A Dallas, un ro­bot tueur de tueur

SÉ­CU­RI­TÉ. Les po­li­ciers amé­ri­cains ont uti­li­sé semble-t-il, pour la première fois, un ro­bot char­gé d’ex­plo­sifs pour neu­tra­li­ser Mi­cah John­son, qui ve­nait de tuer 5 po­li­ciers.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Un ex-membre du GIGN ÉRIC PEL­LE­TIER ET NEL­LY TER­RIER

L’HIS­TOIRE RE­TIEN­DRA QUE c’est sans doute à Dallas que la po­lice amé­ri­caine a, pour la première fois, uti­li­sé un ro­bot tueur pour ve­nir à bout d’un cri­mi­nel. Mi­cah John­son, 25 ans, l’homme qui a as­sas­si­né cinq po­li­ciers blancs et en a bles­sé sept autres jeu­di soir au Texas, a été abat­tu à dis­tance par les forces de l’ordre. Une ma­chine té­lé­com­man­dée les­tée d’un dis­po­si­tif ex­plo­sif a été en­voyée au plus près du sus­pect, re­tran­ché dans un ga­rage.

Da­vid Brown, le chef de la po­lice de Dallas, a jus­ti­fié cette op­tion tac­tique lors d’une confé­rence de presse : « Nous n’avons pas eu d’autre choix que d’uti­li­ser notre ro­bot pié­gé, et de pla­cer un dis­po­si­tif dans son pro­lon­ge­ment afin de le faire ex­plo­ser », a-t-il dé­cla­ré, ajou­tant que toute autre dé­ci­sion « au­rait fait cou­rir un grand dan­ger aux po­li­ciers ».

Mi­cah John­son a été lit­té­ra­le­ment dé­chi­que­té pour être neu­tra­li­sé sans risque, se­lon une tech­nique mi­li­taire uti­li­sée en Irak no­tam­ment. De son cô­té, le maire de la ville a ex­pli­qué que l’as­sas­sin pré­su­mé avait eu, lors des né­go­cia­tions préa­lables, le choix de se rendre ou de res­ter re­tran­ché. Op­tant pour la se­conde so­lu­tion, le sus­pect avait si­gné son ar­rêt de mort. « C’est la première uti­li­sa­tion d’un ro­bot de cette ma­nière par la po­li- ce », a écrit sur Twit­ter Pe­ter W. Sin­ger, un spé­cia­liste de la sé­cu­ri­té. Une in­for­ma­tion confir­mée par le « Wa­shing­ton Post », ci­tant plu­sieurs ex­perts : « Cette uti­li­sa­tion d’un ro­bot à force lé­tale est pro­ba­ble­ment sans pré­cé­dent dans une opé­ra­tion de po­lice », ce qui pose se­lon le jour­nal la ques­tion du « dé­ploie­ment d’ou­tils de haute tech­no­lo­gie » lors d’opé­ra­tions ci­viles dé­li­cates. L’opé­ra­tion de Dallas pour­rait re­pré­sen­ter un tour­nant.

Les trois forces d’in­ter­ven­tion f ran­çaises ( BRI, Raid, GIGN) dis­posent de ro­bots mu­nis de pinces pour dé­po­ser du ma­té­riel au plus près sans ex­po­ser les hommes. Equi­pés de ca­mé­ras, ces en­gins per­mettent aus­si de trans­mettre à dis­tance des images afin de sé­cu­ri­ser la pro­gres­sion.

Se­lon les spé­cia­listes in­ter­ro­gés hier, au­cun n’est do­té d’ex­plo­sifs vi­sant à neu­tra­li­ser. « Nous n’avons au­cun ro­bot tueur », fait-on va­loir à la Di­rec­tion gé­né­rale de la po­lice na­tio­nale. « La mort d’un pre­neur d’otages ou d’un for­ce­né est vé­cue comme un échec, rap­pelle un ex­membre du GIGN. La première de­vise de l’uni­té était d’ailleurs Sau­ver des vies au mé­pris de la sienne. » La prio­ri­té reste l’abou­tis­se­ment de la pro­cé­dure ju­di­ciaire, ce qui né­ces­site de pou­voir re­cueillir le té­moi­gnage du sus­pect. En der­nière ex­tré­mi­té, la no­tion de lé­gi­time dé­fense s’ap­plique. Celle-ci sup­pose que le for­ce­né re­pré­sente un dan­ger im­mi­nent pour les forces de l’ordre ou pour un otage. En France, une opé­ra­tion si­mi­laire à celle de Dallas se­rait pu­re­ment et sim­ple­ment as­si­mi­lée à une « exé­cu­tion ».

« La mort d’un pre­neur d’otages ou d’un for­ce­né est vé­cue comme un échec »

C’est un ro­bot de ce type, té­lé­com­man­dé et les­té d’un dis­po­si­tif ex­plo­sif, que la po­lice amé­ri­caine a pu uti­li­ser pour abattre Mi­cah John­son, re­tran­ché dans un ga­rage.

Mi­cah John­son, 25 ans, était un vé­té­ran de l’ar­mée amé­ri­caine.

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