Ro­nal­do, l’icône ab­so­lue

Aujourd'hui en France - - LA UNE - SYLVIE DE MACEDO

PLUS GRANDE STAR de l’his­toire de la Se­lec­çao, Cris­tia­no Ro­nal­do est évidemment un lea­deur ad­mi­ré et res­pec­té au sein de sa sé­lec­tion.

L’ef­fi­ca­ci­té

Ce soir, Cris­tia­no Ro­nal­do peut amé­lio­rer le re­cord de buts de Mi­chel Pla­ti­ni dans l’his­toire des Cham­pion­nats d’Eu­rope. Tous deux en sont à 9. Tan­dis que Pla­toche a si­gné ses neuf réa­li­sa­tions lors de la seule édi­tion de 1984, le Por­tu­gais a ins­crit 2 buts en 2004, 1 en 2008, 3 en 2012 et, pour l’ins­tant, 3 en France. Ou plu­tôt à Lyon au Parc OL, son jar­din, avec son dou­blé (face à la Hon­grie, 3-3) en phase de poules et cette tête in­croyable contre le Pays de Galles en de­mi-fi­nale (2-0). Il est le meilleur bu­teur de son équipe dans ce tour­noi (à éga­li­té avec Na­ni). Et, sans lui, le Por­tu­gal ne se­rait pas al­lé au bout.

Mais le triple Bal­lon d’or a aus­si par­fois brillé par son manque d’ef­fi­ca­ci­té. Il a no­tam­ment été d’une maladresse in­fi­nie lors du deuxième match de poules contre l’Au­triche (0-0), avec à la clé un pé­nal­ty ra­té, ou dans une moindre me­sure face à la Po­logne en quart (1-1, 5-3 t.a.b.). S’il est le joueur de cette édi­tion qui compte le plus de frappes (46 tirs au to­tal), il n’en a ca­dré que 12 (soit 26 %) pour 3 buts donc, 2 de la tête et 1 sur une ma­gni­fique ta­lon­nade.

L’in­fluence

C’est évidemment le pa­tron de la Se­lec­çao. In­con­tes­té et in­con­tes­table. Il en est le ca­pi­taine et adopte l’at­ti­tude qui va avec. Comme lors de cette séance de tirs au but contre la Po­logne, où il tire en pre­mier pour mon­trer l ’ exemple avant d’obli­ger Mou­tin­ho à prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés. En sé­lec­tion, per­sonne ne lui dis­pute le lea­der­ship. Les plus jeunes l’ad­mirent, prennent en exemple son pro­fes­sion­na­lisme et sa ca­pa­ci­té à tri­mer. Il leur in­suffle sa rage de vaincre, sa haine de la dé­faite et son men­tal de guer­rier. Les plus an­ciens — sa garde rap­pro­chée ( P e p e , Quar e s ma, Bru­no Alves, Na­ni, Ri­car­do Car­val­ho) — le pro­tègent et le vé­nèrent.

Pour avoir bat­tu tant de re­cords avec le Por­tu­gal — il compte 131 sé­lec­tions pour 61 buts ins­crits, du ja­mais-vu dans ce pays —, il est la plus grande star de tous les temps de la Se­lec­çao. Et si, à 31 ans, il de­vient ce­lui qui ap­porte son pre­mier titre au peuple lu­si­ta­nien, il de­vien­dra une lé­gende.

Son jeu

Le Por­tu­gal, ce n’est pas le Real Ma­drid. Et dans ce nou­veau style dé­fen­sif adop­té par les Lu­si­ta­niens, Cris­tia­no Ro­nal­do peine à trou­ver ses marques. Il évo­lue aux cô­tés de Na­ni dans un 4-4-2 (ou 4-3-3) où il est po­si­tion­né comme un at­ta­quant qui at­tend les bons bal­lons de ses co­équi­piers. Mais, même si ceux-ci ont du ta­lent, ce ne sont ni Mo­dric, ni Ben­ze­ma, ni Bale. Ses par­te­naires le cherchent sans cesse : il compte ain­si près de la moi­tié des frappes de son équipe (46 sur 112).

Dans ce contexte, il par­ti­cipe peu à la construc­tion du jeu. Et s’il compte 3 passes dé­ci­sives, 2 sont des frappes re­prises par ses par­te­naires (Qua­res­ma contre la Croa­tie, Na­ni contre Galles). En re­vanche, il ac­com­plit des ef­forts dé­fen­sifs, il ba­laie sans cesse le front de l’at­taque, il court beau­coup et râle aus­si sans cesse quand un bal­lon ne lui par­vient pas comme il fau­drait. Un vrai lea­deur ! Le Bal­lon d’or pour Griez­mann ou pour Ro­nal­do ?

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