Ils sont tous fous de Gri­zou !

Aujourd'hui en France - - LA UNE - DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC

CE­LA FI­NIT PA­REIL, et ça aus­si, c’est bon signe. Après la pé­riode Zi­zou, les an­nées Gri­zou ? Avec six buts et quelques cé­lé­bra­tions dé­jà dans l es mé­moires, comme sa danse imi­tant le rap­peur ca­na­dien Drake dans son tube « Hot­line Bling », An­toine Griez­mann de­vient LE phé­no­mène de cet Eu­ro. Foot­bal­lis­ti­que­ment, il reste dans la conti­nui­té de sa sai­son. En dehors, il prend une di­men­sion nou­velle, vé­ri­table in­cen­die po­pu­laire. Frédéric La­ba­die, qui tra­vaille dans la bande des­si­née, a sui­vi tous les matchs des Bleus, de SaintDe­nis à Mar­seille en pas­sant par Lille ou Lyon. Il ra­conte son en­thou­siasme pour la nou­velle idole des Fran­çais : « C’est un mec qui joue avec une grosse ab­né­ga­tion, un com­bat­tant, qui ne se dé­cou­rage ja­mais. Il a le sens du col­lec­tif. Il amène un re­nou­veau po­si­tif en sé­lec­tion, sans bling-bling, plus dans la mo­des­tie. Il dé­tonne dans ce mi­lieu. »

Le maire de Mâ­con, où est né l’atta­quant aux 13 buts en 33 sé­lec­tions, ex­plique cette hu­mi­li­té par ses ra­cines. « Il a la tête sur les épaules, narre Jean-Pa­trick Cour­tois, l’édile LR. Ses pa­rents ha­bitent tou­jours Mâ­con. Il vient sou­vent rendre vi­site à sa fa­mille et à ses co­pains. Il sym­bo­lise bien la ville, non pas parce qu’il a réus­si mais parce qu’il ne snobe pas les gens. Mon col­la­bo­ra­teur lui en­voie ré­gu­liè­re­ment des SMS. Il reste simple. Il nous a fait une pro­messe : ra­me­ner le tro­phée du cham­pion d’Eu­rope à Mâ­con. Je fe­rai ça pour ma ville, m’a-t-il dit. »

Gé­né­ra­tion Griez­mann

Jus­qu’à pré­sent, Di­dier Des­champs in­car­nait cette équipe de France sans vrai vi­sage sur le ter­rain. Dé­sormais, on parle de la gé­né­ra­tion Griez­mann. Jé­rôme Ne­veu est le pré­sident-fon­da­teur d’Advent, agence mar­ke­ting spé­cia­li­sée dans la me­sure du sport et du spon­so­ring. Il té­moigne du phé­no­mène Gri­zou : « Il y a une nou­velle his­toire en équipe de France, en­core en conva­les­cence il y a deux ans au Bré­sil. Elle sym­bo­lise dé­sormais la fraî­cheur et l’en­thou­siasme. Griez­mann est la tête de proue. C’est lui qui va cap­ter la lu­mière alors que l’on at­ten­dait plus un Pog­ba. Il crève l’écran pour trois rai­sons. Il est dans l’air du temps, par son sou­rire, sa joie de vivre. En­suite, il e s t s ym­pat hi que al ors que les foot­bal­leurs se fai­saient da­van­tage connaître pour leur an­ti­pa­thie. En­fin, il a du cha­risme mais il en im­pose sans la ra­me­ner. C’est une per­son­na­li­té qui fait du bien, spon­ta­née, sans cal­cul. Il cen­tra­lise l’éco­sys­tème po­si­tif de l’équipe de France. Avec lui, les Bleus sont vrai­ment ce qu’ils pa­raissent être. »

A Mar­seille, Griez­mann pleu- rait en­fin de joie. La boucle est bou­clée. Yan­nick, pré­sident de l’as­so­cia­tion Sup­por­teurs des Bleus, sec­tion de Dun­kerque, est ra­vi : « On y était : ses larmes au Bré­sil m’avaient fait mal. Avec cette dé­cep­tion, j’ai com­pris que ce mec avait l’amour du maillot, qu’il res­pecte l’équipe de France. Il donne l’image qu’on ai­me­rait que la France donne. C’est notre chou­chou. On est fiers de l’avoir avec nous. Par­mi mes 258 adhé­rents, c’est son maillot qu’on a le plus

ache­té. »

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