Aux portes

FOOT­BALL. Les Bleus ont 90 mi­nutes de­vant eux, voire un peu plus, pour re­joindre au pan­théon du sport tri­co­lore les gé­né­ra­tions Pla­ti­ni et Zi­dane.

Aujourd'hui en France - - LA UNE - DOMINIQUE SÉVÉRAC

LE FOOT­BALL est in­fi­ni­ment su­pé­rieur à la vie puis­qu’il per­met d’ac­cé­der au pa­ra­dis de son vi­vant. Seize ans après le der­nier titre tri­co­lore, un Eu­ro 2000 ar­ra­ché dans le temps ad­di­tion­nel puis grâce au but en or de Da­vid Tre­ze­guet, les Bleus peuvent une nou­velle fois vi­si­ter le pan­théon na­tio­nal, où logent dé­jà la bande de Mi­chel Pla­ti­ni (1984) et celle de Zi­ne­dine Zi­dane (1998). Ils ont un guide, mais c’est aus­si un cha­man, un ex­tra­lu­cide, une bous­sole, une patte de la­pin et leur sé­lec­tion­neur, Di­dier Des­champs, se­ra sur le banc de touche ce soir dans le stade de sa plus belle conquête col­lec­tive et per­son­nelle.

Pour que ces Bleus-là, pas les plus beaux ni les meilleurs de notre his­toire, s’as­soient sur le toit de l’Eu­rope, il fau­dra grim­per sur le Por­tu­gal, de­ve­nu her­mé­tique de­puis l es matchs cou­pe­rets (1 but po­lo­nais en­cais­sé seule­ment). Ces deux na­tions

M 6, BEIN 1, 21 HEURES

eu­ro­péennes du jeu, deux pays amis et mé­lan­gés de­puis long­temps, avec ses gé­nies d’an­tan d’Eu­sé­bio à Ko­pa, de Fi­go à Zi­dane, vont li­vrer une fi­nale dans une op­po­si­tion de style. Le Por­tu­gal s’avance avec ses ma­nières d’anes­thé­siste et le meilleur dé­fen­seur du tour­noi, Pepe, en même temps qu’elle re­pose sur le meilleur joueur du monde, Cris­tia­no Ro­nal­do (CR7), l’homme qui dé­colle comme une fu­sée et reste tout seul en l’air avec une vue im­pre­nable sur son des­tin de ma­gi­cien.

Prendre une part d’éter­ni­té

Les Bleus sont da­van­tage une équipe s’ils de­meurent sur leurs stan­dards mar­seillais de la de­mi-fi­nale contre l’Al­le­magne, ils ont la meilleure at­taque (13 buts) et presque un car­ré ma­gique de­vant, avec Payet-Sis­so­ko-Gi­roud et Griez­mann. A CR7, ils op­posent jus­te­ment GR7, notre An­toine Griez­mann na­tio­nal, meilleur bu­teur de l’Eu­ro. Il a le droit de conti­nuer ce soir, le Bal­lon d’or est au bout de son pied gauche. Por­tu­gal et France se réunissent sur une force in­time in­tense qui les pousse et les a por­tés là, au Stade de France. Une équipe ou un homme peuvent per­mettre à cette fi­nale de bas­cu­ler, et il y en a dans chaque camp, une équipe ou un homme.

Au terme d’une sai­son in­croyable de réus­sites et de ver­tiges nau­séa­bonds, com­men­cée par un Por­tu­gal - France vic­to­rieux à Lis­bonne sur un coup franc de Ma­thieu Val­bue­na, l’un des dis­pa­rus d’une longue liste, les Bleus des ano­nymes Kos­ciel­ny, Um­ti­ti, Ma­tui­di (au re­gard des Thu­ram, De­sailly, Pe­tit) peuvent prendre une part d’éter­ni­té. Hier Ba­ca­ry Sa­gna, Hu­go Llo­ris et Di­dier Des­champs sont ve­nus en confé­rence de presse au Stade de France en hé­li­co­ptère. Ce soir, ils re­par­ti­ront en bus ou avec des ailes d’ange dans le dos. C’est le choix d’un des­tin.

Clai­re­fon­taine (Yve­lines), hier. Les Bleus sont ap­pa­rus dé­con­trac­tés mais concen­trés à la veille du match le plus im­por­tant de leur car­rière.

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