Les Bleus n’ont pas ra­té l’avant-match

Même s’ils ont souf­fert dans les pre­mières as­cen­sions, les cou­reurs tri­co­lores sont par­ve­nus à ter­mi­ner avec les fa­vo­ris avant la grande ex­pli­ca­tion des Py­ré­nées.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Le Lio­ran (Can­tal) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux LIO­NEL CHAMI

UN PE­TIT avant-goût. Cô­té ba­garre, l’étape du Lio­ran hier avec les pre­mières as­cen­sions du Tour 2016 n’a pas épar­pillé le pe­lo­ton comme l’avait fait l’étape de la Pierre-SaintMar­tin l’an pas­sé. En re­vanche, les cou­reurs ont bien sen­ti les la­cets des monts du Can­tal. Du ré­gio­nal de l’étape Ro­main Bar­det — le seul à avoir al­lu­mé un pé­tard dans le der­nier pe­tit col — à Thi­baut Pi not e n pas­sant par Pierre Rol­land, Ju­lian Ala­phi­lippe et War­ren Bar­guil, tous les Fran­çais ont réus­si le concours d’en­trée à l’école su­pé­rieure des Py­ré­nées en ter­mi­nant au sein du groupe des fa­vo­ris. Ce ne fut pas le cas d’Al­ber­to Con­ta­dor qui, lui, a en­core cé­dé une tren­taine de se­condes…

« Au­jourd’hui, c’était certes une étape sé­lec­tive mais ça n’al­lait pas né­ces­sai­re­ment don­ner lieu à de grosses dé­mons­tra­tions entre les pré­ten­dants, a es­ti­mé Ch­ris Froome, dont l’équipe Sky a im­pri­mé un rythme sou­te­nu du­rant les as­cen­sions, en al­ter­nance avec la Mo­vis­tar de Nai­ro Quin­ta­na. Les étapes clés pour le gé­né­ral sont en­core à ve­nir. Nous vou­lions juste évi­ter les en­nuis. »

Chez Ro­main Bar­det, la sa­tis­fac­tion l’em­por­tait sur une lé­gère dé­cep­tion : « J’ai eu un fa­bu­leux ac­cueil tout au long de la route, j’ai eu vrai­ment la chair de poule dans les as­cen­sions. J’au­rais ai­mé qu’on puisse s e di s pu­ter l a vi c t oi r e d’ é t ape ( NDLR : entre f avo­ris), ç’au­rait chan­gé les choses. On est tom­bé sur trois gar­çons cos­tauds de­vant ( NDLR : Van Aver­maet, De Gendt et Griv­ko). Ça m’a mis un pe­tit coup au mo­ral en cours d’étape parce qu’on avait éta­bli un plan d’at­taque. On a es­sayé de re­voir nos am­bi­tions. Il y a eu un bel écré­mage, le pas de Pey­rol (NDLR : 3e des cinq as­cen­sions en fin de par­cours) s’étant mon­té très, très vite. En­suite, il y a eu un peu de mar­quage. J’ai pen­sé à at­ta­quer. Je connais­sais bien les routes et ça ne coû­tait pas grand-chose en éner­gie. Mais tant que la fa­tigue n’est pas pré­sente, il n’est pas évident de faire des écarts. » En re­vanche, Thi­baut Pi­not fai­sait la gri­mace à l’ar­ri­vée. Il n’aime rien moins que les grosses cha­leurs. Ni celle du Can­tal ni celles an­non­cées dans les Py­ré­nées : « Je n’étais pas dans une grande jour­née, a-t-il avoué. J’ai su­bi et je suis ras­su­ré de fi­nir avec les meilleurs. » A chaud, le Haut-Saô­nois verse un peu dans le pes­si­misme : « Nous sommes tous à fond et l’équipe Sky reste à quatre ou cinq cou­reurs de­vant. Il n’y au­ra pas beau­coup d’at­taques sur ce Tour… »

Quant à Ju­lian Ala­phi­lippe (Etixx), can­di­dat à la vic­toire et au maillot jaune hier ma­tin, il se ré­jouit de sim­ple­ment fi­nir avec les meilleurs et de sau­ver son maillot blanc : « Je me suis ac­cro­ché au groupe des fa­vo­ris mais j’étais à la rup­ture. A chaque as­cen­sion, pour te­nir, je me di­sais que l’ar­ri­vée était en haut… »

« C’était un vrai test pour moi et il est réus­si, af­firme quant à lui War­ren Bar­guil (Giant), éga­le­ment can­di­dat au maillot blanc. L’an der­nier, j’avais cra­qué à trois-quatre jours de l’ar­ri­vée. Cette année, je me sens un peu moins fort mais plus frais. J’es­père que ça fe­ra la dif­fé­rence en der­nière se­maine. J’ai vrai­ment hâte d’être dans les Py­ré­nées. » Pa­tience, elles ar­rivent de­main.

Pi­not et Ala­phi­lippe un ton en des­sous

Le Lio­ran (Can­tal), hier. Après une nou­velle jour­née com­pli­quée, Al­ber­to Con­ta­dor est dé­sor­mais à 1’21’’ de Froome au gé­né­ral.

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