« Ce cha­grin est mieux per­çu »

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Pro­pos re­cueillis par CH.B.

type de rap­port avec le maître, dans le­quel cha­cun se sent ai­mé. Un chien, c’est aus­si une odeur, un contact, une pré­sence qui comblent nos sens. Quand il dis­pa­raît, le monde se creuse de cette ab­sence. Est-il nor­mal de se sen­tir plus triste pour la mort de son ani­mal de com­pa­gnie que pour un pa­rent, un ami ? Ce qui crée l’in­ten­si­té du deuil, c’est l’in­ten­si­té du lien qui unis­sait la per­sonne avec l’in­di­vi­du dis­pa­ru. Aux Etats-Unis, 25 % des per­sonnes qui ont per­du un ani­mal consultent un psy­cho­logue. Dans le deuil d’un ani­mal, comme dans tout deuil, on passe par dif­fé­rentes phases, de la si­dé­ra­tion à la co­lère, puis à la ré­si­gna­tion. Le deuil pa­tho­lo­gique in­ter­vient quand on ne peut plus se sor­tir du sou­ve­nir de l’ani­mal. L’in­verse existe aus­si : on a vu des chiens at­tendre des an­nées à la gare leur maître dis­pa­ru. Com­ment s’en re­mettre ? Au­jourd’hui, les gens parlent plus vo­lon­tiers de leur cha­grin, c’est mieux per­çu que par le pas­sé. Cer- tains ont be­soin de s’ex­pri­mer, le plus sou­vent avec des proches qui ont connu la même souf­france. De plus en plus, les vé­té­ri­naires dis­cutent aus­si avec les maîtres, pas dans un but de psy­cho­lo­gie hu­maine — ce n’est pas leur mé­tier — mais pour pro­té­ger l’ani­mal qui vien­dra en­suite. Si on ne fait pas son tra­vail de deuil, on court le risque de prendre un chien ou un chat de rem­pla­ce­ment, qui pour­ra souf­frir beau­coup, y com­pris phy­si­que­ment, de n’être au fond pas vrai­ment ac­cep­té.

« L’at­ta­che­ment est une fonc­tion vi­tale »

* Odile Ja­cob, 2013, 18 €.

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