Ré­cu­pé­rer, le vrai défi des Bleus

Aujourd'hui en France - - LA UNE - Les­lie Dj­hone, ex-spé­cia­liste du 400 m, pré­pa­ra­teur phy­sique du Tou­louse Foot­ball Club RO­NAN FOLGOAS

PRÉ­PA­RER UNE FI­NALE de l’Eu­ro avec seule­ment deux jours com­plets de re­pos alors que les Por­tu­gais au­ront bé­né­fi­cié d’une jour­née sup­plé­men­taire pour re­char­ger les bat­te­ries : c’est le défi im­po­sé aux Bleus par le ca­len­drier. « Les se­maines pré­cé­dentes, on avait eu deux fois sept jours, c’était trop de re­pos, ob­serve Di­dier Des­champs, un peu dé­pi­té par le su­jet. Là, on au­rait ai­mé en avoir un peu plus. On va es­sayer d’op­ti­mi­ser avec le staff tech­nique et mé­di­cal chaque heure qui va pas­ser jus­qu’à ce ren­dez-vous. »

Première me­sure, les Bleus sont res­tés à Mar­seille dans la nuit de jeu­di à ven­dre­di. « Si on était ren­trés à Clai­re­fon­taine, les joueurs ne se se­raient cou­chés que vers 5 heures », glisse un proche de l’équipe. Après une jour­née consa­crée hier aux soins (mas­sages, séances de cryot hé­ra­pie, bai ns d’eau chaude et d’eau froide), les vain­queurs de l’Al­le­magne tou­che­ront à peine le bal­lon au­jourd’hui. Ces vingt-quatre heures de re­pos en moins peu­ven­telles plom­ber l’équipe de France ? « Trois jours com­plets de re­pos au lieu de quatre, ce­la ne se voit pas. Mais deux au lieu de trois, c’est une dif­fé­rence consi­dé­rable », ap­puie Les­lie Dj­hone, ex-spé­cia­liste du 400 m, de­ve­nu pré­pa­ra­teur phy­sique du Tou­louse Foot­ball Club la sai­son pas­sée.

Le pro­ces­sus de ré­cu­pé­ra­tion est dé­taillé par Ar­naud Bru­chard, de la so­cié­té 11Lea­der, spé­cia­liste de la pré­pa­ra­tion phy­sique in­di­vi­duelle de foot­bal­leurs comme Ke­vin Ga­mei­ro, Be­noît Tré­mou­li­nas ou Adrien Sil­va, mi­lieu de la sé­lec­tion por­tu­gaise. « Le len­de­main de match sert à gué­rir les mi­cro­trau­ma­tismes pro­vo­qués par les chocs. L’avant­veille du match sui­vant, les joueurs doivent avoir le moins de contraintes pos­sible pour re­char­ger tous les stocks éner­gé­tiques, chi­miques et hor­mo­naux. En­fin, la veille de match est nor­ma­le­ment consa­crée à la re­mise en route des pro­ces­sus ner­veux grâce à une séance d’en­traî­ne­ment ba­sée sur la vi­va­ci­té. Tout ce­la, c’est lors­qu’on dis­pose de trois jours com­plets. Pour les Bleus, ce pro­gramme clas­sique est court-cir­cui­té. »

Pas ques­tion tou­te­fois de tom­ber dans la si­nis­trose. De­puis l’Eu­ro 2000 et l’ins­tau­ra­tion de ce ca­len- drier dis­sy­mé­trique entre fi­na­listes, les équipes ayant dis­po­sé de vingt­quatre heures de re­pos en moins ont connu au­tant de suc­cès que de re­vers (vic­toires de la Grèce en 2004 et de l’Es­pagne en 2008, dé­faites de l’Ita­lie en 2000 et 2012). « Les Bleus ont don­né l’im­pres­sion de pro­gres­ser phy­si­que­ment durant la com­pé­ti­tion, po­si­tive Les­lie Dj­hone. Et ils n’ont pas dis­pu­té de pro­lon­ga­tions aux tours pré­cé­dents, à l’in­verse des Por­tu­gais (NDLR : en hui­tièmes et en quarts). Ce­la peut ré­équi­li­brer le rap­port de force phy­sique. En re­vanche, l’écart peut se creu­ser en fa­veur du Por­tu­gal lors d’une pro­lon­ga­tion. »

« Trois jours com­plets de re­pos au lieu de quatre, ce­la ne se voit pas. Mais deux au lieu de trois, c’est une dif­fé­rence consi­dé­rable »

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