Griez­mann, la star mon­tante

Aujourd'hui en France - - LA UNE - FRÉ­DÉ­RIC GOUAILLARD

L’AT­TA­QUANT de l’At­lé­ti­co de Ma­drid s’est af­fir­mé comme le joueur ma­jeur des Bleus du­rant cet Eu­ro, en par­ti­cu­lier de­puis le dé­but des matchs à éli­mi­na­tion di­recte.

L’ef­fi­ca­ci­té

Avec six buts ins­crits de­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion, An­toine Griez­mann est qua­si­ment as­su­ré de ter­mi­ner meilleur bu­teur de cet Eu­ro 2016, à moins d’un ex­ploit de Ro­nal­do. Le Mâ­con­nais est d’ailleurs de­ve­nu l e deuxième meilleur bu­teur de l’his­toire des phases fi­nales, der­rière Mi­chel Pla­ti­ni, au­teur de neuf buts en 1984. Cela re­lève en­core le ni­veau de per­for­mance de l’at­ta­quant de l’At­lé­ti­co de Ma­drid qui, contrai­re­ment à CR7, n’a connu que cinq ti­tu­la­ri­sa­tions dans ce tour­noi pour 434 mi­nutes de jeu. Son ra­tio est tout sim­ple­ment épous­tou­flant, puis­qu’il ne faut qu’un peu plus d’une heure de jeu à Gri­zou pour en­voyer le bal­lon au fond des fi­lets. Et s’il ap­pa­raît loin der­rière le Por­tu­gais au nombre de frappes (22 de­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion), là en­core son adresse est tout sim­ple­ment dia­bo­lique. Le nu­mé­ro 7 des Bleus af­fiche une moyenne de 54,5 % de tirs ca­drés (12). Il lui faut un peu moins de quatre frappes pour ins­crire un but. Et si sa tête n’avait pas heur­té le po­teau face à la Rou­ma­nie, ses stats au­raient en­core été amé­lio­rées.

L’in­fluence

Lors de cet Eu­ro, Gri­zou est de­ve­nu le joueur ma­jeur des Bleus. Et pas seule­ment pour ses six buts et deux passes dé­ci­sives. L’étoile mon­tante ne s’est pas trans­for­mée sou­dai­ne­ment en lea­deur de ves­tiaire, au sein du­quel il s’ex­prime ra­re­ment, lais­sant Pa­trice Evra ou Hu­go Llo­ris ra­meu­ter les troupes. Dans la vie de tous les jours, il s’af­fiche comme un com­pa­gnon de route agréable à vivre mais pas comme un chef de meute.

Sa vé­ri­table in­fluence s’exerce sur le ter­rain où, de­puis le dé­but des matchs à éli­mi­na­tion di­recte, il a pris les choses en main. Là où l’on at­ten­dait Paul Pogba, c’est Griez­mann qui s’est af­fir­mé comme le pa­tron tech­nique des Bleus. A la mi-temps de la ren­contre face à l’Eire où la France était me­née (0-1), Gri­zou avait lâ­ché au re­tour des ves­tiaires : « On est nuls. » Une cri­tique qui s’adres­sait à ses par­te­naires au­tant qu’à lui-même. Sa ré­ac­tion après la pause, avec un dou­blé en quatre mi­nutes, a sou­li­gné sa force men­tale au­tant que son em­prise sur le jeu. La marque des grands.

Son jeu

Dire que le sys­tème tac­tique des Bleus a été construit au­tour de lui n’est pas trop fort. Griez­mann n’a rien re­ven­di­qué, mais Di­dier Des­champs, adepte du 4-3-3, s’est ré­so­lu, de­puis la mi-temps face à l’Eire, à ali­gner deux pointes pour mettre son pro­dige dans les meilleures condi­tions. Dans cette po­si­tion axiale qu’il af­fec­tionne et qu’il pra­tique à l’an­née à l’At­lé­ti­co, le Fran­çais s’épa­nouit to­ta­le­ment, et les Bleus avec lui.

Face à l’Al­le­magne, alors que la France souf­frait en première pé­riode, le pro­té­gé de Die­go Si­meone a en­core énor­mé­ment cou­ru, mais pas que. Gri­zou ne se contente pas d’at­tendre les bal­lons ou de prendre la pro­fon­deur. Il dé­croche sou­vent jus­qu’au mi­lieu de ter­rain pour en­tre­prendre ses propres ac­tions en pre­nant des re­lais au­près de ses par­te­naires, comme en té­moigne sa première oc­ca­sion face à Neuer (7e). Et comme il sait aus­si mar­quer des buts de « re­nard » dans la sur­face, par exemple le se­cond face à la Mann­schaft, Gri­zou est au­jourd’hui un at­ta­quant com­plet. à l’Eu­ro. but toutes les 72 mi­nutes à l’Eu­ro.

Stade de France (Saint-De­nis), le 10 juin. Ré­vé­lé au grand pu­blic lors du Mon­dial 2014, An­toine Griez­mann ex­plose lit­té­ra­le­ment cette sai­son. Au point de dé­cro­cher le titre de meilleur joueur du monde dans quelques mois ?

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