Mül­ler, l’eu­ros­cep­tique

Aujourd'hui en France - - ILS FONT DE LA FRANCE L’AUTRE PAYS DU MANGA - Evian-les-Bains (Haute-Sa­voie) De notre cor­res­pon­dant AN­THO­NY FAURE

LA SCÈNE EST COCASSE. Mar­di, à la mi-jour­née, Oli­ver Bie­rhoff, le ma­na­geur de la Na­tio­nal­mann­schaft, ré­pond aux mé­dias. Un jour­na­liste al­le­mand l’in­ter­roge sur l’in­ef­fi­ca­ci­té de Tho­mas Mül­ler de­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion. Au même mo­ment, l ’ att aquant du Bayern Mu­nich, sur­git dans la salle. Mül­ler, Bie­rhoff et une bonne par­tie de l’as­sem­blée ex­plosent de rire.

Le « cas » Mül­ler in­ter­pelle de l’autre cô­té du Rhin. Brillant lors des Coupes du monde (5 buts en 2010, 5 buts en 2014), l’in­ter­na­tio­nal al­le­mand est fâ­ché avec les Eu­ros. Au­cun but en 2012, pas da­van­tage en 2016 (10 matchs en tout). De­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion, même dans le jeu, il n’est que l’ombre du joueur gé­nial qui fait un bien fou au Bayern et à la sé­lec­tion de­puis la fin des an­nées 2000.

« Ça ne me tue pas de ne pas mar­quer »

Mül­ler, 26 ans, l’an­ti­star par ex­cel­lence, re­con­naît qu’il n’est pas dans une forme écla­tante : « Je peux sû­re­ment faire mieux. » Mais hors de ques­tion de dou­ter, de se la­men­ter sur son sort. « Ça ne me tue pas de ne pas mar­quer. Après, un pe­tit but, ça pour­rait être pas mal, ça vous évite- rait de me re­po­ser la ques­tion », s’amuse-t-il.

Car l’at­ta­quant al­le­mand cultive son goût pour le col­lec­tif plus que n’im­porte quelle autre star du bal­lon rond. C’est un ré­gal pour un coach, un joueur to­ta­le­ment dé­voué au groupe. Qui se fiche, ou presque, de ses per­for­mances in­di­vi­duelles. « Il a ra­té quelques oc­ca­sions, c’est vrai, re­con­naît Joa­chim Löw, le sé­lec­tion­neur. Mais je le connais de­puis long­temps. Pour lui, c’est l’équipe qui compte. » Oli­ver Bie­rhoff abonde : « Mül­ler se moque de sa propre per­for­mance. »

Ce soir, contre les Bleus, en rai­son du for­fait de Ma­rio Go­mez, le Ba­va­rois pour­rait être re­pla­cé seul dans l’axe, dans un rôle de faux 9. Car Mül­ler sait tout faire, s’adapte. Sans ja­mais re­chi­gner. Et il est dan­ge­reux par­tout. Même sans être dans une forme écla­tante. Toute la France es­père qu’il ne va pas se ré­veiller à Mar­seille…

Stade Pierre-Mau­roy (Ville­neuve-d’Ascq), le 12 juin. Brillant du­rant la der­nière Coupe du monde (5 buts), Tho­mas Mül­ler n’est pour l’ins­tant que l’ombre de lui-même.

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