Da­van­tage de gros… dans les dé­serts mé­di­caux !

SAN­TÉ. Une étude le dé­voile : les dé­par­te­ments où l’ac­cès aux soins est com­pli­qué sont aus­si ceux où les per­sonnes en sur­poids — qui en ont donc besoin — sont nom­breuses.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - An­ge­la Chieh, char­gée du pôle don­nées et études chez Wi­things MA­RION ABLAIN

LES FRAN­ÇAIS vi­vant dans des dé­serts mé­di­caux se­raient-ils plus sou­mis au risque d’obé­si­té ? Oui, se­lon une étude que nous vous dé­voi­lons en ex­clu­si­vi­té. Réa­li­sée par le spé­cia­liste de la san­té connec­tée Wi­things, en par­te­na­riat avec Doc­to­lib, lea­deur fran­çais de la re­cherche et de la prise de ren­dez-vous mé­di­caux en ligne, cette en­quête montre que dans les zones où les dé­lais d’at­tente pour un ren­dez­vous chez un gé­né­ra­liste sont longs, la pro­por­tion de per­sonnes en sur­poids et tou­chées par l’hy­per­ten­sion est plus im­por­tante. « L’ob­jec­tif de cette étude est d’iden­ti­fier les ré­gions les plus à risques face aux dé­serts mé­di­caux, ex­plique An­ge­la Chieh, char­gée du pôle don­nées et études chez Wi- things. La con­clu­sion est que les ter­ri­toires où les gens ont le plus besoin de soins sont éga­le­ment ceux où il y a le moins de gé­né­ra­listes. » Par­mi les dé­par­te­ments « à risque » qui res­sortent de l’étude, la Seine-et-Marne. Alors qu’il faut at­tendre neuf jours pour voir un mé­de­cin, contre six en moyenne, la pro­por­tion de per­sonnes en sur­poids est de 51 %, soit 6 points de plus que la moyenne na­tio­nale. Même constat en Saô­neet-Loire où l’hy­per­ten­sion touche 28 % de la po­pu­la­tion (contre 20 % en moyenne) et les pro­blèmes de poids 48 % des in­di­vi­dus, alors qu’il est né­ces­saire d’at­tendre seize jours pour voir un gé­né­ra­liste.

A l’op­po­sé, avec trois jours d’at­tente, le dé­par­te­ment des Al­pesMa­ri­times compte 44 % de per­sonnes en sur­poids et 19 % d’hy­per­ten­dus. Pour le doc­teur Eric Dra­hi, membre du bu­reau du Col­lège de la mé­de­cine gé­nér a l e e t r é f é r e nt d’un pro­gramme obé­si­té dans le Loiret, si les liens de cause à ef­fet entre précarité et obé­si­té sont avé­rés, le rôle du gé­né­ra­liste est ca­pi­tal dans la pré­ven­tion des ki­los en trop. « C’est le mé­de­cin de fa­mille. La ques­tion du poids sup­pose d’avoir du temps pour dis- cu­ter, abor­der la no­tion de plai­sir, l’or­ga­ni­sa­tion de la vie quotidienne, iden­ti­fier les pa­tients à risque… », ex­plique-t-il. Un temps qu’un mé­de­cin à l’agenda sur­char­gé ne pren­dra mal­heu­reu­se­ment pas for­cé­ment.

« Conseiller les pa­tients sur une bonne hy­giène dié­té­tique est le b.a.-ba de nos consul­ta­tions, re­marque Bru­no De­loffre, re­pré­sen­tant de MG France, syn­di­cat des mé­de­cins gé­né­ra­listes. Le sur­poids ou l’obé­si­té né­ces­site un dia­logue fré­quent sur une pé­riode pro­lon­gée, d’où l’in­té­rêt d’un mé­de­cin dis­po­nible et proche de chez soi. » Se­lon l’Ordre na­tio­nal des mé­de­cins, près de 2,5 mil­lions de Fran­çais vivent dans un dé­sert mé­di­cal.

« Les ter­ri­toires où les gens ont le plus besoin de soins sont ceux où il y a le moins de gé­né­ra­listes »

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