Chauf­feur, garde du corps et mas­seur de Pi­not

Alors que le Tour entre au­jourd’hui dans les Py­ré­nées, por­trait de Thier­ry Pi­card, l’atout se­cret du lea­deur de la FDJ.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Mon­tau­ban (Tarn-et-Ga­ronne) De nos en­voyés spé­ciaux DA­VID OPOCZYNSKI

« C’EST PAS UN MAS­SEUR, lui, c’est un chauf­feur de bus ! » Al­lon­gé sur la table de mas­sage, Thi­baut Pi­not chambre l’homme qui s’af­faire sur ses mol­lets. Thier­ry Pi­card, l’in­té­res­sé, feint le dé­pit. Au-de­là de cette vanne de bonne guerre, le rôle de cet Ar­den­nais de 58 ans est pour­tant bien es­sen­tiel. Hier soir en­core, à l’is­sue d’une chaude jour­née et à la veille de la pre­mière as­cen­sion d’un col py­ré­néen, il s’est une fois de plus ap­pli­qué à dé­tendre le lea­deur de la for­ma­tion fran­çaise.

Au sein de l’équipe FDJ, la mis­sion de Thier­ry Pi­card ne semble pas avoir de li­mite. A la base, son rôle est triple : chauf­feur du bus, garde du corps de Pi­not sur les aires de dé­part et d’ar­ri­vée et mas­seur du cham­pion de France de chro­no. Pour le reste, il mul­ti­plie les tâches au gré des be­soins : faire tour­ner les ma­chines à la­ver, net­toyer le bus où « il ne faut sur­tout pas qu’il manque quelque chose », ou ren­for­cer un ka­ké­mo­no avec un fil de sac-pou­belle…

Sur le pont de 6 heures à 23 heures, sur cent quatre-vingts jours de course par an

Au sein de la for­ma­tion de Marc Ma­diot, qu’il a re­jointe en 2009, Thier­ry ré­pond au surnom de Ti­ti. Il n’est pas peu fier de sou­li­gner qu’il est le plus an­cien des sui­veurs. « C’est moi le grand-père, ici ! » ri­gole-t-il. As­sis dans le bus flam­bant neuf de la FDJ, il dé­taille son mé­tier peu ba­nal. « A la Fran­çaise, nous sommes quatre chauf­feurs as­sis­tants, ex­plique-t-il. Ça a tou­jours fonc­tion­né comme ça. Pour cer­taines courses moins im­por­tantes, je masse par­fois deux cou­reurs. » Sur le Tour, un seul corps passe entre ses mains donc, ce­lui de Pi­not. « Quand je le masse, il y a des mo­ments où il a en­vie de par­ler, d’autres non, confiet-il sur ces mo­ments es­sen­tiels par­ta­gés avec le 3e du Tour 2014. Quand la jour­née s’est mal pas­sée, il vaut mieux ne pas par­ler avant lui. J’at­tends, je me mets à sa place. »

Avec au­tant d’oc­cu­pa­tions, pas éton­nant que l’em­ploi du temps de l’an­cien ama­teur (dix ans en 1re ca­té- go­rie) soit aus­si dense. « Les jour­nées sont longues, sur­tout sur le Tour », confirme Thier­ry Pi­card tout en en­ta­mant, ce jour-là, son dé­jeu­ner à 16 heures. En moyenne, il est sur le pont de 6 heures à 23 heures. Le reste de l’an­née, il ne compte plus les mil­liers de ki­lo­mètres par­cou­rus lors des cent quatre-vingts jours de course à son pro­gramme. Ma­rié, père de deux filles de 34 et 39 ans, il ne se plaint pas de son mé­tier pour­tant pre­nant. « Des gens qui tra­vaillent toute la se­maine ne passent pas six mois à la mai­son comme moi », re­lève-t-il.

Ce ma­tin, au dé­part de L’Isle-Jour­dain, vous l’aper­ce­vrez peut-être cou­rir aux cô­tés de Thi­baut Pi­not pour le pro­té­ger. Et si le cou­reur vient à réa­li­ser un bon Tour, il s’at­tend à avoir en­core plus de tra­vail. « Par­fois, ce n’est pas évident de sim­ple­ment sor­tir ou ren­trer à l’hô­tel », dit-il tout en sou­hai­tant sans doute avoir à ef­fec­tuer aus­si cette tâche qui se­rait bon signe pour Pi­not et la FDJ.

Le Lio­ran (Can­tal), mer­cre­di. A chaque ar­ri­vée, Thier­ry Pi­card ac­com­pagne Thi­baut Pi­not pour lui per­mettre de fendre la foule en toute sé­cu­ri­té.

Sau­mur (Maine-et-Loire), mar­di. Ti­ti, le surnom de Thier­ry Pi­card, est l’un des quatre chauf­feurs as­sis­tants de la for­ma­tion FDJ.

Li­moges (Haute-Vienne), mar­di. Sur le Tour, Thier­ry Pi­card est le mas­seur de Thi­baut Pi­not : « Il y a des mo­ments où il a en­vie de par­ler, d’autres non. »

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