Le ca­fé à 10 € ne passe pas

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - DIANE ANDRÉSY

« JE SUIS SYM­PA, tout en étant franc et di­rect. Je res­pecte la loi, mais je tiens à ma li­ber­té ! » A Tou­lon (Var), sur le port, une af­fiche si­gnale « A par­tir de 17 heures ca­fé à 10 € ». Spé­cia­li­sé dans les cock­tails, Jean-Mi­chel Bon­nus, gé­rant de la bras­se­rie la Réale, en avait as­sez de voir sa ter­rasse en­va­hie par des c o mmandes de « c a f é s - v e r r e s d’eau » en fin de jour­née. Alors, lors­qu’une cliente a de­man­dé un ex­pres­so, son sang n’a fait qu’un tour. Bien mal lui en a pris puisque la cliente en ques­tion a dé­po­sé plainte pour re­fus de vente. Les ser­vices de la DGCCRF (Di­rec­tion gé­né­rale de la concur­rence, de la consom­ma­tion et de la ré­pres­sion des fraudes) se sont en­suite in­vi­tés dans l’éta­blis­se­ment pour si­gni­fier au pa­tron un rap­pel de la loi : l’in­ter­dic­tion de re­fu­ser de ser­vir un ca­fé pen­dant les heures d’ou­ver­ture.

Les com­mandes se sont ré­duites à zé­ro

« Pour sor­tir de ce type de si­tua­tion, j’ai eu l’idée de fixer le prix à 10 € en mi­sant sur l’humour pour faire pas­ser le mes­sage. J’ac­cepte la règle, mais une autre s’ap­plique : je suis libre de pra­ti­quer les prix que je veux. Les gens n’ont rien com­pris et je suis dé­pas­sé par cette his­toire », es­time Jean-Mi­chel Bon­nus. « La Réale est connue de tous à Tou­lon : des pê­cheurs jus­qu’aux rug­by­men du RCT et je n’ai ja­mais eu de pro­blèmes. Main­te­nant, sur In­ter­net, je suis in­sul­té et j’ai même re­çu des me­naces. Tout ça pour un ca­fé à 10 € ? S’ils prennent un thé, c’est 2,50 € et les autres consom­ma­tions sont à des ta­rifs très rai­son­nables. On ne peut vrai­ment plus rien faire », se dé­sole-t-il.

Sur le port, les fi­dèles ma­ni­festent leur sou­tien à Jean-Mi­chel Bon­nus. D’autres croient d’abord à une mau­vaise blague puis changent de ter­rasse : « 10 € ? C’est le ca­fé le plus cher de la Côte d’Azur ! Même à Saint-Tro­pez, ça ne dé­passe pas 5 € », confie Jean-Claude, en vacances au bord de la mer. Mais le Tou­lon­nais est tê­tu : son ca­fé tar­dif reste à 10 € et les com­mandes se sont ré­duites à zé­ro. « Au départ, je pen­sais même af­fi­cher l’ex­pres­so à 40 ou 50 € ! J’au­rais peut-être dû, pour évi­ter toute mé­prise. »

Tou­lon (Var), mer­cre­di. Jean-Mi­chel Bon­nus, gé­rant de la bras­se­rie la Réale, af­fiche le nou­veau ta­rif du ca­fé.

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