C’est l’été… mol­lo sur le sel !

SAN­TÉ. En va­cances ou pas, en cette sai­son, on fond pour les apé­ros, les soi­rées piz­za ou les gas­pa­chos. At­ten­tion, alertent les car­dio­logues, il y a trop de sel. Nos conseils pour évi­ter les ex­cès.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Le car­dio­logue Fran­çois De­la­haye CLAUDINE PROUST

SOI­RÉES APÉ­RO, bar­be­cue et pique-niques : va­cances ou pas, c’est sûr, on va plon­ger avec gourmandise, tant ce­la rime avec re­lâ­che­ment es­ti­val. Il y au­ra cer­tai­ne­ment des olives ou des an­chois, des bis­cuits ou des ca­ca­huètes, du sau­cis­son ou le suc­cu­lent pâ­té-du-coin-dont-vous-me-di­rez-des-nou­velles… Et pour les en­fants, grâce aux chips et à la piz­za, ils sont libres de gam­ba­der sans être vis­sés à table ! Des tonnes de sel en somme, gronde la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de car­dio­lo­gie, qui met en garde contre une pé­riode lar­ge­ment fa­vo­rable à la sur­con­som­ma­tion de pro­duits sa­lés.

Cet or blanc dé­cou­vert au néo­li­thique, qui ser­vait de moyen de conser­va­tion, est de­ve­nu un in­con­tour­nable com­pa­gnon de notre ali­men­ta­tion. Un en­ne­mi aus­si in­vi­sible que re­dou­table de notre san­té car­dio­vas­cu­laire. Trop de sel, c’est mau­vais pour la pres­sion ar­té­rielle, et ça fi­nit, à force, par ri­gi­di­fier les ar­tères. Le risque pèse en termes de san­té pu­blique. « Les pre­miers hommes pré­his­to­riques n’en avaient pas le goût et, en toute lo­gique, le sel au­rait dû dis­pa­raître avec l’ar­ri­vée des ré­fri­gé­ra­teurs… », ré­sume le car­dio­logue lyon­nais Fran­çois De­la­haye.

« 80 % du sel consom­mé pro­vient des ali­ments pré­pa­rés »

Notre loin­tain grand-père pa­léo­li­thique, chas­seur-cueilleur, n’in­gé­rait de sel que du gi­bier fraî­che­ment tué. Les fruits et lé­gumes gla­nés, qu’il ne culti­vait pas en­core, n’en conte­naient que des traces. « En ne man­geant ain­si que de la viande (NDLR : non ac­com­mo­dée) on en ava­le­rait au maxi­mum 3,1 g », dé­taille le mé­de­cin. Au­jourd’hui, ce sont 8 à 9 g qu’on in­gère en moyenne, quand il ne fau­drait pas dé­pas­ser les 6 g quo­ti­diens. Pas tant parce que l’on re­sale son as­siette : « 80 % du sel consom­mé dans les pays oc­ci­den­taux pro­vient des ali­ments pré­pa­rés », ca­ché, du simple pain à la boîte de conserve, en pas­sant par… les cé­réales du pe­tit dé­jeu­ner. La dose re­com­man­dée est vite at­teinte, lorsque l’on sait qu’une seule tranche de sau­cis­son équi­vaut à un gramme. « Bien sûr, la re­com­man­da­tion des 6 g est in­at­tei­gnable, sou­ligne le mé­de­cin : mais au moins es­sayons de ré­flé­chir », avant de plon­ger la main une sixième fois dans le bol d’olives.

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