Le res­pon­sable des Res­tos du coeur au­rait tout in­ven­té

AGRES­SION. L’homme de­vra ré­pondre de dé­non­cia­tion de crime ou dé­lit ima­gi­naire. Son seul ADN a été re­trou­vé sur le cou­teau qui l’a bles­sé au ventre.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Mon­treuil (Seine-Saint-De­nis) CA­ROLE STERLÉ

LE COUPLE RE­CHER­CHÉ pour avoir poi­gnar­dé ven­dre­di à Mon­treuil (Seine-Saint-De­nis) Ri­chard Sau­tour, le res­pon­sable lo­cal de l’an­tenne des Res­tos du coeur, n’existe pas. Telle est la convic­tion de la bri­gade cri­mi­nelle, à la lu­mière d’ex­per­tises sur les armes aban­don­nées par les pré­ten­dus agres­seurs, puisque seules les em­preintes gé­né­tiques de la vic­time et de sa femme ont été re­trou­vées sur les armes.

C’est Ri­chard Sau­tour lui-même qui, avec son por­table, avait ap­pe­lé les se­cours, ven­dre­di ma­tin, le cou­teau en­core plan­té dans le ventre. Il dé­cri­vait alors un homme afri­cain et une femme voi­lée qui s’étaient pré­sen­tés au lo­cal as­so­cia­tif vers 7 h 30. L’homme au­rait ten­té de le frap­per à la ha­chette, la femme l’au­rait poi­gnar­dé, avant de fuir au cri d’« Al­la­hou ak­bar, chien d’in­fi­dèle ».

Un examen gra­pho­lo­gique d’un cour­rier de me­nace de mort a été or­don­né

Sans té­moin, l’en­quête a dé­mar­ré sur les dé­cla­ra­tions du bles­sé et l’ex­per­tise des armes en­core sur place. Les ex­per­tises gé­né­tiques ont eu vite fait de faire pas­ser le bles­sé de vic­time à sus­pect. « Son ADN a été re­trou­vé sur le cou­teau et ce­lui de sa femme sur la ha­chette », in­dique une source proche de l’en­quête, ha­chette sem­blable à celle qu’avait le couple dans sa cui­sine, mais qui n’a pas été re­trou­vée par les en­quê­teurs.

Après une nuit en garde à vue, le bles­sé a été dé­fé­ré hier au tri­bu­nal de Bo­bi­gny et re­mis en li­ber­té avec une convo­ca­tion ju­di­ciaire pour le 3 no­vembre. « Il se­ra ju­gé pour dé­non­cia­tion de crime ou dé­lit ima­gi­naire, des faits qu’il conteste », pré­cise le par­quet de Bo­bi­gny.

Une ex­per­tise psy­chia­trique a été or­don­née ain­si qu’un examen gra­pho­lo­gique d’un cour­rier que Ri­chard Sau­tour a confié à la po­lice en avril der­nier, au mo­ment où il dé­po­sait plainte au com­mis­sa­riat de Mon­treuil pour me­naces de mort. Le pli qui lui était alors des­ti­né conte­nait un cer­cueil en car­ton avec des ins­crip­tions au mar­queur, du même aca­bit que les pro­pos rap­por­tés ven­dre­di.

« Ce­la n’en­lève rien au ca­pi­tal sym­pa­thie qu’on a pu avoir pour lui mais au­jourd’hui on se de­mande qui est vrai­ment Ri­chard », s’in­ter­roge un voi­sin, cons­cient que les bles­su- res, elles, sont bien réelles. Elles ont été éva­luées à sept jours d’in­ca­pa­ci­té to­tale de tra­vail. Il y a quelques jours en­core, le bé­né­vole sol­li­ci­tait le sou­tien d’élus, sé­na­trice et dé­pu­té, afin de dé­cro­cher des sub­ven­tions pour l’an­tenne des Res­tos, qui vient en aide à un mil­lier de fa­milles. Mal­gré plu­sieurs sol­li­ci­ta­tions, Ri­chard Sau­tour n’a pu être joint.

Mon­treuil (Seine-Saint-De­nis). Ri­chard Sau­tour main­tient sa ver­sion d’une agres­sion par un couple qui au­rait crié « Al­la­hou ak­bar, chien d’in­fi­dèle ».

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