Tel­le­ment cruel

FOOT­BALL. Les Bleus ont été cueillis en pro­lon­ga­tions par des Por­tu­gais très tôt pri­vés de Ro­nal­do. Une dés­illu­sion pour les sup­por­teurs fran­çais.

Aujourd'hui en France - - RETROUVEZ NOTRE CAHIER SPÉCIAL LOISIRS TOUT L’ÉTÉ - DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC

DIX ANS APRÈS, la même dé­so­la­tion. Les Bleus n’ont pas réus­si à de­ve­nir une deuxième fois cham­pions du monde avec Zi­dane en 2006, ils ne sont pas non plus par­ve­nus à ins­crire une troi­sième fois leur nom au pal­ma­rès du Cham­pion­nat d’Europe, en 2016 et à do­mi­cile. Le foot­ball ne soigne de rien, ni des crises éco­no­miques ni de la vio­lence so­ciale ou aveugle, mais il peut agir comme un baume apai­sant sur nos plaies du quotidien. Il n’y au­ra pas ça ce ma­tin, même si la France a vi­bré quelques jours en juillet, avec l’apo­théose d’une de­mi-fi­nale contre l’Al­le­magne rem­por­tée (2-0) grâce à son ca­rac­tère et son sens du sa­cri­fice.

La réus­site a fi­ni par prendre la poudre d’es­cam­pette

Les Bleus ont tout ten­té mais l’af­faire s’est jouée dans la pro­lon­ga­tion, qui res­te­ra l’ins­tant por­tu­gais dans cet Eu­ro. Ils ont vain­cu la Croa­tie au bout du bout et la Po­logne aux tirs au but. Un coin de France sou­rit ce ma­tin, danse comme un en­fant et saute par­tout : c’est la com­mu­nau­té lu­si­ta­nienne com­po­sée d’au moins un mil­lion de per­sonnes. La fier­té est rouge et vert. Les Por­tu­gais ont mis fin à la ma­lé­dic­tion face à ces Tri­co­lores qui les em­pê­chaient d’avan­cer dans les Eu­ros comme dans les Coupes du monde.

Leur re­vanche est notre poi­son, et à l’ex­té­rieur en plus, sur le ter­rain des Fran­çais. Eux seuls peu- vent com­prendre notre peine. En 2004, la Grèce leur a fait le même coup, s’im­po­ser chez eux et ce n’était pas sym­pa. Alors on reste amis mais on est contra­riés quand même. Pour une fois, et ils ont rai­son de ne pas se gê­ner, ils vont cham­brer l’équipe de France pour quelques an­nées. C’est leur pre­mier titre in­ter­na­tio­nal.

La gé­né­ra­tion Griez­mann reste vierge de tout pal­ma­rès, deux ans après un quart de fi­nale de Coupe du monde per­du contre la Mann­schaft. Le jour de ré­cu­pé­ra­tion en moins a sans doute joué. Le fait qu’elle ne de­vienne une équipe qu’ e n c ours de r oute — Des­champs n’a pas eu le choix — aus­si. On ne peut pas de­ve­nir grands tous les jours. Ar­rive sou­vent une limite et c’était hier pour les Bleus, t om­bés du nuage, s ans doute pous­sés par cet ad­ver­saire in­jouable que per­sonne n’a réus­si à battre en sept matchs en France.

Perdre en pro­lon­ga­tion ne consti­tue pas un échec. C’est un scé­na­rio évi­dem­ment in­fi­ni­ment cruel, un coup de cou­teau sur nos rêves de conquête bleue. La réus­site consta­tée à tous les matchs, et en­core pré­sente avec la sor­tie de pré­coce de Ro­nal­do, a fi­ni par prendre la poudre d’es­cam­pette. Elle est en va­cances ce ma­tin. Comme les Bleus, le coeur triste et des bles­sures par­tout. Les Bleus ont ra­me­né un peu de lu­mière mais ils res­tent dans la nuit. Le Por­tu­gal va rê­ver quatre ans.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.