Griez­mann pré­sident !

Aujourd'hui en France - - LA UNE - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux RO­NAN FOLGOAS

« DANS TRENTE ANS, per­sonne ne se sou­vien­dra de cette équipe de France si elle est bat­tue en de­mi-fi­nale. » Cette pro­phé­tie de Noël Le Graët, pré­sident de la FFF, en dé­but de se­maine, An­toine Griez­mann l’a com­bat­tue hier de toutes ses forces. Deux ans après avoir quit­té l a Coupe du monde en pleurs au mi­lieu de la pe­louse du Ma­ra­ca­na, bat­tu par cette même équipe d’Al­le­magne, il vou­lait cette fois al­ler au bout de son rêve. Jus­qu’au 10 juillet, jus­qu’au Stade de France di­manche.

Alors, quand la chance d’ou­vrir le score s’est pré­sen­tée à la suite d’une main de Sch­weins­tei­ger dans sa sur­face de ré­pa­ra­tion (45e), An­toine Griez­mann n’a pas mon­tré le moindre signe de fai­blesse. Op­po­sé à l’im­mense Ma­nuel Neuer, l’at­ta­quant de l’At­lé­ti­co Ma­drid a ajus­té son plat du pied gauche et pris le gar­dien du Bayern Mu­nich à contre-pied. C’était simple et chaud comme une ca­resse. Réus­si juste avant la pause, ce pé­nal­ty ponc­tuait de ma­nière as­sez mi­ra­cu­leuse une pre­mière pé­riode co­pieu­se­ment do­mi­née par la Mann­schaft.

Et main­te­nant, le Bal­lon d’or ?

A l’échelle de la lé­gende per­son­nelle d’An­toine Griez­mann, ce pé­nal­ty en chas­sait aus­si un autre, man­qué ce­lui-là, en fi­nale de la Ligue des cham­pions contre le Real Ma­drid fin mai. Presque une anec­dote. Après avoir pro­me­né son élé­gance de gar­çon de ca­fé, balle au pied, pen­dant toute la ren­contre, Griez­mann scel­lait même la vic­toire des Bleus d’une re­prise de la se­melle à la suite d’un centre de Pog­ba dé­vié par Neuer (72e). Les deux com­pères pou­vaient alors lais­ser écla­ter leur joie, bien­tôt sub­mer­gés par leurs vingt et un co­équi­piers (rem­pla­çants com­pris).

Une pe­tite tête blonde sur­na­geait, celle de Griez­mann bien sûr, rem­pla­cé en fin de match par Ca­baye sous les vi­vats du Vé­lo­drome. Dé­sor­mais meilleur bu­teur de l’Eu­ro avec six réa­li­sa­tions, An­toine Griez­mann est plus que ja­mais la tête d’af­fiche de cette gé­né­ra­tion 2016. Il in­carne les Bleus comme seuls quelques géants du football fran­çais l’avaient fait avant lui. Dans l’époque mo­derne, le Pla­ti­ni de 1984 et le Zi­dane de 1998 sont des ré­fé­rences avec les­quelles le Mâ­con­nais sou­tient dé­sor­mais la com­pa­rai­son. Même la quête du Bal­lon d’or, at­tri­bué en jan­vier pro­chain, est au­jourd’hui dans ses cordes. Reste tout de même à ac­com­plir l’es­sen­tiel di­manche contre le Por­tu­gal. Une condi­tion né­ces­saire pour ren­trer à 25 ans dans la caste des très grands Bleus. Stade-Vé­lo­drome (Mar­seille), hier soir. Di­dier Des­champs, sé­lec­tion­neur des Bleus (TF 1) : « C’est du bon­heur, de la fier­té pour les joueurs. Ils le mé­ritent. On est en fi­nale, ça va ve­nir vite. Et puis mer­ci au pu­blic aus­si, on a vu des gens en fo­lie, ici. Et ils vont l’être en­core plus. J’ai tou­jours cru en mes joueurs. Ils me le rendent bien. C’est leur his­toire, c’est leur vic­toire. J’ai joué pas mal de fi­nales, mais c’est mieux quand on est sur la pe­louse. Main­te­nant, fi­nale à Pa­ris contre le Por­tu­gal. On y se­ra. »

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