Le Por­tu­gal, pays de ses aïeux

Aujourd'hui en France - - LA UNE - YVES LE­ROY

DÉ­JÀ AU­TEUR de 6 buts, An­toine Griez­mann vit dé­ci­dé­ment un Eu­ro par­ti­cu­lier. Di­manche, il va af­fron­ter le Por­tu­gal, le pays de sa fa­mille ma­ter­nelle. Car si Alain porte un nom dont les origines loin­taines sont peut-être à cher­cher du côté de l’Al­sace, Isa­belle, la ma­man, née Lopes, est une fille d’im­mi­grés por­tu­gais.

L’his­toire de l’atta­quant ma­dri­lène avec le pays ibé­rique ne s’ar­rête pas au nom de jeune fille de sa mère, dont il est très proche, ou à quelques va­cances d’en­fance. Ses grands-pa­rents, Ama­ro et Ca­ro­li­na, ont été des pion­niers en 1957. Ils sont en ef­fet l’une des pre­mières fa­milles à avoir quit­té le Por­tu­gal pour s’ins­tal­ler à Mâ­con. Ama­ro Lopes, dé­cé­dé quand An­toine avait 1 an, était foot­bal­leur pro­fes­sion­nel à Pa­ços de Fer­rei­ra (NDLR : dans le nord du pays). Ses en­fants ont joué et se sont in­ves­tis dans le club de foot­ball de la com- mu­nau­té lu­si­ta­nienne de la ville, le Spor­ting Club de Mâ­con. Une for­ma­tion où Théo Griez­mann, le pe­tit frère d’An­toine, a aus­si été li­cen­cié plu­sieurs sai­sons… Ama­ro Lopes reste ins­crit dans l’his­toire du club, puis­qu’un tour­noi à son nom fê­te­ra son 19e an­ni­ver­saire l’an pro­chain.

Un crève-coeur pour une par­tie de sa fa­mille

Le Spor­ting or­ga­nise une re­trans­mis­sion de la fi­nale, di­manche, an­non­cée ani­mée. « Les jeunes poussent pour An­toine, mais la plu­part des gens se­ront plu­tôt pour le Por­tu­gal », pré­vient le pré­sident Phi­lippe Alves. La grand-mère d’An­toine, Ca­ro­li­na, était éga­le­ment une fi­gure bien connue et res­pec­tée dans la pe­tite ville de Bour­gogne. Elle s’est im­pli­quée dans les ac­tions so­ciales de la com­mu­nau­té de son pays na­tal. Elle a ap­por­té son aide à de nom­breuses fa­milles por­tu­gaises fuyant le ré­gime de Sa­la­zar ou les guerres de dé­co­lo­ni­sa­tion. Dis­pa­rue en 2009, l’aïeule gar­dait An­toine lors­qu’il était pe­tit, ain­si qu’An­dré De Sou­sa, son ami et dé­sormais com­mu­ni­ty-ma­na­ger.

Pour une par­tie de la fa­mille de la star des Bleus, la fi­nale se­ra un crève-coeur. La plu­part de ses oncles et cou­sins mâ­con­nais d’ori­gine por­tu­gaise étaient pré­sents à Lyon pour Hon­grie - Por­tu­gal (3-3) et re­dou­taient ce scé­na­rio. Un de ses cou­sins porte même la croix por­tu­gaise jusque sur la peau — un ta­touage sur le mol­let… En 2014, avant de jouer contre les par­te­naires de Ro­nal­do, An­toine Griez­mann avait confié qu’il au­rait une pen­sée pour son grand-père. On ima­gine l’am­pleur de la charge émo­tion­nelle, di­manche, en en­trant sur la pe­louse du Stade de France dont il est de­ve­nu l’en­fant ché­ri.

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