« Ils ont por­té leur ami en l’air sur toute la lon­gueur du bar »

Jean-Pierre Ber­theau,

Aujourd'hui en France - - LA UNE - Propos recueillis par ANTHONY HALPERN ALEXANDRE MÉTIVIER

H Hur­ler, s sau­ter, le­ver les bra bras, bran­dir un poi poing ra­geur : l’euph l’eu­pho­rie, la fré­nés fré­né­sie même, qui su suit le but li­bé­rat li­bé­ra­teur est au­tant due à la charge de stress s ac­cu­mu­léac­cum qu’à des phé­no­mè­nes­phé­no d’em­pa­thied’emp — une émo­tio­ném peut-être­peut- ê conta­gieu­se­con­tag — qui tou­chent­to t aus­si… les ani­maux.ani­ma HIER APRÈS-MI­DI, le sol était propre. Mais au pla­fond et sur les murs du pub The Lions, rue du Che­va­le­ret (Pa­ris, XIIIe), quelques traces de bière étaient en­core vi­sibles, mal­gré le net­toyage du ma­tin. Quand les der­niers sup­por­teurs d’Al­le­magne - France ont quit­té les lieux, le per­son­nel du bar a dé­cou­vert une énorme flaque de bière et autres al­cools sur le par­quet. « Après le deuxième but de Griez­mann, les gens ont je­té leur verre en l’air, je n’avais ja­mais vu ça, s’étonne Jean-Pierre Ber­theau, pro­prié­taire des lieux. Un groupe de cinq ou six filles s’est réfugié der­rière le bar pour évi­ter la douche. »

Les go­be­lets en plas­tique ont rem­pla­cé les verres pour li­mi­ter la casse. « Il y en a quand même, c’est in­évi­table quand il y 250 per­sonnes, pour­suit le pa­tron. Mais on n’a pas eu de gros dé­gâts, ni de ba­garre. » Même quand les té­lé­vi­sions se sont éteintes… « Il y avait une mise à jour sur Nu­me­ri­cable, on a vite bas­cu­lé sur Ca­nalSat parce que ça criait et ils re­gar­daient tous vers le bar. Vingt se­condes plus tard, c’était re­ve­nu », souffle-t-il. En cas de pro­blème, un vi­gile est em­bau­ché les soirs de grands matchs, sur­tout pour évi­ter les dé­bor­de­ments dans la rue. S Sou­mis à un cer­tain de­gré de str stress, le sup­po sup­por­teur peut cesse ces­ser d’être lui­même et avoir des ré­ac­ti ré­ac­tions, po­si­tives et nég né­ga­tives, to­tale to­ta­le­ment ir­ra­tio ir­ra­tion­nelles (sau­ter par­tou par­tout, em­bras­ser son vo voi­sin), voire par­foi par­fois dan­ge­reuses (casse (cas­ser sa té­lé, je­ter une ch chaise). L’al­cool, qui ac ac­cé­lère la dés­inh dés­in­hi­bi­tion, et l’em­pr l’em­prise du col­lec­tif contri contri­buent gran­de­ment à ce g grand n’im­porte quoi.

En plus des sauts, des bras en l’air ou des clas­siques tapes dans les mains et em­bras­sades, Jean-Pierre Ber­theau a vu des cé­lé­bra­tions de buts plus in­ha­bi­tuelles. « Un jeune a en­le­vé son maillot et un autre lui a je­té de la bière à la fi­gure. Les voi­sins de table n’étaient pas très contents », ri­gole-t-il, avant de se sou­ve­nir : « Sur les buts de la France, d’autres ont por­té leur ami en l’air sur toute la lon­gueur du bar. »

Au fil de la com­pé­ti­tion, il a aus­si vu des ha­bi­tués se trans­for­mer. « Peu à peu, ils ont com­men­cé à ve­nir avec des maillots, à s’in­té­res­ser plus que d’ha­bi­tude. Cer­tains ont même sui­vi avec en­train les autres quand les chants étaient lan­cés. »

Après la qua­li­fi­ca­tion pour la fi­nale, les clients sou­la­gés n’ont pas quit­té les lieux. « Beau­coup sont res­tés pour cé­lé­brer et on a ser­vi une cin­quan­taine de mètres de shoo­ters, en plus des dix fûts de 30 litres vi­dés en une seule soi­rée », sa­voure JeanPierre Ber­theau, qui vient de réa­li­ser un chiffre re­cord et at­tend avec im­pa­tience la fi­nale de de­main soir.

Jean-Pierre Ber­theau a as­si­té à des scènes sur­réa­listes dans son pub.

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