« Cette fi­nale, c’est un rêve »

Ro­bert Pires,

Aujourd'hui en France - - LA UNE - Pro­pos re­cueillis par JULIEN LAURENS

IL S’AGI­RA, pour lui, d’un match par­ti­cu­lier. Ro­bert Pires, né à Reims (Marne) voi­là qua­rante-deux ans d’un pa­pa por­tu­gais, se­ra au bord du ter­rain ce soir en qua­li­té de consul­tant pour la chaîne BeIN Sports. L’homme aux 79 sé­lec­tions vi­vra la ren­contre in­ten­sé­ment, ti­raillé entre son amour pour les deux pays. Est-ce la fi­nale dont vous rê­viez ? RO­BERT PIRES. Pour moi, il ne peut pas y avoir de meilleure fi­nale. C’est un rêve. Mes deux pays face à face en fi­nale d’un Eu­ro en France… c’est juste in­croyable. Avant le dé­but du tour­noi, je l’es­pé­rais. Là, on y est. Ça va être aus­si un très grand mo­ment pour mon père An­to­nio, toute ma fa­mille, ici en France, mais aus­si celle vi­vant au Por­tu­gal. Que re­pré­sente pour vous le Por­tu­gal ? Dé­jà des vacances. Quand j’étais en­fant, on par­tait dans la mai­son pa­ter­nelle de Ponte de Lima, la plus vieille ville du pays, dans le nord près de Bra­ga, avec mes pa­rents et mon frère To­ny. J’y suis al­lé chaque été jus­qu’à mes 17 ans. On re­trou­vait tous nos cou­sins. On était tout une pe­tite équipe et on jouait au foot tout le temps, sur la plage, dans la rue. On fai­sait 2 000 km de­puis Reims dans la vieille Ford Es­cort de mon père, ser­rés comme des sar­dines. Main­te­nant, j’em­mène ma fa­mille chaque été, mon épouse Jes­si­ca et nos trois en­fants. Le Por­tu­gal, c’est une culture qui fait par­tie de moi, une langue que je parle, des cou­tumes que j’aime, un pays que j’adore et où je me sens bien. Je suis fier que mon père y soit né et je suis fier de mes ra­cines por­tu­gaises. Com­ment voyez-vous ce match ? De­vant son pu­blic, la France est fa­vo­rite. Elle pos­sède un su­perbe col­lec­tif avec un joueur ex­cep­tion­nel, An­toine Griez­mann. Il est sur un nuage, mais le dan­ger peut ve­nir de par­tout. La dy­na­mique et la mon­tée en puis­sance des Bleus sont im­pres­sion­nantes de­puis la se­conde mi­temps du match contre l’Ir­lande. Mais le Por­tu­gal a sa chance. Dé­jà, ils ont Cris­tia­no Ro­nal­do, ca­pable de faire la dif­fé­rence à lui tout seul à n’im­porte quel mo­ment. Ils ont une grosse force col­lec­tive, ils sont so­lides phy­si­que­ment et men­ta­le­ment. Ils croient en leur étoile et en leur des­tin. Per­sonne ne les voyait en fi­nale. Ils y sont. Ils n’ont peur de rien. An­toine Griez­mann est la star de cet Eu­ro. Ça vous sur­prend ? Non. Je l’ai vu jouer toute la sai­son avec l’At­lé­ti­co Ma­drid et il a été ex­cep­tion­nel. Je sa­vais que ce se­rait son Eu­ro et ça l’est. Il est l’ave­nir des Bleus. Il y a eu la gé­né­ra­tion Pla­ti­ni, la gé­né­ra­tion Zi­dane et dé­sor­mais, il y a la gé­né­ra­tion Griez­mann. Il a tel­le­ment de ta­lent. Cette équipe vous rap­pelle-t-elle celle de 1998 et de 2000 ? C’est tou­jours dif­fi­cile de com­pa­rer les époques et puis ça ne sert à rien. Mais il y a un fil conti­nu, Di­dier Des­champs. Il en­tre­rait dans la lé­gende s’il de­ve­nait le pre­mier à rem­por­ter l’Eu­ro comme joueur et en­traî­neur. Il le mé­rite to­ta­le­ment. En 1998, nous avons écrit une page de l’his­toire du foot­ball fran­çais. A eux main­te­nant d’écrire la leur. Ils n’en sont pas loin. Il leur reste un match à jouer et à ga­gner. Pour la France, pour Di­dier, pour ce groupe et pour les sup­por­teurs, ce se­rait ex­cep­tion­nel. Mais rem­por­ter cette fi­nale se­rait aus­si ex­cep­tion­nel pour le Por­tu­gal.

« Dé­sor­mais, il y a la gé­né­ra­tion Griez­mann »

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