Sis­so­ko a tout es­sayé…

Aujourd'hui en France - - RETROUVEZ NOTRE CAHIER SPÉCIAL LOISIRS TOUT L’ÉTÉ - FRÉ­DÉ­RIC GOUAILLARD

C’EST L’HOMME qu’on n’at­ten­dait pas. Ce­lui qui n’était pas pro­gram­mé pour dis­pu­ter cette fi­nale et qui au­ra su briller beau­coup plus fort que les étoiles, CR7 sor­ti bles­sé à la 25e mi­nute, et An­toine Griez­mann, déses­pé­ré­ment muet. Mous­sa Sis­so­ko, 27 ans, 44 sé­lec­tions, n’est pas le Bleu le plus cé­lèbre, mais il a tra­vaillé pour sa ré­pu­ta­tion hier soir au Stade de France.

A-t-il été por­té par la vi­déo d’en­cou­ra­ge­ment pos­tée par son fis­ton quelques heures avant le match sur les ré­seaux so­ciaux ? A-t-il vou­lu re­mer­cier Di­dier Des­champs de la confiance que ce der­nier lui a ac­cor­dée en le ti­tu­la­ri­sant lors des trois der­nières ren­contres (quart, de­mie et fi­nale) ? En a-t-il gardé sous le pied parce qu’il a dé­bu­té cet Eu­ro comme rem­pla­çant ?

Le pu­blic lui a ren­du hom­mage

Un peu de tout ça, sû­re­ment. Tou­jours est-il que, face aux Por­tu­gais, Sis­so­ko a sur­vo­lé la par­tie — tout au moins la pre­mière heure — quand d’autres Tri­co­lores, à l’ins­tar de Di­mi­tri Payet, ont sem­blé ac­cu­ser le poids des matchs. Le Fran­co-Ma­lien a beau être un grand sen­ti­men­tal et ne ra­ter au­cun épi­sode des « Feux de l’amour », il n’en reste pas moins un ath­lète de com­bat de 1,87 m et 83 kg.

Et quand le joueur de New­castle dé­boule balle aux pieds, avec sa puis­sance et sa tech­nique, il vaut mieux se ga­rer. Ces per­fo­ra­tions sont sa marque de fa­brique, son em­preinte gé­né­tique. Hier, il les a mul­ti­pliées tant qu’il a eu un souffle vaillant, écar­tant tout sur son pas­sage. Il au­rait même pu mar­quer à cin­quante mi­nutes d’in­ter­valle (34e et 84e), de deux frappes puis­santes du pied droit, si Rui Pa­tri­cio n’avait pas mis son ta­lent en op­po­si­tion.

A chaque fois, le pu­blic du Stade de France lui a ren­du hom­mage en scan­dant son nom. Il faut dire que Mous­sa Sis­so­ko, sor­ti à la 110e mi­nute et rem­pla­cé par An­tho­ny Mar­tial, c’est la belle his­toire de cet Eu­ro cô­té tri­co­lore. Le nu­mé­ro 18 des Bleus est la preuve vi­vante qu’une équipe évo­lue au gré d’un tour­noi. Sans rien ré­cla­mer, en prou­vant sa va­leur à chaque ti­tu­la­ri­sa­tion, il a bous­cu­lé la hié­rar­chie après sa deuxième pé­riode convain­cante face à l’Eire.

De­puis, il n’a plus quit­té le onze de Des­champs. Et dire que l’an­cien Tou­lou­sain — for­mé comme Bar­thez avant lui à l’école du TFC — est sup­po­sé évo­luer en Cham­pion­ship (la 2e di­vi­sion an­glaise) la sai­son pro­chaine. En ef­fet, son club de New­castle a été re­lé­gué en mai et le na­tif du Blanc-Mes­nil a un contrat qui court jus­qu’en 2019. Il y a pour­tant fort à pa­rier qu’à l’is­sue de cet Eu­ro Sis­so­ko ne man­que­ra pas de pré­ten­dants. Et non des moindres.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.