Sur Twit­ter, les po­li­tiques re­font le match

COM­MU­NI­CA­TION. Les po­li­tiques aiment le foot : pas un match sans que leurs com­men­taires inondent le ré­seau so­cial. Une fa­çon, aus­si, de se faire de la pub…

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - A.D. OLI­VIER BEAU­MONT (AVEC CA­MILLE MORDELET)

PLUS DE 19 MIL­LIONS de fans devant leur écran de té­lé­vi­sion, des sup­por­teurs en liesse par­tout en France et les po­li­tiques en pleine eu­pho­rie… sur Twit­ter. Jeu­di soir, pour la de­mi-fi­nale his­to­rique Al­le­magne - France, le match ne s’est pas joué que sur la pe­louse du Stade-Vé­lo­drome, mais aus­si sur le cé­lèbre ré­seau so­cial. Qu’ils soient mi­nistre, chef de par­ti, dé­pu­té ou can­di­dat à la présidentielle, tous y sont al­lés de leur pe­tit com­men­taire — en 140 signes — pen­dant les quatre-vingt-dix mi­nutes de la ren­contre. His­toire de dé­mon­trer, avec plus ou moins d’op­por­tu­nisme, que der­rière chaque ani­mal po­li­tique se ca­che­rait un coeur qui vibre pour les Bleus. Si Fran­çois Hol­lande et Ni­co­las Sar­ko­zy n’ont ja­mais ca­ché leur amour du bal­lon rond, ils n’ignorent pas non plus qu’af­fi­cher leur sou­tien à l’équipe de France peut être bé­né­fique pour leur image. Le pré­cé­dent Chi­rac en 1998 est dans toutes les têtes… Plu­tôt dis­cret sur la Toile — mais tou­jours bien vi­sible en tri­bune ! — de­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion, le pré­sident de la Ré­pu­blique n’a pas twee­té jeu­di. Mais ses col­la­bo­ra­teurs s’en sont bien sûr char­gés pour lui ! A l’image de Gas­pard Gant­zer, son conseiller en com­mu­ni­ca­tion, qui s’est em­pres­sé de pu­blier sur son compte le lien d’un ar­ticle du JDD.fr ti­tré « Hol­lande cé­lèbre aus­si la vic­toire des Bleus »… avec pho­to du chef de l’Etat en pleine opé­ra­tion sel­fies au mi­lieu de sup­por­teurs au Stade-Vé­lo- drome. Moins ef­fi­cace, son ret­weet de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de foot­ball à 2 heures du ma­tin pour sa­luer cette vic­toire : « Sur les 23 000 abon­nés au compte de Gas­pard Gant­zer, plus de la moi­tié avait dé­jà lu ce mes­sage ailleurs plus tôt dans la soi­rée », re­lève Paul Guyot, PDG de Se­mio­cast, spé­cia­li­sé dans l’ana­lyse mar­ke­ting et opi­nion sur le Net. A gauche, il fal­lait dé­cryp­ter aus­si les mes­sages sub­li­mi­naux de cer­tains. Comme ce­lui de Jean-Chris­tophe Cam­ba­dé­lis, au­teur d’une mé­ta­phore à peine voi­lée sur la ma­nière dont il ai­me­rait voir son par­ti et la ma­jo­ri­té : « Un col­lec­tif intraitable, un bu­teur Eu­pho­rique après le se­cond but des Bleus face à l’Al­le­magne, jeu­di soir, Fran­çois Hol­lande a pous­sé Noël Le Graët, pa­tron du foot­ball fran­çais, dans un geste de liesse. Alors qu’il a fait preuve d’une cer­taine re­te­nue jusque-là, cette fois, le pré­sident n’a pas bou­dé son plai­sir. A l’is­sue du match, Hol­lande a pas­sé une heure à se lais­ser prendre en pho­to avec des sup­por­teurs. « Une sorte de fier­té d’être Fran­çais s’est ré­vé­lée », note Thier­ry Braillard, se­cré­taire d’Etat aux Sports. A la­quelle l’exé­cu­tif compte bien être as­so­cié. me­neur à la Ko­pa, un coach au sommet et la France est en fi­nale », a ain­si écrit le Pre­mier se­cré­taire du PS.

D’autres ont ten­té de jouer les ex­perts en mon­trant qu’ils s’y connais­saient en foot­ball. L’éco­lo Cé­cile Du­flot, ex-mi­nistre du Lo­ge­ment ten­tée par la présidentielle, n’a par exemple pas ré­sis­té à l’en­vie de twee­ter une courte vi­déo de Paul Pog­ba, avec ce com­men­taire : « gros gros faible pour le pe­tit mou­ve­ment de pied de #Pog­ba ». Quant à Ar­naud Mon­te­bourg, il a joué les pro­fes­seurs en rap­pe­lant doc­te­ment dès la fin du match que « la France n’avait pas bat­tu l’Al­le­magne en Coupes d’Eu­rope ou du Monde de­puis 1958 ! » L’in­for­ma­tion au­rait pu être per­ti­nente si elle n’avait pas été ré­pé­tée dans tous les mé­dias au cours des jours qui ont pré­cé­dé la ren­contre.

A droite, même fes­ti­val. Du sobre avec Ni­co­las Sar­ko­zy (« On est en fi­nale ! #bra­vo #fier­de­vous ») mais ef­fi­cace, « puisque ce seul et unique tweet a gé­né­ré plus de 2 000 ré­ponses, ret­weet et j’aime, alors que sa moyenne tourne au­tour de 500 », pré­cise Paul Guyot. Jus­qu’au to­ta­le­ment sur­vol­té Mau­rice Le­roy, an­cien mi­nistre cen­triste de la Ville, au­teur d’un éton­nant « Waouououououoh Griez­mann ! ! ! ! » après le pre­mier but.

« Hol­lande cé­lèbre la vic­toire des Bleus » « Un coach au sommet et la France est en fi­nale » Le pré­sident surfe sur la vague ! « C’est un peu too much quand même »

An­cienne se­cré­taire d’Etat aux Sports et can­di­date à la présidentielle de 2017, Ra­ma Yade était au Sta­deVé­lo­drome jeu­di. Sé­vère avec le com­por­te­ment des Bleus lors de la Coupe du monde 2010, elle s’est ran­gée cette fois-ci der­rière la ban­nière bleu-blanc-rouge : « Ce soir le triomphe de la franzö­sische Qua­lität », a-t-elle écrit, avant de ret­wee­ter le mes­sage du rap­peur afri­cain Yous­sou­pha : « Tu es ven­gé », avec la pho­to de Pa­trick Bat­tis­ton, en ré­fé­rence au match de Sé­ville en 1982 !

Can­di­dat à la pri­maire de la droite, le dé­pu­té (LR) de la Drôme Her­vé Ma­ri­ton semble éga­le­ment avoir sui­vi le match. Ce qui ne l’a pas em­pê­ché, entre deux tweets sur les Bleus, de pu­blier le mes­sage d’un in­ter­naute sa­luant « le sé­rieux et la co­hé­rence » de sa can­di­da­ture. « Tous ces mes­sages, c’est un peu too much quand même », nous confiait hier JeanF­ran­çois Co­pé… qui s’est lui aus­si je­té sur le ré­seau so­cial pour sa­luer « la dé­ter­mi­na­tion » des Bleus jeu­di soir !

Mar­seille (Bouches-du-Rhône), jeu­di. Fran­çois Hol­lande a pris un bain de foule et s’est prê­té au jeu des sel­fies.

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