« Que Thi­baut sente qu’on l’aime »

Marc Ma­diot,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Ba­gnères-de-Lu­chon Pro­pos re­cueillis par DA­VID OPOCZYNSKI

Ap­puyé sur une bar­rière mé­tal­lique, Marc Ma­diot ob­serve sans bron­cher l’ar­ri­vée de Ch­ris Froome. Puis il se re­tourne pour at­tendre Sé­bas­tien Rei­chen­bach mais sur­tout Thi­baut Pi­not. 16’19’’ plus tard, le Fran­çais ar­rive en­fin. En­tre­temps, le ma­na­geur de la FDJ a ac­cep­té d’évo­quer la fin des am­bi­tions de Pi­not au général (33e à 19’44’’) et la suite du Tour.

Qu’avez-vous pen­sé en voyant Thi­baut Pi­not échap­pé en dé­but d’étape ?

MARC MA­DIOT. C’était plu­tôt en­cou­ra­geant.

Etait-ce une sorte de der­nier pa­ri ?

Non. Il n’y avait rien de pré­pa­ré. C’était juste : vas-y comme tu le sens.

Que faire main­te­nant ?

Rien. Il y a juste à at­tendre que ça aille mieux. Les dés sont je­tés de toute fa­çon. C’était fi­ni de­puis ven­dre­di soir (NDLR : après sa dé­faillance dans As­pin). Il ne faut pas rê­ver : ou tu es dans le rythme du truc tout de suite, ou tu n’y es pas.

Y a-t-il moyen de mettre à pro­fit le reste du Tour pour ga­gner en ex­pé­rience ?

Ap­prendre, c’est gen­til, mais je pré­fère qu’on gagne une étape. Ou le maillot à pois.

Com­ment peut-il se re­mettre dans le bon tem­po ?

C’est beau­coup là (NDLR : il montre sa tête). L’an der­nier, il l’avait re­trou­vée toute la deuxième moi­tié du Tour. Il sait donc com­ment faire. Après, ce sont les jambes qui vont ré­pondre ou pas. Quand on s’in­ter­roge pour sa­voir s’il est taillé ou non pour le Tour… (il coupe) Il l’est puis­qu’il a fait deux fois dans les dix ! Mais on n’est pas dans le bi­lan. On est dans : com­ment on se re­lance ?

Lui avez-vous par­lé ?

Oui, ven­dre­di, on a par­lé. Là, je ne pense pas qu’on au­ra be­soin. C’était entre lui et moi. Ça a du­ré dix mi­nutes même pas.

Quel était le but ?

Juste de par­ler. Mon rôle est d’apai­ser les choses. Et d’ap­por­ter de la sé­ré­ni­té, de la confiance et, quelque part, de l’amour. Il faut que tu dises à ton cou­reur que tu l’aimes. Ou que tu lui fasses sen­tir. C’est tout ce que j’ai fait. Après, c’est lui qui a la clé en lui. Parce que je ne pé­da­le­rai pas à sa place. Ni les mé­ca­nos, ni le reste de l’équipe. Il faut juste que Thi­baut sente qu’on l’aime.

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