La droite crie à la ré­cup de Hollande

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - OLI­VIER BEAU­MONT

HIER SOIR, Nicolas Sar­ko­zy n’était pas dans la tri­bune of­fi­cielle, ni dans une quel­conque loge du Stade de France. « Il ne te­nait pas à être dans l’image, ni dans la re­pré­sen­ta­tion. C’est un mo­ment qui ap­par­tient aux Fran­çais. Les po­li­tiques au­raient tort de cher­cher à ré­cu­pé­rer l’évé­ne­ment d’une ma­nière ou d’une autre », ju­rait, hier après-mi­di, l’en­tou­rage de l’an­cien chef de l’Etat, qui est pour­tant un pas­sion­né de bal­lon rond. C’est donc dans un lieu de vil­lé­gia­ture dans le sud de la France, où il est en congés pour quelques jours, que le pa­tron des Républicains a sui­vi le match, « comme des mil­lions de gens, de­vant sa té­lé­vi­sion et en fa­mille », pour­suit-on.

Il n’em­pêche, Sar­ko­zy ne s’est pas pri­vé de fi­ler la mé­ta­phore sa­me­di, en marge d’une fête cham­pêtre dans le Bas-Rhin, osant se com­pa­rer à l’at­ta­quant des Bleus Oli­vier Gi­roud : « C’est un foot­bal­leur qui n’échappe pas aux cri­tiques quand il est un peu moins bon, mais qui se re­lève tou­jours et se tient droit. Comme moi ! » a-t-il com­men­té, ja­mais mo­deste s’agis­sant de lui-même.

Quelques heures après le clap de fin de l’Eu­ro 2016 de foot­ball, la po­li­tique va vite re­prendre ses droits. A droite, comme au FN, pas ques­tion de lais­ser Fran­çois Hollande es­pé­rer que l’eu­pho­rie pour­rait d’une ma­nière ou d’une autre lais­ser un quel­conque ré­pit à l’exé­cu­tif. « La France va mal. Le bon par­cours des Bleus offre une bouf­fée d’oxy­gène dans ce ma­rasme. Mais de grâce ! Que le gou­ver­ne­ment ait un peu de dé­cence en ne cher­chant pas trop à ti­rer la cou­ver­ture pour lui », s’aga­çait sa­me­di Gil­bert Col­lard, lors d’un ras­sem­ble­ment du par­ti or­ga­ni­sé au Pon­tet (Vau­cluse) par Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen. Même sen­ti­ment chez Pa­trick De­ved­jian (LR), qui a iro­ni­sé hier sur les pro­pos de Fran­çois Hollande dans « le JDD », quand il dit que « le pays avait besoin de se re­trou­ver ». « C’est l’aveu d’un échec, car ce n’est pas la po­li­tique qui est conduite par le pré­sident de la Ré­pu­blique qui per­met de se re­trou­ver », a ta­clé le dé­pu­té LR des Hauts-de-Seine sur Ra­dio J.

Mau­vaise joueuse, la droite ? En tout cas, pas ques­tion de re­con­naître cer­tains choix heu­reux dans cet Eu­ro de foot­ball. Comme les fan-zones, pour­tant vi­li­pen­dées avant le dé­but de la com­pé­ti­tion. « Ab­surde ! Trop dan­ge­reux ! » s’était no­tam­ment étran­glé le sar­ko­zyste Da­vid Douillet. « On court à la ca­tas­trophe », avait ren­ché­ri Eric Ciot­ti, tan­dis que Phi­lippe Gou­jon, maire LR du XVe ar­ron­dis­se­ment, ri­ve­rain du Champde-Mars, avait car­ré­ment conju­ré la maire de Pa­ris, Anne Hi­dal­go, de ne pas « faire cou­rir le risque que la fête se trans­forme en cau­che­mar ». Une po­si­tion mal­gré tout tou­jours as­su­mée par la droite : « La po­lé­mique n’était pas ab­surde. C’est le rôle des po­li­tiques de sou­le­ver aus­si des pro­blèmes qui pour­raient sur­gir », dé­fend l’en­tou­rage de Nicolas Sar­ko­zy.

La droite avait vil­li­pen­dé cer­tains choix, en fin de compte heu­reux, comme le main­tien des fan-zones

@oli­vier­beau­mont

Saint-De­nis (Seine-Saint-De­nis), le 10 juin. Nicolas Sar­ko­zy, pas­sion­né de bal­lon rond, as­sis­tait à France - Rou­ma­nie.

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