Ces Fran­çais d’ori­gine por­tu­gaise ont choi­si la Se­lec­çao

Aujourd'hui en France - - LA UNE - Cé­lia, étu­diante à Pa­ris SYL­VIE DE MACEDO

DEVANT MAR­COUS­SIS, le camp de base de la Se­lec­çao, des di­zaines et des di­zaines de sup­por­teurs se massent tous les ma­tins pour af­fi­cher leur sou­tien. Ar­més de dra­peaux por­tu­gais, vê­tus de maillots rouge et vert, ces fans com­mentent le par­cours de leur équipe, l’hu­meur de Cris­tia­no Ro­nal­do, l’ex­plo­sion de Re­na­to Sanches.... Le tout dans la langue Mo­lière. Une grande ma­jo­ri­té d’entre eux est née en France et y a g r a n d i . Mai s tous, ou presque, prient pour une vic­toire du Por­tu­gal. « Dans la vie de tous les jours, je me sens Fran­çais. Mais, en foot­ball, c’est le coeur, les ra­cines qui parlent », confie Marc, 40 ans de Boulogne. « C’est le pays de nos pa­rents, mais aus­si le nôtre. Il fait par­tie de ce que nous sommes. Le foot­ball est un jo­li moyen de mettre en avant nos origines », ajoute Ce­lia, 21 ans, étu­diante à Pa­ris.

« On s’iden­ti­fie d’au­tant plus à cette équipe qu’elle est com­po­sée de lu­so-des­cen­dants comme nous : Guer­rei­ro, Lopes, Sil­va », af­firme éga­le­ment Phi­lippe, 42 ans, de Bor­deaux. « Ce­la ne si­gni­fie pas qu’on n’aime pas la France, pour­suit Bru­no, 17 ans de Seine-et-Marne. Mais j’ai été sen­si­bi­li­sé au bal­lon rond par mon père, mon grand-père. A 6 ou 7 ans, je connais­sais da­van­tage l e nom des joueurs évo­luant dans les clubs por­tu­gais que ceux de la L 1. Je vi­brais dé­jà pour la Se­lec­çao alors qu’en France, à part Zi­dane et Bar­thez, je ne connais­sais per­sonne. » « Au quo­ti­dien, je me sens même plus Fran­çais que Por­tu­gais », pré­cis e Da­vi d, 3 3 ans. Cer­tains se­ront quand même — un peu — der­rière les Tri­co­lores de­main. « Je se­rai cham­pionne d’Eu­rope quoi qu’il ar­rive, sou­rit Ce­lia. J’irai faire la fête avec mes amis car j’ai aus­si de l’af­fec­tion pour ces Bleus. Mais comme les Por­tu­gais n’ont en­core ja­mais rien ga­gné, je pré­fé­re­rait que ce soit eux.»

« J’aime bien la France aus­si. No­tam­ment Griez­mann, Payet et Pog­ba qui m’ont fait rê­ver cette sai­son que ce soit en club ou en sé­lec­tion, re­con­naît Bru­no. Mais Ro­nal­do mé­rite aus­si d’avoir un titre. » « D’ha­bi­tude, je suis un peu plus par­ta­gé. Cette équipe, qui est un peu à l’image de la com­mu­nau­té por­tu­gaise, la­bo­rieuse, qui souffre pour rem­por­ter ses matchs, a tel­le­ment été cri­ti­quée que ça m’a pous­sé à être à 100% der­rière elle », pré­cise Da­vid. Les com­men­taires né­ga­tifs ont été très mal ac­cep­tés. «On s’en prend plein la fi­gure de­puis le dé­but de cet Eu­ro. On dit de nous qu’on est dé­gueu­lasses, qu’on ne mé­rite pas d’être là, sou­pire Phi­lippe. Je n’aime cette ar­ro­gance de cer­tains Fran­çais. »

« J’ai tou­jours dé­tes­té ces confron­ta­tions entre le Por­tu­gal et la France, ajoute Marc. Dé­jà parce qu’on n’a ja­mais eu de chance. Mais sur­tout parce que, le len­de­main, ça donne lieu à du cham­brage pas très sym­pa. Je n’ima­gine même pas les ra­fales de SMS que je vais re­ce­voir si on perd.» « Ça reste une belle fête. Sym­bo­li­que­ment, ce Por­tu­gal-France en fi­nale d’un Eu­ro en France est un très jo­li clin d’oeil », conclut Cé­lia.

« Ce Por­tu­gal-France en fi­nale est un très jo­li clin d’oeil »

le­pa­ri­sien.fr

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