Le Por­tu­gal, douze ans après

Les Por­tu­gais, em­me­nés par un Cris­tia­no Ro­nal­do en­fin étin­ce­lant, ont dis­pu­té leur meilleur match au meilleur mo­ment. Les voi­là, comme en 2004, en fi­nale d’un Eu­ro.

Aujourd'hui en France - - L’ACTUALITÉ DES RÉGIONS - Dé­cines (Rhône) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux SYL­VIE DE MACEDO

TOUT UN SYM­BOLE ! Douze ans après sa fi­nale per­due à do­mi­cile contre la Grèce, le Por­tu­gal at­teint à nou­veau cette der­nière marche. Cette fois en France, dans ce pays qu’une par­tie des siens a adop­té, sur ce sol qui compte plus d’un mil­lion de ses res­sor­tis­sants. Il ne manque plus que les Bleus s’in­vitent aus­si au Stade de France di­manche soir pour faire de cette af­fiche une fête for­mi­dable de la fra­ter­ni­té entre deux peuples si ha­bi­tués à se cô­toyer.

La France n’y est pas en­core. Le Por­tu­gal, si. Et avec la ma­nière grâce à un Cris­tia­no Ro­nal­do en su­per forme, bu­teur de la tête (50e) sur un centre par­fait de Guer­rei­ro et pas­seur pour Na­ni (53e). La star ma­dri­lène égale ain­si le re­cord de neuf buts de Mi­chel Pla­ti­ni dans l’his­toire de l’Eu­ro.

Jus­qu’à hier, les Lu­si­ta­niens fai­saient pour­tant fi­gure de mi­ra­cu­lés. Ils avaient at­teint cette de­mi-fi­nale (leur sixième d’un tour­noi ma­jeur) sans avoir ga­gné un seul match dans le temps ré­gle­men­taire. Ils ont concé­dé trois nuls lors de la phase de poules et se sont qua­li­fiés aux tours sui­vants au bout de l’en­nui et du sus­pense (en pro­lon­ga­tion face à la Croa­tie et aux tirs au but contre la Po­logne). Hier soir, ils ont per­sé­vé­ré dans cette stra­té­gie dé­fen­sive et peu spec­ta­cu­laire (et sans Pepe, for­fait) of­frant une pre­mière pé­riode bien pauvre en oc­ca­sions avec une seule frappe ca­drée (pour Bale, 23e). Après la pause, la réus­site a sou­ri aux Por­tu­gais avec ces deux buts ra­pi­de­ment mar­qués, obli­geant ain­si les Gal­lois à at­ta­quer. En vain.

Cette place en fi­nale ne man­que­ra pas de faire ja­ser. C’est la vic­toire du réa­lisme au dé­tri­ment du beau jeu. Mais les Por­tu­gais n’y prêtent guère at­ten­tion. Ils ne sont pas là pour sé­duire mais pour ga­gner. A croire d’ailleurs qu’ils ont re­te­nu la le­çon grecque de 2004. Leur sé­lec- tion­neur a pas­sé plus de dix ans dans ce pays. Il a cer­tai­ne­ment ame­né dans ses ba­gages tout le sa­voir-faire des cham­pions d’Eu­rope 2004.

Fer­nan­do San­tos, ap­pe­lé à la res­cousse de ce groupe en sep­tembre 2014, a su mo­de­ler cette équipe à son image, ru­gueuse et prag­ma­tique. C’est aus­si sa vic­toire, lui qui a tou­jours cla­mé dès le dé­but de la com­pé­ti­tion qu’il ne ren­tre­rait au pays que le 11 juillet. Mais c’est éga­le­ment la réus­site d’une équipe so­li­daire et unie, d’un Na­ni (3 buts dans cette édi­tion) sur­pre­nant, de la nou­velle pé­pite por­tu­gaise, le jeune Re­na­to Sanches.

Et bien sûr celle d’un joueur d’ex­cep­tion, Cris­tia­no Ro­nal­do, qui s’offre deux fi­nales la même année (après le suc­cès en Ligue des cham­pions avec le Real). Sa ma­jes­té est au ren­dez-vous. Et après avoir connu une cruelle dés­illu­sion en 2004 pour ses pre­miers pas dans un Eu­ro, il ne lais­se­ra pas fi­ler, à 31 ans, cette deuxième oc­ca­sion, sa der­nière aus­si, d’of­frir en­fin un titre à son pays.

Une équipe ru­gueuse et prag­ma­tique

Parc OL (Dé­cines), hier soir. Bru­no Al­vès (ici au-des­sus de ses co­équi­piers) et les Por­tu­gais sa­vourent le se­cond but si­gné Na­ni. Ce­lui qui en­voie les Lu­si­ta­niens en fi­nale de l’Eu­ro.

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