Pog­ba ne boude plus, il flambe

Aujourd'hui en France - - ILS FONT DE LA FRANCE L’AUTRE PAYS DU MANGA - Di­dier Des­champs, sé­lec­tion­neur des Bleus FRÉ­DÉ­RIC GOUAILLARD

UNE SA­RA­BANDE et ça re­part. De Mar­seille et son geste fai­sant fu­rieu­se­ment pen­ser à un bras d’hon­neur contre l’Al­ba­nie (le 15 juin), à Mar­seille et cette de­mi-fi­nale face à l’Al­le­magne, les per­for­mances de Paul Pog­ba ont épou­sé une tra­jec­toire as­cen­dante dans cet Eu­ro.

Comme si le pro­dige de 23 ans avait eu be­soin de cette danse es­pa­gnole, ou des cri­tiques sur son ni­veau de jeu qui l’ont pré­cé­dée, pour se mettre dans le rythme de la com­pé­ti­tion. De­puis, le mi­lieu de ter­rain des Bleus a épu­ré son j eu et af­fiche des pres­ta­tions dignes de son sta­tut de grand es­poir du foot­ball. « Paul, je ne l’avais pas per­du, donc je n’ai pas eu be­soin de le re­trou­ver, a es­ti­mé hier Di­dier Des­champs. Après, ç’a été un peu dif­fi­cile pour lui au dé­but, mais il avait be­soin de tran­quilli­té et de sé­ré­ni­té. C’est dif­fi­cile parce que vous par­lez beau­coup de lui tous les jours. Il a été très bien lors des deux der­niers matchs et on au­ra en­core be­soin de lui au Vé­lo­drome. » On peut même da­ter la mon­tée en puis­sance de Pog­ba au 19 juin face à la Suisse (0-0). Ce soir-là, à Lille, le Tu­ri­nois, po­si­tion­né comme mi­lieu gauche, avait em­pa­na­ché le jeu des Bleus avant de se mon­trer un peu plus hé­si­tant en se­conde pé­riode. Mais il avait si­gné sa meilleure per­for­mance et son acte de naissance dans cet Eu­ro. « Je n’ai au­cune ré­ponse à don­ner à per­sonne », avait-il af­fir­mé après le match. A ses dé­trac­teurs peut-être pas, mais à l ui c e r t a i ne­ment.

Ce re­tour au pre­mier plan, confir­mé face à l’Eire et de fa­çon plus consis­tante contre l’Is­lande avec un but de la tête, té­moigne d’une force de ca­rac­tère qui ne doit pas qu’à son ta­lent. De nom­breux joueurs de son âge au­raient pu som­brer, pas lui. « Il est bien dans sa tête et il sait ce qu’il est ca­pable d’ap­por­ter à l’équipe », té­moigne le sé­lec­tion­neur. Cette as­ser­tion n’est pas qu’une for­mule vide de sens pour oc­cu­per l’es­pace mé­dia­tique. En pri­vé, ses par­te­naires dé­crivent un Pog­ba dont le tem­pé­ra­ment n’a pas va­rié, avant et après la po­lé­mique née de son geste face à l’Al­ba­nie. Dans l’in­ti­mi­té de Clai­re­fon­taine, le jeune homme ne s’est ja­mais re­fer­mé sur lui-même et a conti­nué de se mon­trer ave­nant et vo­lon­tiers cham­breur. Il a confir­mé sa main­mise sur les tour­nois de ping-pong et s’est en­core rap­pro­ché d’An­toine Griez­mann, avec le­quel il par­tage no­tam­ment le goût des jeux vi­déo.

Les deux joueurs sont sou­vent en­semble, et Pog­ba n’hé­site pas à pré­sen­ter le Ma­dri­lène comme « son frère ». En re­vanche, ses rap­ports avec les mé­dias sont tou­jours aus­si com­pli­qués. De­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion, il est avec Be­noît Cos­til le seul Bleu à n’avoir ja­mais sa­cri­fié à la confé­rence de presse. Il ne s’agit pas spé­cia­le­ment de dé­fiance, mais d’une ré­serve na­tu­relle pour un exer­cice qu’il ne goûte guère. Ga­geons qu’une vic­toire ce soir le ren­dra plus di­sert.

« Il est bien dans sa tête »

Stade de France (Saint-De­nis), Di­manche. Paul Pog­ba cé­lèbre son but ins­crit de la tête face à l’Is­lande avec une pe­tite cho­ré­gra­phie. Ses per­for­mances ont épou­sé une tra­jec­toire as­cen­dante dans cet Eu­ro. Stade-Vé­lo­drome (Mar­seille), le 15 juin. Lors du match face à l’Al­ba­nie, Pog­ba avait com­men­cé la ren­contre sur le banc (pho­to du haut). Après son en­trée en jeu à la pause, il avait lou­pé une oc­ca­sion (ci-contre) avant de cé­lé­brer le but de Payet avec un geste fai­sant pen­ser à un bras d’hon­neur (ci-des­sus).

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