On est en fi­nale !

FOOTBALL. Les Bleus ont en­fin bat­tu la Mann­schaft dans une grande com­pé­ti­tion. Les voi­là en fi­nale de « leur » Eu­ro.

Aujourd'hui en France - - LA UNE - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux DOMINIQUE SÉVÉRAC

C’EST le ver­tige de l’amour et des som­mets, qui étour­dissent et rendent heu­reux (ou in­fi­ni­ment tristes mais on y pen­se­ra un autre jour), c’est une fi­nale avec les Bleus, un des­tin à écrire et des jours de gloire à ve­nir, après deux nuits à rê­ver de­bout et des émo­tions à la place des idées. Ce se­ra di­manche pour un duel fran­co-por­tu­gais, chaud et la­tin, in­dé­cis et ir­res­pi­rable.

Il y au­ra du Ro­nal­do face à du Griez­mann, le meilleur bu­teur de l’Eu­ro (6 réa­li­sa­tions), par ailleurs son joueur le plus fan­tas­tique, un nou­veau gé­nie fran­çais à qui il manque quelques cen­ti­mètres et un pal­ma­rès pour re­joindre les plus grandes gloires tri­co­lores.

Il a fi­ni en larmes, mais de bon­heur cette fois. A la fin, soit le Por­tu­gal dé­cro­che­ra son pre­mier titre in­ter­na­tio­nal, soit la France gla­ne­ra son qua­trième tro­phée ma­jeur, dont trois sur son sol. Dites donc, mes­dames Fi­fa et UEFA, c’est quand la pro­chaine fois que la France or­ga­nise parce que nous, on adore ça !

Si les mi­racles existent, Di­dier Des­champs les fa­brique ou les four­nit et l’af­faire dure au moins de­puis 1998, ce qui laisse as­sez de temps pour s’en rendre compte. Quelques che­veux blancs plus tard, il convoque une nou­velle fois toute la France pour l’ul­time ren­dez-vous de cet Eu­ro, ce di­manche au Stade de France, sa deuxième mai­son. « On n’a rien lâ­ché, glisse d’ailleurs DD. C’est fa­bu­leux. On est en fi­nale. C’est for­mi­dable pour tout ce pu­blic fran­çais. » Quand il en au­ra fi­ni avec le football, il fau­dra qu’il nous donne sa po­tion ma­gique et, s’il ne sait pas quoi faire, qu’il de­vienne re­bou­teux, on est sûr qu’il re­met­tra tous les ma­lades sur pied.

Llo­ris a tout re­pous­sé

Ce mi­racle, c’est cette pre­mière pé­riode. L’équipe de France est non seule­ment en­core en vie à la pause alors que l’Al­le­magne la ru­doie de­puis trente-cinq mi­nutes, mais en plus elle mène ! Grâce à Griez­mann, sur un pé­nal­ty plu­tôt gé­né­reux. Ici, on aime bien que les mains soient vo­lon­taires et rien ne prouve en­core c e ma t i n l’in­ten­tion­na­li­té de Sch­weins­tei­ger. Les Bleus en sont sur­tout là grâce à Llo­ris, bien sûr, qui a tout re­pous­sé, ou au dos de Sa­gna, à la force d’Um­ti­ti ou à la tête de Kos­ciel­ny. C’est in­croyable et l’Al­le­magne, plus forte, plus grande, plus joueuse, jus­qu’à la mi-temps, ne com­prend pas ce qui lui ar­rive.

Elle bais­se­ra de pied phy­si­que­ment en se­conde pé­riode, per­dra son meilleur dé­fen­seur (Boa­teng) et on croit même avoir vu des doutes et quelques re­non­ce­ments. D’ici à ce qu’on nous dise que ce n’était pas des Al­le­mands mais des so­sies dé­gui­sés… On se moque mais ce n’est pas nous qui avions com­men­cé, la presse al­le­mande mul­ti­pliant les ar­ro­gances de­puis di­manche. Avec tous ses ra­tés, c’est vrai, l’Al­le­magne a été mé­con­nais­sable. Ce qu’il y a de bien au­jourd’hui, c’est qu’on peut se re­pas­ser toutes les ac­tions : pour une fois, c’est un France - Al­le­magne qui fi­nit bien.

Stade-Vé­lo­drome (Mar­seille), hier. Griez­mann ins­crit le se­cond but des Bleus en glis­sant la balle entre les jambes de Neuer, le por­tier al­le­mand.

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