Et main­te­nant, à l’as­saut du monde

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MAL­GRÉ TOUT, les Bleus ont gran­di. Cet échec en fi­nale de l’Eu­ro 2016 ne doit pas mas­quer tout ce qui a his­sé cette sé­lec­tion au som­met. Dans deux ans, pour la Coupe du monde en Rus­sie, cette ex­pé­rience ser­vi­ra. Il faut bien sûr com­men­cer par se qua­li­fier dans un groupe éli­mi­na­toire abor­dable (Bié­lo­rus­sie, Bul­ga­rie, Pays-Bas, Suède, Luxem­bourg) et ça com­mence dès le 6 sep­tembre face à la Bié­lo­rus­sie. Le sé­lect i on­neur Di­dier Des­champs va d’abord de­voir construire une nou­velle fois une équipe. A la ren­trée, il re­trou­ve­ra des forces vives en dé­fense avec Va­rane, Sa­kho, en plus de Kos­ciel­ny et Um­ti­ti, et la hié­rar­chie ne se­ra pas fa­cile à des­si­ner.

En re­vanche, il lui fau­dra sans doute des nou­veaux la­té­raux, der­rière Evra, Sa­gna et les rem­pla­çants Digne et Jal­let. Plus mo­dernes, plus jeunes. Au mi­lieu, il pour­ra tou­jours comp­ter sur Pog­ba, Ma­tui­di, Kan­té, Sis­so­ko. De­vant, Griez­mann se­ra en­core plus fort en Rus­sie, où Payet l’ac­com­pa­gne­ra et peut-être des jeunes pousses comme Ous­mane Dem­bé­lé et d’autres qui peuvent en­core se ré­vé­ler. Le re­tour de Karim Ben­ze­ma de­meure une in­con­nue dont seul Des­champs pos­sède la ré­ponse.

Pour l’ins­tant, un manque de ma­tu­ri­té

Si l’at­ta­quant du Real Ma­drid re­vient, il peut for­mer une paire of­fen­sive ex­cep­tion­nelle avec Griez­mann. Mais comme la re­la­tion avec Des­champs pa­raît vrai­ment dis­ten­due, la ten­dance n’est pas à un re­tour du meilleur bu­teur tri­co­lore en ac­ti­vi­té (27 buts). Na­bil Fe­kir, lui, pour­rait être de l’aven­ture russe s’il pour­suit sa pro­gres­sion. Ma­thieu Val­bue­na, en re­vanche, n’a a prio­ri plus vrai­ment de chances de re­voir Clai­re­fon­taine même s’il n’a ja­mais dé­çu en sé­lec­tion. Mais les Bleus et lui, ce n’est plus la même his­toire et dans le décor, les Co­man ou Mar­tial sont ap­pa­rus et joue­ront une place de ti­tu­laire au Mon­dial. Ils se sont conten­tés du rôle de dou­blures jus­qu’à pré­sent mais ils veulent que ça change. Et Hu­go Llo­ris, qui a fran­chi une di­men­sion dans son jeu et dans son lea­der­ship, de­meu­re­ra et le ca­pi­taine et le gar­dien des Bleus.

L’équipe de Di­dier Des­champs a mis la France en ap­pé­tit. Sa vic­toire contre l’Al­le­magne en de­mi-fi­nale de l’Eu­ro prouve qu’elle peut battre n’im­porte qui, même une équipe plus forte qu’elle. Mais son échec en fi­nale dit éga­le­ment qu’elle manque de ma­tu­ri­té. Dans une com­pé­ti­tion où il fau­dra ajou­ter le Bré­sil, l’Ar­gen­tine, le Chi­li, sans doute l’Uru­guay et la Co­lom­bie, la tâche de l’équipe de France s’an­nonce donc com­pli­quée.

Fi­gu­rer dans le der­nier car­ré de la Coupe du monde semble un ob­jec­tif éle­vé rai­son­nable. At­teindre la fi­nale ou la ga­gner de­meure un rêve ou une uto­pie. Mais Des­champs pour­ra comp­ter sur des joueurs ma­jeurs plus forts, no­tam­ment Pog­ba et Griez­mann. Ils ar­rivent au bon âge, res­pec­ti­ve­ment 25 et 27 ans en 2018 à la Coupe du monde, pour s’im­po­ser en pa­tron au mi­lieu et de­vant.

L’in­fluence du pre­mier doit mon­ter consi­dé­ra­ble­ment et le se­cond ap­par­tient dé­sor­mais à ces joueurs de classe mon­diale qui font bas­cu­ler le des­tin d’une ren­contre. Ils avan­ce­ront dans le tour­noi avec da­van­tage de re­pères et la soif de re­vanche d’un Eu­ro per­du au bout du bout.

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