Le ven­deur d’écha­fau­dages était tom­bé de haut

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - NI­CO­LAS JACQUARD

À 58 ANS, dont vingt pas­sés dans son en­tre­prise, Ch­ris­tian Fe­gueux pou­vait com­men­cer à en­vi­sa­ger un dé­part en re­traite dans la sé­ré­ni­té. Il a finalement été li­cen­cié bru­ta­le­ment un ma­tin de fé­vrier 2013. « Quand je suis ar­ri­vé à l’agence, j’ai cru qu’il y avait eu un cam­brio­lage car ma clé ne fonc­tion­nait plus, se sou­vient l’in­té­res­sé. Mais non, ils avaient chan­gé les ser­rures pour que je ne puisse pas en­trer. Le ciel m’est tom­bé sur la tête. »

De­puis 1993, Ch­ris­tian Fe­gueux tra­vaillait pour En­tre­pose Echa­fau­dages. Une so­cié­té poids lourd dans son do­maine, qui fa­brique, loue et vend « du très bon ma­té­riel », dit son ex-em­ployé qui, au­jourd’hui en­core, ne peut s’em­pê­cher d’en par­ler au pré­sent. En­tré comme in­té­ri­maire dans la so­cié­té, il en avait gra­vi un à un les éche­lons, pro­mu tech­ni­co­com­mer­cial en 2001. Fin 2012, il est aug­men­té une nou­velle fois. Et il at­taque 2013 en fan­fare. Avec Laurent, qu’il forme à lui suc­cé­der, Ch­ris­tian Fe­gueux réa­lise une des plus belles ventes des der­nières an­nées : 125 t d’écha­fau­dages, du ma­té­riel de ré­forme, dé­jà loué par un gros client qui dé­cide de l’ache­ter dé­fi­ni­ti­ve­ment pour 500 000 €.

Ra­vi, Ch­ris­tian Fe­gueux se fend d’un e-mail à la di­rec­trice gé­né­rale, la­quelle le fé­li­cite le même jour par écrit. Las ! Le len­de­main, dans une autre mis­sive, le ton est net­te­ment moins cha­leu­reux. On lui re­proche « une faute », en l’oc­cur­rence la re­mise ac­cor­dée au client.

« Un pré­texte fal­la­cieux », tacle son avo­cat, Me Gré­go­ry Le­vy. Il en veut pour preuve que, quelques an­nées plus tôt, « une pré­cé­dente vente, aux mo­da­li­tés si­mi­laires, avait été conclue pour 300 000 € avec la même ris­tourne et le même prix fi­nal à la tonne ». Le con­seil de prud’hommes de Bo­bi­gny, sai­si du li­tige, lui a don­né rai­son. Mer­cre­di, il a ain­si consi­dé­ré ce li­cen­cie­ment sans cause réelle et sé­rieuse, oc­troyant à l’ex-sa­la­rié 25 000 € d’in­dem­ni­tés, quand il en de­man­dait 130 000. Son avo­cat a donc dès hier fait appel. Par­mi les autres re­proches faits à Ch­ris­tian Fe­gueux : ce­lui d’avoir conclu la vente sans en avoir aver­ti ses su­pé­rieurs, et alors qu’il n’était pas ha­bi­li­té à le faire. Sauf que, là en­core, il avait pra­ti­qué de même les an­nées pré­cé­dentes, sans que per­sonne n’y trouve à re­dire. En toile de fond, l’ex- sa­la­rié as­sure avoir été vic­time d’une ca­bale, dont les ra­cines ont pous­sé il y a des an­nées. « En 2001, M., un ex­client avec le­quel je ne m’en­ten­dais pas, est de­ve­nu mon pa­tron », ra­conte Ch­ris­tian Fe­gueux. Il le re­con­naît vo­lon­tiers, « nous sommes deux grandes gueules, qui avons tou­jours été à cou­teaux ti­rés. Comme client, il se plai­gnait que je le ser­vais mal ».

Le dé­nom­mé M. lui en au­rait tou­jours te­nu grief, fai­sant no­tam­ment dis­pa­raître sa prime men­suelle ex­cep­tion­nelle de 350 €. Jus­qu’à fi­nir par ob­te­nir sa tête. Au­jourd’hui, Ch­ris­tian Fe­gueux, la voix che­vro­tante, dit en avoir gar­dé « un im­mense sen­ti­ment d’in­jus­tice ».

Con­tac­tées, ni la di­rec­tion d’En­tre­pose Echa­fau­dages ni son avo­cate, Me So­phie Le­vy-Che­va­lier, n’ont don­né suite à nos sol­li­ci­ta­tions.

Un an­cien client mé­con­tent était de­ve­nu son pa­tron

Bon­dy (Seine-Saint-De­nis), le 13 juin. D’abord fé­li­ci­té pour une vente re­cord, Ch­ris­tian Fe­gueux a en­suite été li­cen­cié. Mo­tif : il au­rait fait une trop grosse re­mise.

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