Bac­ca­lau­réat op­tion ca­deaux

ÉDU­CA­TION. Les ré­sul­tats sont à peine tom­bés que les banques s’ar­rachent les néo­di­plô­més à coup d’offres pro­mo­tion­nelles, de primes à la men­tion ou de jeux.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Fran­çois Guil­bert, du Cré­dit agri­cole Sud Rhône-Alpes AN­THO­NY HALPERN

UN BAC AVEC MEN­TION, c’est tou­jours mieux sur le CV. Mais ça peut sur­tout rap­por­ter gros. Sou­cieuses de re­nou­ve­ler leur clien­tèle, et par­ti­cu­liè­re­ment de dra­guer les fu­turs étu­diants, les banques ri­va­lisent d’offres pro­mo­tion­nelles à des­ti­na­tion des néo­ba­che­liers.

Entre une carte de cré­dit gra­tuite pen­dant toute la du­rée des études à la BNP, des primes al­lant jus­qu’à 160 € en cas de men­tion très bien à la Banque po­pu­laire Al­sace-Cham­pagne-Lor­raine, ou des ré­duc­tions sur cer­tains ser­vices ban­caires ou d’as­su­rance au CIC, la concur­rence fait rage.

Le fu­tur étu­diant est une cible pri­vi­lé­giée pour les éta­blis­se­ments ban­caires… et ça marche. Lan­cé en jan­vier 2014 par Axa Banque, Soon, uni­que­ment ac­ces­sible sur mo­bile, peut s e t ar guer d’ avoi r at t i r é 20 000 jeunes, en at­ten­dant les nou­velles adhé­sions du mil­lé­sime 2016. « Soon n’est pas la banque des pa­rents. Le jeune se dit : Je prends une banque qui me cor­res­pond », es­time son di­rec­teur, Ra­phaël Kri­vine.

Au Cré­dit agri­cole Sud Rhô­neAlpes, « la jeu­nesse est la prio­ri­té », avance Fran­çois Guil­bert, di­rec­teur de la com­mu­ni­ca­tion et du mar­ke­ting. « Notre lea­der­ship s’est éta­bli dans les an­nées 1970, il est temps de re­nou­ve­ler la clien­tèle », pour­suit-il. Pour­tant, la banque ne par­ti­cipe plus à « la course à la prime de­puis deux ans ». « On s’était ren­du compte que beau­coup de clients nous quit­taient après avoir em­po­ché la prime », ex­plique-t-il.

Plus ori­gi­nal, le Cré­dit agri­cole ré­gio­nal vient de mettre en place, et ce jus­qu’au 15 juillet, un jeu-concours sur sa page Fa­ce­book. Tous les néo­ba­che­liers peuvent rem­por­ter un des cinq prix mis en jeu — 500 € et quatre f oi s 1 40 €. Les par­ti­ci­pants n’ont pas l ’ obli ga­ti on d’ou­vrir un compte au sein de la banque. « Nous sommes dans une lo­gique d’image », as­sure Fran­çois Guil­bert.

D’autres banques font le pa­ri d’offres plus « fun ». La So­cié­té gé­né­rale, grâce à un par­te­na­riat avec So Mu­sic, pro­pose par exemple des places de concert ou des ren­contres avec des ar­tistes. « C’est la pre­mière année qu’on lance des offres spé­ci­fiques pour les fu­turs ba­che­liers, car elles s’ins­crivent dans notre stra­té­gie d’ac­com­pa­gne­ment des jeunes », pré­cise Pa­tri­cia Mar­cu, chef du mar­ché jeunes à la So­cié­té gé­né­rale. BNP Pa­ri­bas, de son cô­té, veut sé­duire avec des places de ci­né­ma, des i nvi­ta­tions aux avant-pre­mières, aux fes­ti­vals ou même sur des tour­nages, en par­te­na­riat avec We­lo­ve­ci­né­ma.

Plus terre à terre, cer­taines banques pro­posent aus­si des prêts étu- diants à ta­rif pré­fé­ren­tiel, entre 0,9 et 1 %, pour at­ti­rer les di­plô­més qui vont amor­cer de longues et coû­teuses études su­pé­rieures.

LES RÉ­SUL­TATS du bre­vet des col­lèges ont com­men­cé à être pu­bliés hier dans les aca­dé­mies. La dif­fu­sion des listes des ad­mis et re­ca­lés du­re­ra jus­qu’à la fin de la se­maine, avant une syn­thèse nationale at­ten­due lun­di. Contrai­re­ment au bac, qui est le seul examen en France à faire l’ob­jet d’un pi­lo­tage na­tio­nal, le bre­vet est gé­ré au ni­veau de chaque aca­dé­mie, qui traite et pu­blie les ré­sul­tats à son rythme. Il en est de même pour les BTS ou les CAP.

« On s’était ren­du compte que beau­coup de clients nous quit­taient après avoir em­po­ché la prime »

Bac et bre­vet : tous les ré­sul­tats

Carte de cré­dit gra­tuite, prime à la men­tion ou en­core ré­duc­tions sur cer­tains ser­vices ban­caires, les fu­turs étu­diants sont des cibles pri­vi­lé­giées des éta­blis­se­ments ban­caires.

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