Alors, ce « Nin­ja War­rior » ?

TF 1, 20 H 55. Lan­cé ce soir, ce jeu en forme de par­cours du com­bat­tant, adap­té d’une émis­sion ja­po­naise, se­ra le gros pa­ri es­ti­val de la Une pen­dant cinq se­maines. Avec ses forces… et ses li­mites.

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - CHAR­LOTTE MOREAU

ILS SONT BEAUX, ils sont forts, ils veulent être le « Nin­ja War­rior ». Top dé­part pour le jeu es­ti­val de TF 1 qui dé­barque ce soir à 20 h 55 avec son par­cours d’obs­tacles mo­nu­men­tal, plan­té sur le vieux port de Cannes. Adap­té d’un for­mat nip­pon, ce divertissement se­ra la grosse at­trac­tion de l’été sur la Une pen­dant cinq se­maines. La chaîne a mis le pa­quet, et pas moins de trois ani­ma­teurs à sa tête, pour que le spec­tacle soit à la hau­teur de l’en­jeu. Ver­dict.

A quoi ça res­semble ?

Avec ses can­di­dats ano­nymes se lan­çant à corps per­du dans des épreuves casse-gueule, « Nin­ja War­rior » convoque les grandes heures d’« In­ter­villes » (voir ci­contre). Mais la to­na­li­té est moins bur­lesque et plus ath­lé­tique. Dif­fi­cile de fran­chir ses ponts in­cli­nés, an­neaux, murs et fi­lets sans une so­lide mus­cu­la­ture et beaucoup d’agi­li­té. La plu­part des par­ti­ci­pants sont de grands spor­tifs ama­teurs ou pro­fes­sion­nels (dan­seurs, profs de gym, acro­bates, pré­pa­ra­teurs phy­siques…).

La com­pé­ti­tion s’étale sur trois soi­rées de qua­li­fi­ca­tions, puis une de­mi-fi­nale et une fi­nale. A la clé pour le vain­queur : 100 000 € et une voi­ture. Le hic ? Le par­cours est ré­pu­té in­fran­chis­sable. Lan­cé en 1997 au Ja­pon puis ex­por­té aux Etats- Unis et en Eu­rope, « Nin­ja War­rior » n’a connu qu’une poi­gnée de ga­gnants de­puis sa créa­tion. C’est beau. Et pas sim­ple­ment grâce à ses can­di­dats à la plas­tique avan­ta­geuse. Les dé­cors noc­turnes sont vrai­ment spec­ta­cu­laires et la réa­li­sa­tion en jette. Sur la forme, ce « Nin­ja War­rior » est ir­ré­pro­chable. Ça fait du bien. Même si le tour­nage a eu lieu en avril et que, dans le pu­blic, on porte plu­tôt le man­teau que le mar­cel, re­voir sur TF 1 un jeu en plein air dans une am­biance dé­bon­naire, ce sont au­tant de bonnes ondes es­ti­vales agréa­ble­ment ré­gres­sives. Et d’une bien meilleure cu­vée que « Splash », le lu­naire concours de plon­geons people de 2013… Des ani­ma­teurs com­plices. Christophe Beau­grand qui sur­nomme San­drine Qué­tier « Mou- moune » ou « la grosse si­rène », De­nis Bro­gniart qui ana­lyse les tech­niques des can­di­dats fa­çon com­men­ta­teur spor­tif… Entre ces trois-là, la mayon­naise a bien pris et il n’y a pas de temps mort. Même si on au­rait pu les au­to­ri­ser à se lâ­cher da­van­tage. Une mé­ca­nique r é pét i t i v e . Pen­dant quatre-vingt-dix mi­nutes ce soir, une soixan­taine de can­di­dats se frot­te­ront aux six mêmes obs­tacles. Certes, le mon­tage per­met de va­rier un peu les plai­sirs, mais on tourne quand même vite en rond. Alors com­ment te­nir la dis­tance sur cinq soi­rées, même si les épreuves changent chaque se­maine ? Le plus grand dé­fi du « Nin­ja War­rior » se­ra au­tant de fi­nir le par­cours que de fi­dé­li­ser son pu­blic. Pas d’émo­tion. « Nin­ja War­rior » nous parle de per­for­mance, c’est son pa­ri et sa li­mite. Le té­lé­spec­ta­teur n’a pas vo­ca­tion à s’at­ta­cher aux com­pé­ti­teurs, très nom­breux, et pré­sen­tés ra­pi­de­ment. Du coup, on ne se sent pas vrai­ment im­pli­qués émo­tion­nel­le­ment dans leur par­cours ou i mpa­tients de voir l a suite. Quant aux quelques people in­vi­tés à tes­ter les obs­tacles (ce soir Miss France 2016 ou l’ex-foot­bal­leur Pas­cal Ol­me­ta) ils n’ajoutent, pour l’ins­tant, rien au jeu. « Nin­ja War­rior » nous montre des ex­ploits mais ne nous ra­conte pas d’his­toire. Ré­sul­tat à double tran­chant : il se pi­core f a c i l e ment mais p e u t a u s s i s’éteindre sans dom­mage. La ver­sion amé­ri­caine faitf it un ta­bac chezc les en­fants sur Gul­li.Gul­li M 6 l’a adap­tée éé­ga­le­ment à l’été 2009. Là aus­si, il s’agit d’un riche en chutes, dans le­quel des tombent dans l’eau quand ils échouent. Pas éton­nant : s’ins­pi­rait, dé­jà, du nip­pon de 1997. Certes, il n’y a pas de va­chette et de villes qui s’af­frontent. Mais ces plan­tés en plein air et toutes ces ré­veillent en nous la Ma­de­leine d’ ou de Pour la

On ap­plau­dit On doute

et le Car dans non plus, ce n’est pas tou­jours le plus cos­taud qui gagne.

Dans le jeu es­ti­val de TF 1, les can­di­dats se suc­cèdent sur un par­cours des plus pé­rilleux. Ob­jec­tif : le tra­ver­ser de bout en bout et em­po­cher la ca­gnotte.

Les épreuves se veulent avant tout spor­tives. Les par­ti­ci­pants sont tous des com­pé­ti­teurs aguer­ris.

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