Guer­rei­ro, le choix d’une vie

Aujourd'hui en France - - LA UNE - SYLVIE DE MACEDO

IL A HÉ­SI­TÉ. Long­temps. « Le choix n’a pas été fa­cile. Je suis né en France, j’ai gran­di ici. Ma mère est fran­çaise aus­si. On par­lait peu le por­tu­gais à la mai­son », nous confiait avant l’Eu­ro ce­lui qui, au­jourd’hui en­core, maî­trise mal la langue de l’écri­vain et poète Fer­nan­do Pes­soa. Et en op­tant pour le Por­tu­gal à l’ado­les­cence, Ra­phaël Guer­rei­ro était cer­tai­ne­ment loin de se dou­ter que, quelques an­nées plus tard, du haut de ses 22 ans, il pour­rait écrire une page glo­rieuse de sa car­rière.

« En foot­ball, j’ai tou­jours été à 100 % por­tu­gais, à fond der­rière Ben­fi­ca et la Se­lec­çao, pour­suit Guer­rei­ro. On re­gar­dait t ous l es matchs à la mai­son avec mes trois frères et mon père. Quand il a fal­lu se dé­ci­der pour les équipes de jeunes, j’ai donc choi­si le Por­tu­gal. »

Le plus tri­co­lore des trois Fran­coPor­tu­gais de cette sé­lec­tion (qui compte éga­le­ment Adrien Sil­va et An­tho­ny Lopes) au­rait pour­tant pu pré­tendre à une place chez les Bleus dans cet Eu­ro, son po­ten­tiel étant su­pé­rieur à ce­lui de Lu­cas Digne (la dou­blure de Pa­trice Evra). Mais il ne re­grette rien. « C’est le choix du coeur », clame-t-il.

On ne sau­ra ja­mais quel au­rait été son ave­nir en équipe de France. Avec la Se­lec­çao, il s’est im­po­sé comme ti­tu­laire in­dis­cu­table alors qu’en dé­but du tour­noi per­sonne ne s’at­ten­dait à voir le nou­veau la­té­ral de Dort­mund (il a quit­té Lo­rient contre 12 M€) jouer au­tant. Sa ré­gu­la­ri­té en dé­fense, son ap­port en at­taque (il a dé­li­vré un ma­gni­fique centre sur le but de Ro­nal­do contre le Pays de Galles) et sa ma­tu­ri­té font au­jourd’hui de lui l’un des atouts du Por­tu­gal.

Son ex­plo­sion, il la doit aus­si à son sé­lec­tion­neur. Dès les pre­miers pas du la­té­ral sous le maillot lu­si­ta­nien, au mois de no­vembre 2014, Fer­nan­do San­tos est tom­bé sous le charme. « Il est ce­lui qui m’a le plus sur­pris parce que je ne le connais­sais pas, sou­li­gnait le coach il y a peu de temps. Je ne l’ai pas quit­té des yeux lors de son pre­mier en­traî­ne­ment en me de­man­dant : Mais quel est donc ce ta­lent ? » Pour sa deuxième sé­lec­tion — il en compte 11 dé­sor­mais —, Ra­phaël Guer­rei­ro ins­crit d’ailleurs un but somp­tueux contre l’Ar­gen­tine en match ami­cal (1-0), chau­de­ment fé­li­ci­té par son idole de tou­jours, l’at­ta­quant star Cris­tia­no Ro­nal­do.

Ce soir, à son ar­ri­vée au Stade de France, ce­lui qui a gran­di à quelques ki­lo­mètres de là au BlancMes­nil (voir ci-des­sous) se­ra cer­tai- ne­ment très ému. « Ce se­rait vrai­ment énorme, nous di­sait-il avant le dé­but de la com­pé­ti­tion. J’ai dé­jà vé­cu un Por­tu­gal - France en ami­cal, même si je n’ai pas joué. Et c’était dé­jà très fort de me dire qu’il y avait mes deux pays sur le ter­rain. » Là, l’en­jeu se­ra énorme. Un suc­cès des Por­tu­gais pour­rait pri­ver une par­tie de sa fa­mille d’un titre si dé­si­ré…

Les fé­li­ci­ta­tions de Cris­tia­no Ro­nal­do

Les Por­tu­gais n’en­vi­sagent pas une dé­faite en fi­nale

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