pro­duits en 2015 et une part de mar­ché de 35 % face au bull­do­zer amé­ri­cain (re­cord eu­ro­péen), la dé­fense al­le­mande a opé­ré une re­mon­tée spec­ta­cu­laire. Les ci­né­mas d’outre-Rhin ont ac­cueilli 236 pro­duc­tions lo­cales l’an der­nier (+ 60 % en dix ans). Là où l’équipe de France du grand écran écrase sa ri­vale, c’est quand elle joue à l’ex­té­rieur. « L’Al­le­magne ex­porte tout, sauf son ci­né­ma », avoue le réa­li­sa­teur Vol­ker Schlön­dorff. Quand « la fa­mille Bé­lier » fai­sait le tour du monde, « Fack Ju Göhte », le nu­mé­ro un du box-of­fice ger­main, ne dé­pas­sait pas les fron­tières. Il s’en sou­vient comme si c’était hier. « J’étais chez Jean-Pierre Jouyet ( NDLR : ac­tuel se­cré­taire gé­né­ral de l’Ely­sée). On y a cru jus­qu’au bout. Et on a pleu­ré à la fin », ra­con­tait le pré­sident en 2015 dans « Pa­ris Match ». De­puis la dé­faite de 1982 face à l’Al­le­magne, il a par­don­né. Mais il en faut peu pour ré­veiller chez lui le cau­che­mar de cette soi­rée dan­tesque au stade Sán­chez Piz­juán de Sé­ville, lors de la de­mi­fi­nale du mon­dial. Ain­si parle-t-il de « l’agres­sion » du gar­dien al­le­mand sur Pa­trick Bat­tis­ton. En 2014, c’est avec l’ex-sé­lec­tion­neur des Bleus en 1982, Mi­chel Hi­dal­go, qu’il avait sui­vi le quart de fi­nale France - Al­le­magne en Coupe du monde à l’Ely­sée. Iro­nie de l’his­toire, le match ce soir se dé­roule trente-quatre ans jour pour jour après ce fu­neste 8 juillet 1982… En ma­tière de mode, là en­core, c’est le match de l’ef­fi­ca­ci­té face au pa­nache. L’in­dus­trie lourde face au bouillon­ne­ment créa­tif. L’Al­le­magne ex­celle dans le vê­te­ment sobre (Adi­das, Hu­go Boss ou Es­prit), quand la France flambe avec ses cou­tu­riers de lé­gende, de Co­co Chanel à Ch­ris­tian Dior, d’Yves Saint Laurent à Jean-Paul Gaul­tier. Un choc des cul­tures mais aus­si un duo par­fai­te­ment com­plé­men­taire. Clau­dia Schif­fer et Hei­di Klum qui vantent nos marques de luxe. Karl Lagerfeld qui des­sine Chanel. Ou la Pa­ri­sienne qui chausse des Bir­ken­stock et des Stan Smith. « Glü­ck­lich wie Gott in Fran­kreich », heu­reux comme Dieu en France… Tout est dit. L’ex­pres­sion était au­tre­fois cou­rante outre-Rhin et elle montre que nos voi­sins ger­mains ap­pré­cient la vie dans nos contrées. Les chiffres le prouvent : les Al­le­mands passent en moyenne plus de 80 mil­lions de nui­tées dans notre pays, les Fran­çais seule­ment un peu plus de 3 mil­lions en Al­le­magne, même si les ar­ri­vées de tou­ristes fran­çais ont bondi de 65 % en dix ans. Même l’Unes­co donne l’avan­tage à l’Hexa­gone : 41 sites clas­sés au Pa­tri­moine mon­dial dans notre pays, contre 40 dans la pa­trie d’An­ge­la Mer­kel. La « Deutsche Qua­lität » fait des en­vieux. Sans sur­prise, Volks­wa­gen de­vance ses concur­rents fran­çais avec la vente en 2015 de 9,93 mil­lions de vé­hi­cules dans le monde, grâce à ses douze marques, no­tam­ment Au­di et Porsche. Cô­té tri­co­lore, PSA en a écou­lé près de 3 mil­lions, Re­nault, 2,8. Mais grâce à son al­liance avec Nis­san, la marque au lo­sange peut se tar­guer d’avoir cé­dé 5,4 mil­lions de voi­tures sup­plé­men­taires. Soit un to­tal de plus de 11,1 mil­lions d’au­to­mo­biles ven­dues. De quoi dé­pas­ser son concur­rent al­le­mand. En re­vanche, en ajou­tant les 2,25 mil­lions de BMW, 1,8 mil­lion de Mer­cedes et 1,1 mil­lion d’Opel, il n’y a clai­re­ment pas match.

Sé­ville (Es­pagne), le 8 juillet 1982. Pa­trick Bat­tis­ton a per­du connais­sance après avoir été per­cu­té par Ha­rald Schu­ma­cher, qui n’a pas été sanc­tion­né.

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