Au se­cours, c’est sa première co­lo

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - ALBAN DE MON­TI­GNY

LARMES AUX YEUX et boule au ventre. Par­tir pour la première fois en co­lo­nie de va­cances loin de la fa­mille n’est pas tou­jours évident pour les en­fants… ni pour les pa­rents. Voi­ci quelques conseils pour bien pré­pa­rer cette sé­pa­ra­tion.

Se renseigner sur le sé­jour. Des réunions d’in­for­ma­tion sont sou­vent or­ga­ni­sées avant le dé­part. Ne les zap­pez pas ! « Les pa­rents peuvent y ve­nir avec leurs en­fants. Ils en ren­con­tre­ront d’autres et se fe­ront dé­jà des amis », ex­plique Quentin Joste, di­rec­teur de Wa­kan­ga, une as­so­cia­tion qui or­ga­nise des sé­jours. Même si vous ve­nez seul, vous pour­rez ras­su­rer vos en­fants en leur pré­sen­tant en dé­tail le pro­gramme des ac­ti­vi­tés. « Leur mon­trer des pho­tos des lieux est aus­si une bonne ma­nière d’abor­der le voyage », confie Do­mi­nique Lis­sonde, di­rec­trice ad­jointe d’Oval, une autre as­so­cia­tion qui pro­pose des sé­jours.

Faire en­semble la va­lise. « Je vou­lais que mes fils soient im­pli­qués dans les pré­pa­ra­tifs. Quand nous avons fait les ba­gages, ils pou­vaient choi­sir leurs vê­te­ments pré­fé­rés. Ils ont éga­le­ment ache­té avec moi leurs sacs de cou­chage », ra­conte Sé­ve­rine Izaute, ma­man de Ma­this, 12 ans, et Luc, 9 ans, par­tis pour la première fois en co­lo l’an der­nier. La va­lise est une étape clé. C’est à ce mo­ment-là que les bouts de chou choi­sissent d’em­por­ter avec eux un dou­dou, un ob­jet fé­tiche ou une pho­to de la fa­mille. « S’ils sou­haitent prendre une pe­luche, il ne faut pas hé­si­ter à leur dire qu’ils ne pas­se­ront pas pour des bé­bés. Ils la lais­se­ront dans la va­lise s’ils ne veulent pas la sor­tir », in­dique Quentin Joste.

Le jour J. Pro­lon­ger les adieux n’est pas une bonne idée. « Sur­tout, il ne faut pas pleu­rer devant eux. Les en­fants doivent avoir l’im­pres­sion que leurs pa­rents sont contents pour eux. Il faut res­ter po­si­tif et ne pas leur ex­pli­quer que si ça se passe mal, on pour­ra ve­nir les cher­cher », pré­co­nise Ste­phan Va­len­tin, doc­teur en psy­cho­lo­gie. Pour être confiant le jour du dé­part, un tra­vail sur soi en amont est par­fois né­ces­saire. « Rien ne sert de culpa­bi­li­ser. Cer­tains pa­rents m’avouent qu’ils n’ont pas le choix avec leur bou­lot. Mais en­voyer ses pe­tits en voyage ce n’est pas une pu­ni­tion, au contraire, c’est une chance », in­siste, de son côté, Do­mi­nique Lis­sonde.

Carte pos­tale plu­tôt que por­table. Mieux vaut évi­ter de dé­cro­cher le té­lé­phone pour prendre des nouvelles. Le psy­cho­logue Ste­phan Va­len­tin conseille même de ne pas don­ner de por­table. « En­tendre sans ar­rêt la voix des pa­rents, ça crée le manque. » La bonne vieille carte pos­tale est donc un bon com­pro­mis. Sou­vent, un à deux cour­riers par se­maine suf­fisent. « Dans cette cor­res­pon­dance, l’en­fant ne doit pas avoir le sen­ti­ment que de nom­breux évé­ne­ments se dé­roulent à la mai­son durant son ab­sence », pré­cise le pa- tron de Wa­kan­ga. Pour les plus pe­tits, cer­tains or­ga­nismes conseillent même d’écrire une lettre avant le dé­part pour que les pe­tits la re­çoivent dès le pre­mier jour. Si cou­per le cor­don n’est pas tou­jours fa­cile pour les pa­rents, c’est pour­tant né­ces­saire, comme le fait re­mar­quer Do­mi­nique Lis­sonde : « En lais­sant vivre aux en­fants leur ex­pé­rience, on leur prouve qu’on leur fait confiance et on les aide à gran­dir. »

Pour les pa­rents, comme pour leurs en­fants, le dé­part en co­lo­nie de va­cances est sou­vent vé­cu comme une sé­pa­ra­tion, qui de­mande une cer­taine pré­pa­ra­tion.

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