Qu’en disent les psys ?

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - ÉLO­DIE CHERMANN

Dif­fi­cile d’éta­blir un pro­fil psy­cho­lo­gique des per­sonnes pour­sui­vies pour dé­non­cia­tion de crime ima­gi­naire, comme ce­la a aus­si été ré­cem­ment le cas d’un ins­ti­tu­teur qui avait dit avoir été agres­sé dans son école. Se­lon les ex­perts que nous avons in­ter­ro­gés, ce­la peut se rap­pro­cher de la my­tho­ma­nie. « Les my­tho­manes sont des per­sonnes qui tentent de ré­pondre exa­gé­ré­ment à ce qu’ils croient qu’on at­tend d’eux », ex­plique Claudine Bi­land, doc­teur en psy­cho­lo­gie so­ciale et ex­pé­ri­men­tale. « Ils ont des dif­fi­cul­tés à vivre avec la réa­li­té or­di­naire qui ne cor­res­pond pas à leur quête d’ailleurs », com­plète Jean-Pierre Olié, expert agréé par la Cour de cas­sa­tion. Le fait qu’en dé­pit d’élé­ments ma­té­riels, ils main­tiennent sou­vent leur ver­sion des faits peut ac­cré­di­ter cette hy­po­thèse. « Le my­tho­mane croit vrai­ment à ce qu’il in­vente », rap­pelle le psy­cha­na­lyste Pas­cal Neveu. Pour lui, on ne peut ce­pen­dant pas écar­ter une psy­cho­pa­tho­lo­gie plus lourde. « C’est très violent d’at­tra­per un cou­teau et de s’au­to­mu­ti­ler, sou­ligne-t-il en fai­sant ré­fé­rence à Ri­chard Sau­tour. Il faut se trou­ver dans une im­mense dé­tresse psy­cho­lo­gique. » L’en­vi­ron­ne­ment per­son­nel et pro­fes­sion­nel peut bien sûr pe­ser. « Faire l’ob­jet de cri­tiques ou se sen­tir moins utile par exemple », in­dique Pas­cal Neveu. Seule une ex­per­tise ap­pro­fon­die per­met de dé­ter­mi­ner exac­te­ment ce qui en­traîne les in­di­vi­dus à bas­cu­ler dans le pas­sage à l’acte.

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