Bien­ve­nue chez Bern

VI­SITE. Chantre du pa­tri­moine à la té­lé, Stéphane Bern a vou­lu mon­trer l’exemple en ra­che­tant le col­lège royal de Thi­ron-Gar­dais (Eure-et-Loir), qu’il a res­tau­ré. Le très jo­li mu­sée qu’il a créé vient d’ou­vrir.

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - HÉLÈNE BRY

LE SOU­RIRE aux lèvres, très chics en che­mise claire et costume sombre, les amis de Stéphane Bern — dont Franck Fer­rand, son com­plice mé­dia­tique — fi­nissent d’ins­tal­ler un beau ta­pis bleu roi, une es­trade et un dais dans le jar­din de l’ab­baye de Thi­ron-Gar­dais. Dans la soi­rée, ce ven­dre­di de juin, sont at­ten­dus deux mi­nistres, Audrey Azou­lay (Culture) et Em­ma­nuel Ma­cron (Eco­no­mie). Et la pers­pec­tive d’ac­cueillir dans cet en­droit pai­sible de l’Eure-et-Loir ces pres­ti­gieux vi­si­teurs crée une ex­ci­ta­tion pal­pable. Car Stéphane Bern inau­gure « l’oeuvre de sa vie » : la res­tau­ra­tion du col­lège royal et mi­li­taire de Thi­ron-Gar­dais.

Créé en 1630 dans l’en­ceinte de l’ab­baye bé­né­dic­tine, ce col­lège re­li­gieux, trans­for­mé en col­lège royal et mi­li­taire par Louis XVI, tom­bait en ruines. Comme la de­meure voi­sine, de­ve­nue la mai­son de cam­pagne de Stéphane Bern. « La première fois que je suis ve­nu ici, en 2012, je suis tom­bé amou­reux de ces vieilles pierres qui ré­cla­maient qu’on les sauve de l’ou­bli », ra­conte le « Per­che­ron d’adop­tion ». « J’ai ache­té cette bâ­tisse au prix des Do­maines — ce­lui d’une stu­dette à Pa­ris ! — avec l’en­ga­ge­ment de me­ner à bien un pro­jet cultu­rel et de l’ou­vrir au pu­blic, pour­suit l’his­to­rien de France 2. Le pa­tri­moine, c’est le com­bat de ma vie. Je de­vais moi-même don­ner l’exemple. » Et tant pis pour son en­det­te­ment « jus­qu’à la fin de [s]es jours » !

Avec des airs de gent­le­man-far­mer, l’ani­ma­teur nous en­traîne dans les jar­dins à la fran­çaise de l’ab­baye. « On a plan­té mille charmes. Et là, ce sont de vieux arbres frui­tiers, dont cer­tains ont connu l’An­cien Ré­gime », dé­crit-il, dé­si­gnant de noueux poi­riers, pom­miers et co­gnas­siers. L’heu­reux pro­prié­taire, qui s’est « fait un pe­tit po­ta­ger bio », res­taure aus­si « une serre du XIXe siècle et un vi­vier à poissons dont ja­dis les moines et les col­lé­giens se nour­ris­saient ». Comme dans ses émis­sions, l’ani­ma­teur n’est ja­mais à court d’anec­dotes : « Au col­lège de Thi­ron, la tra­di­tion vou­lait que les élèves les plus mé­ri­tants soient ré­com­pen­sés d’un gref­fon qui or­ne­rait le jar­din de leurs pa­rents. Vous ima­gi­nez au­jourd’hui la mine d’un élève qu’on ré­com­pen­se­rait avec une bou­ture... »

Au pas­sage, Bern rend hom­mage aux ar­chi­tectes du Pa­tri­moine ain­si qu’à son ami Gilles Be­nech, « fou de bo­ta­nique ( NDLR : il a res­tau­ré le jar­din des Tui­le­ries) », qui a re­des­si­né le jar­din du col­lège en res­ti­tuant les pers­pec­tives d’au­tre­fois... tout en s’adap­tant à mes goûts ».

De­puis le fond du jar­din, on dis­tingue l’ab­ba­tiale du XIIe siècle, puis, der­rière un par­terre de « roses Stéphane Bern » ( sic !), une belle mai­son du XVIIIe ma­gni­fi­que­ment res­tau­rée. « La char­pente était pour­rie, ça fuyait de par­tout, il n’y avait ni eau ni élec­tri­ci­té... » Au to­tal, cin­quante com­pa­gnons et ar­ti­sans ont contri­bué à la ré­sur­rec­tion du lieu. « Dans un tel pro­jet, quand vous met­tez un doigt vous met­tez la main, puis l’avant­bras, puis tout le corps, le coeur. »

Nous voi­là en­traî­nés vers l’ab­ba­tiale, fon­dée en 1114 par Saint-Ber­nard de Pon­thieu, fon­da­teur de l’Ordre de Thi­ron, lorsque quel­qu’un ar­rive en cou­rant : la voi­ture de Ma­cron est à l’ap­proche. Bern s’en­vole sur les marches, re­monte l’al­lée les­te­ment et ac­cueille, ra­dieux, son pres­ti­gieux vi­si­teur.

« Je suis tom­bé amou­reux de ces vieilles pierres qui ré­cla­maient qu’on les sauve de l’ou­bli »

le­pa­ri­sien.fr Stéphane Bern : « Le pa­tri­moine, c’est le com­bat de ma vie »

Pour res­sus­ci­ter ce col­lège, créé en 1630 dans l’en­ceinte d’une ab­baye bé­né­dic­tine, Stéphane Bern a fait ap­pel à cin­quante com­pa­gnons et ar­ti­sans.

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