Comment Jeff Panacloc a pris le contrôle

HU­MOUR. La Une in­nove ce soir en dif­fu­sant son spec­tacle, « Jeff Panacloc perd le contrôle ! ». Une consé­cra­tion pour ce jeune ven­tri­loque, qui nous ra­conte sa tra­jec­toire ful­gu­rante.

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - CA­THE­RINE BALLE

UN VEN­TRI­LOQUE et sa ma­rion­nette en prime time un sa­me­di sur TF 1 ? L’équa­tion au­rait sem­blé im­pro­bable il n’y a pas si long­temps. Pour­tant, la Une dif­fuse en in­té­gra­li­té ce soir « Jeff Panacloc perd le contrôle ! », le spec­tacle de l’hu­mo­riste et de son singe éner­vé et ob­sé­dé sexuel, Jean-Marc. In­con­nu il y a quatre ans, Panacloc, 29 ans, com­mente son as­cen­sion en huit lettres. re­mière té­lé. A 9 ans, le Seine-et-Mar­nais Da­mien Col­ca­nap (vrai nom de Jeff Panacloc — Col­ca­nap à l’en­vers) par­ti­cipe à l’émis­sion « Je passe à la té­lé », sur France 3, où il chante « Mon fils, ma ba­taille » de Da­niel Ba­la­voine. Ce sont ses pa­rents, fonc­tion­naires, qui l’ont ins­crit. Da­mien y gagne une té­lé­vi­sion, qui trône en­core au­jourd’hui dans sa chambre d’en­fant. ppren­tis­sage de la ven­tril oquie. A 14 ans, Da­mien donne des spec­tacles de ma­gie dans des ca­ba­rets. C’est là qu’il ren­contre le ven­tri­loque Da­vid Mi­chel et son pin­gouin Nes­tor. « Nes­tor était as­sez vi­ru­lent et, ce que je trou­vais fas­ci­nant, c’est qu’il di­sait ce qu’il vou­lait. Alors, je me suis mis à tra­vailler seul la ven­tri­lo­quie dans ma chambre : je n’ai lu au­cun livre, je me suis juste en­traî­né devant mon mi­roir. » Un an plus tard, le jeune h o mme a b a n d o n n e l a ma g i e (« tech­ni­que­ment, je n’étais pas bon ») et ne se pro­duit plus qu’avec Jean-Marc, une ma­rion­nette ache­tée sur In­ter­net. umé­ro ga­gnant. Lors d’un concours d’hu­mour qu’il rem­porte à 23 ans, Jeff Panacloc ren­contre Pa­trick Sé­bas­tien. « Il m’a

PAN­dit : Tes textes ne sont pas ter­ribles, mais si tu pro­gresses, je t’in­vite dans “le Plus Grand Ca­ba­ret du monde”. Ça m’a mis un coup de pied aux fesses. J’ai com­men­cé à tra­vailler beau­coup, et à ne plus mon­ter sur scène en im­pro­vi­sant. Un peu plus d’un an après, Pa­trick m’a rap­pe­lé, je lui ai en­voyé un DVD et il m’a in­vi­té. » Panacloc s’y pro­dui­ra une fois par mois et y croi­se­ra Pascal Obis­po, qui le convie­ra chez Dru­cker dans « Vi­ve­ment di­manche ». po­théose. C’est dans cette émis­sion que Panacloc « ex­plose » grâce à un sketch dans le­quel Jean-Marc imite Mi­chael Jackson… mort. « Je jouais à la Co­mé­die des bou­le­vards, un théâtre pa­ri­sien de 100 places. En 48 heures, on a ven­du 4 000 places. » lou du spec­tacle. En 2013, Jeff Panacloc par­ti­cipe au Mar­ra­kech du rire, or­ga­ni­sé par Jamel Debbouze. Ses in­ter­ven­tions dé­chaînent le pu­blic. « Il y avait beau­coup de prof e s s i o nnel s du spec­tacle, de journalistes. Ce fes­ti­val m’a ai­dé à être connu et re­con­nu. » ouanges. Dans l a presse et sur les ré­seaux so­ciaux, Panacloc est en­cen­sé. L’ar­tiste in­ves­tit à Pa­ris des scènes de plus en plus grandes, jus­qu’au pa­lais

ACLdes Sports, qu’il rem­plit cinq soirs de suite en avril : « De­puis Vi­ve­ment di­manche, on a tou­jours af­fi­ché com­plet par­tout. » va­tion. En jan­vier der­nier, Panacloc in­tègre la troupe des En­foi­rés et par­tage l’ova­tion du pu­blic de Ber­cy avec Ga­rou ou Pa­trick Bruel. « J’ai un ami qui pro­duit l’émis­sion et qui es­sayait de convaincre Jean-Jacques Gold­man de me faire ve­nir de­puis des mois. Mais Jean-Jacques ne vou­lait pas, je crois qu’il ne me connais­sait même pas. Et puis, à un mo­ment, ça s’est dé­can­té. Je suis hy­per fan de Jean- Jacques, alors quand je suis ar­ri­vé le pre­mier jour et qu’il m’a ta­pé dans le dos en di­sant On v a bi e n s ’ amu­ser, c’était juste dingue ! »

Oon­sé­cra­tion. Au même mo­ment, TF 1 dé­cide d’acheter les droits du spec­tacle de Jeff Panacloc. « Quand on m’a dit Vous faites par­tie des ar­tistes TF 1, comme

CF­lo­rence Fo­res­ti ou John­ny Hal­ly­day, j’ai pen­sé cher­chez l’in­trus… Le show de­vait être dif­fu­sé sur une autre chaîne du groupe ou alors en deuxième par­tie de soi­rée. Et un jour, Ara Apri­kian (NDLR : di­rec­teur des pro­grammes de la Une) a dit On va le pas­ser sur TF 1 en prime un sa­me­di. C’est stres­sant parce que je sais que les au­diences se­ront com­men­tées. Mais je suis su­per heu­reux et fier. »

En à peine quatre ans, Jeff Panacloc et sa ma­rion­nette Jean-Marc ont sé­duit de nom­breux fans.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.