Va­cances : par­ti­ra, par­ti­ra pas ?

TOU­RISME. La faute à la météo pour­rie, à l’Eu­ro de foot, à la crise ou aux at­ten­tats… Les Fran­çais n’ont ja­mais été aus­si in­dé­cis pour choi­sir leur des­ti­na­tion. Les ré­ser­va­tions de der­nière mi­nute grimpent en flèche.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Re­né-Marc Chik­li, pré­sident du syn­di­cat des tour-opé­ra­teurs fran­çais AY­ME­RIC RENOU

COM­MER­ÇANTE dans les en­vi­rons de Cou­lom­miers (Seine-etMarne), Ma­rie n’a tou­jours pas réus­si à dé­ci­der où elle par­ti­rait en va­cances avec ses trois fils et son ma­ri. Ni même d’ailleurs si elle al­lait par­tir. « J’ai lan­cé deux coups de sonde pour louer un bun­ga­low dans un cam­ping, un en Aquitaine, l’autre dans la Drôme, ex­plique cette mère de fa­mille tren­te­naire. Il res­tait en­core de la place pour les deux pre­mières se­maines d’août, qui m’in­té­ressent. J’hé­site tou­jours. C’est la pre­mière fois que je tarde au­tant. D’ha­bi­tude à Pâques, tout est dé­jà ré­ser­vé. »

Comme des cen­taines de mil­liers de va­can­ciers Fran­çais, Ma­rie re­pousse le mo­ment pour ré­ser­ver ses congés d’été. Si, se­lon les der­niers chiffres du syn­di­cat des tour-opé­ra­teurs fran­çais (Se­to), les ré­ser­va­tions pour le mois de juillet sont en hausse de 4,7 % par rap­port à l’an der­nier, celles pour le mois d’août, le plus cou­ru d’ha­bi­tude, ac­cusent un re­tard de 13 % ! « Il reste en­core 44 % des ventes à conclure, ob­serve Re­né-Marc Chik­li, le pré­sident du Se­to, ce qui re­pré­sente près de 450 000 clients. »

Un at­ten­tisme qui risque de payer, car les offres chez les prin­ci­paux voya­gistes et hé­ber­geurs res­tent im­por­tantes et cer­tains cassent les prix pour ac­cé­lé­rer les ventes. Pour Jean-Pierre Na­dir, pré­sident du com­pa­ra­teur d’offres en ligne Ea­sy­voyage.com, « cette si­tua­tion confirme une ten­dance qui s’im­pose de­puis cinq ou six ans : 20 % des v e nt e s d’ é t é s e font à la der­nière mi­nute, et même 5 % à la der­nière se­conde. L’an der­nier, le site Last­mi­nute.com met­tait en ligne le sa­me­di ma­tin des se­mai- nes tout com­pris en Tu­ni­sie à seule­ment 300 €… avec des dé­parts l’après-mi­di même ! » La météo pour­rie de­puis des se­mai n e s d a n s l a moi t i é n o r d d u pays n’in­cite guère non plus à s’ima­gi­ner en va­cances, sur­tout pour ceux qui ont l’ha­bi­tude de par­tir en France. A cause d’elle, Ma­rie s’avoue « pas ins­pi­rée ». « Je n’ar­rive pas à me pro­je­ter, alors que les va­cances, c’est fait pour trou­ver le so­leil. Je me dis que s’il ne fait pas beau ce n’est pas la peine de dé­pen­ser de l’ar­gent, d’au­tant que mon budget est ser­ré après des mau­vaises sur­prises fi­nan­cières. » L’Eu­ro de foot pèse aus­si beaucoup. « C’est la même chose à chaque fois : les grands évé­ne­ments spor­tifs oc­cu- pent les es­prits, pour­suit Jean-Pierre Na­dir, et l’on sait que lun­di, une fois la com­pé­ti­tion ter­mi­née, les ré­ser­va­tions vont par­tir en flèche. »

La crise éco­no­mique et les risques d’at­ten­tat com­plètent le ta­bleau pour ex­pli­quer l’in­dé­ci­sion des va­can­ciers. « Cer­tains veulent être sûrs que la des­ti­na­tion qu’ils choi­sissent ne se­ra pas frap­pée par un at­ten­tat », ex­plique Jean-Pierre Na­dir.

Ma­rie ro­gne­ra peut-être sur sa quin­zaine ha­bi­tuelle en ne ré­ser­vant qu’une seule se­maine. Et si le temps est maus­sade, elle res­te­ra chez elle, en Seine-et-Marne. « On pour­ra tou­jours faire des pe­tites vi­rées dans la ré­gion. Il y a plein de tou­ristes qui viennent dans mon dé­par­te­ment. Il doit bien y avoir une bonne rai­son à ça. »

« Il reste en­core 44 % des ventes à conclure »

Face à la fai­blesse de la de­mande, les offres des tour-opé­ra­teurs res­tent nom­breuses et cer­tains com­mencent à bais­ser leurs prix.

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