Com­ment choi­sir sa crème so­laire

CONSOM­MA­TION. Le der­nier test de « Que choi­sir » a de quoi lais­ser scep­tique sur les qua­li­tés des pro­tec­tions. Nos conseils.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - ÉLODIE CHERMANN Pro­pos re­cueillis par PAUL THIRY E.C.

34° AN­NON­CÉS cet après-mi­di à Gre­noble (Isère), 33° pré­vus à Nîmes (Gard) de­main. Ça y est, l’été est là et bien là ! L’heure de se ruer au rayon des pro­duits so­laires. Qua­torze mil­lions d’uni­tés se sont écou­lées dans la grande dis­tri­bu­tion en 2015. Crèmes, laits, sprays, huiles, il y en a pour tous les goûts ! Mais toutes les ré­fé­rences ne se valent pas. Et les plus chères ne sont pas for­cé­ment les plus ef­fi­caces. C’est ce que montre le der­nier test d’UFC-Que choi­sir. En tout, dix­sept crèmes pour en­fants d’in­dices 50 et 50 + ont été pas­sées au crible. Et les ni­veaux de pro­tec­tion laissent en­core sou­vent à dé­si­rer, no­tam­ment contre les rayons UVA, res­pon­sables des can­cers de la peau. De quoi nous in­ci­ter à ou­vrir grand nos écou­tilles au mo­ment de faire notre choix.

On ne lé­sine pas sur l’in­dice

Au­jourd’hui, tous les pro­duits doivent men­tion­ner sur l’éti­quette leur ca­té­go­rie de pro­tec­tion. Le must ? C’est le 50 +, re­com­man­dé pour les en­fants, les peaux très claires et les pre­mières ex­po­si­tions. Pas ques­tion en revanche de par­ler d’écran to­tal. « Cette men­tion a été in­ter­dite car au­cune crème ne filtre à 100 % les ul­tra­vio­lets », rap­pelle Gaëlle Lan­dry, de l’UFC-Que choi­sir. Entre 30 et 50, on reste en­core dans la haute pro­tec­tion mais de 15 à 25, on tombe dé­jà dans une pro­tec­tion moyenne. En des­sous de 10, on n’en parle même pas ! « C’est du pla­ce­bo », as­sure le Dr Claudine Blan­chet-Bar­don, vi­ce­pré­si­dente du Syn­di­cat des der­ma­to­logues.

Crème ou lait ?

Il n’y a pas que l’in­dice qui compte ! La tex­ture joue aus­si. « Plus le pro­duit est épais, plus on peut en mettre par cen­ti­mètre car­ré », sou­ligne Pierre Ce­sa­ri­ni, di­rec­teur de l’as­so­cia­tion Sé­cu­ri­té so­laire. Et donc mieux on est pro­té­gé. « La quan­ti­té uti­li­sée par les la­bo­ra­toires pour tes­ter les in­dices est de 2 mm/cm2, ce qui cor­res­pond à en­vi­ron un quart de tube de 200 ml pour une per­sonne de 1,70 m. » Or en gé­né­ral on en met quatre à cinq fois moins. « En moyenne, une fa­mille avec deux en­fants uti­lise un tube de crème pour tout l’été, et en­core, sou­vent, il en reste ! », constate le Dr Claudine Blan­chetBar­don. Pour­tant il ne faut pas la gar­der : « Est-ce que vous uti­li­sez votre mayon­naise d’une an­née sur l’autre ? » iro­nise-t-elle.

Une pro­tec­tion mixte

L’idéal, pour se pro­té­ger, est d’op­ter pour une crème qui pro­tège à peu près au­tant des UVA que des UVB. « Certes, les UVA ne pro­voquent pas de coups de so­leil mais ils pé­nètrent plus loin dans l’épi­derme et fa­vo­risent le vieillis­se­ment cu­ta­né », in­dique ain­si JeanF­ran­çois Do­ré, di­rec­teur de re­cherches émé­rite à l’In­serm.

Filtre chi­mique ou mi­né­ral ?

Les la­bo­ra­toires sont obli­gés de choi­sir par­mi une liste de filtres au­to­ri­sés par les au­to­ri­tés de santé. Les filtres chi­miques ab­sorbent les UV tan­dis que les mi­né­raux les ren­voient dans l’at­mo­sphère. Com­ment les re­con­naître ? Les or­ga­niques ne laissent pas de traces blan- ches et les mi­né­raux sont sou­vent à base d’oxyde de zinc ou de di­oxyde de ti­tane. « Chez les en­fants, on pré­fère les filtres mi­né­raux qui ne contiennent ni al­ler­gènes ni per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens », in­dique le Dr Claudine Blan­chet-Bar­don. Mais les ver­sions or­ga­niques pré­sentent l’avan­tage d’être plus fa­ciles à éta­ler sur la peau. Tout est ques­tion de prio­ri­tés.

Les autres pa­rades

« Ce n’est pas à la crème so­laire d’être ef­fi­cace mais à nous, à tra­vers nos com­por­te­ments », mar­tèle Pierre Ce­sa­ri­ni, di­rec­teur gé­né­ral de l’as­so­cia­tion Sé­cu­ri­té so­laire. Ses re­com­man­da­tions ? Res­ter à l’ombre entre 12 heures et 16 heures, lorsque le so­leil est ver­ti­cal et que l’in­dice UV at­teint les 5 ou 6. Ou por­ter un tee­shirt, de pré­fé­rence de cou­leur fon­cée, en co­ton. Y com­pris par temps cou­vert car les UV tra­versent les nuages.

Plus de mé­la­nomes en Bre­tagne que dans le Sud

La preuve : d’après une étude pu­bliée en mai par les syn­di­cats na­tio­naux de der­ma­to­logues et des mé­de­cins pa­tho­lo­gistes, les mé­la­nomes sont trois fois plus fré­quents en Bre­tagne et en Nor­man­die qu’en ré­gion Pa­ca, pour­tant beaucoup plus en­so­leillée. « L’idée n’est évi­dem­ment pas de se mettre en sca­phandre, sou­ligne le Dr Claudine Blan­chet-Bar­don. Juste de faire preuve d’un peu de bon sens pour que le so­leil reste un al­lié. » Par­mi les bons ré­flexes : por­ter une cas­quette ou un cha­peau, si pos­sible à bord large, ain­si que des lu­nettes de so­leil. « Con­trai­re­ment aux idées re­çues, il n’y a pas for­cé­ment be­soin d’y mettre une for­tune, af­firme Pierre Ce­sa­ri­ni. Une paire bon mar­ché en plas­tique peut tout à fait faire l’af­faire puis­qu’elle pro­tège à la fois de la lu­mière et des UV. » Mé­fiance aus­si quand on va pi­quer une tête. « Les rayons ul­tra­vio­lets pé­nètrent à 60 cm de pro­fon­deur dans l’eau de mer », rap­pelle la der­ma­to­logue Claudine Blan­chet-Bar­don. « Bref, pas be­soin d’al­ler aux Sey­chelles pour at­tra­per des coups de so­leil en se bai­gnant. »

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