1 500 gardes-côtes pour ren­for­cer Fron­tex

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - N.J.

Le spectre d’une Europe pas­soire. C’est ce qui avait été agi­té au len­de­main des at­ten­tats du 13 no­vembre, lors­qu’il était ap­pa­ru que deux des ka­mi­kazes du Stade de France étaient en­trés en Europe dis­si­mu­lés dans le flux de mi­grants ar­ri­vés en Grèce. Poin­tée du doigt, Fron­tex, l’agence eu­ro­péenne de ges­tion des fron­tières, s’était dé­fen­due par la voix de son di­rec­teur, le Fran­çais Fa­brice Leg­ge­ri. Il avait rap­pe­lé dans nos co­lonnes qu’il n’avait au­cun man­dat pour ef­fec­tuer des contrôles de sé­cu­ri­té aux fron­tières, ni pos­si­bi­li­té d’ac­cé­der aux bases de don­nées des Etats membres. Fa­brice Leg­ge­ri ap­pe­lait ain­si à une re­fonte ra­pide du cadre ju­ri­dique de son ac­tion. Il a été en­ten­du. Mer­cre­di, le Par­le­ment eu­ro­péen a en­té­ri­né la créa­tion d’un corps de gardes-côtes eu­ro­péens. « Ce­la s’est fait en six mois, un re­cord », se fé­li­cite-t-on à Fron­tex. Con­crè­te­ment, une force de 1 500 hommes se­ra opé­ra­tion­nelle, et mo­bi­li­sable en moins d’une se­maine lors­qu’il ap­pa­raî­tra qu’un pays membre est confron­té à un af­flux mi­gra­toire qu’il ne peut ma­ni­fes­te­ment gé­rer seul. « Cette force pour­ra être dé­ployée, y com­pris si le pays ne le de­mande pas, mais ne pour­ra l’être si le pays le re­fuse », dé­taille-on à la Com­mis­sion. En pa­reil cas, ses voisins pour­ront tou­te­fois fer­mer leurs fron­tières avec le « ré­cal­ci­trant »…

Par­tage des in­for­ma­tions

Obli­gé jus­qu’alors de qué­man­der ses moyens, no­tam­ment lo­gis­tiques, aux Etats contri­bu­teurs, Fron­tex au­ra son propre ma­té­riel. Sur­tout, ses hommes au­ront donc ac­cès aux don­nées na­tio­nales. « Pre­nons l’exemple d’un Al­le­mand par­ti faire le dji­had en Sy­rie, et dont le pas­se­port a été an­nu­lé, dé­ve­loppe une source à la Com­mis­sion. S’il se pré­sen­tait avec à une fron­tière ex­té­rieure de l’UE, les agents de Fron­tex n’avaient jus­qu’à au­jourd’hui au­cun moyen de sa­voir qu’il n’était plus va­lable… » D’ici quelques mois, dès que les pays de l’Union au­ront tra­duit dans leur sys­tème ju­ri­dique ce rè­gle­ment, c’est donc une nou­velle agence eu­ro­péenne qui ver­ra le jour, se sub­sti­tuant à Fron­tex qui lui ser­vi­ra de fon­da­tion. « Le but est de gé­rer ef­fi­ca­ce­ment les mi­gra­tions, tout en ga­ran­tis­sant la libre cir­cu­la­tion in­terne dans le plein res­pect des sou­ve­rai­ne­tés na­tio­nales », s’est fé­li­ci­té Ber­nard Ca­ze­neuve, par­mi les plus fer­vents ar­ti­sans de cette évo­lu­tion. Tout en as­su­rant qu’elle amé­lio­re­ra ses ca­pa­ci­tés de se­cours en mer, cette nou­velle agence de­vrait aus­si jouer un rôle de co­or­di­na­tion des re­con­duites aux fron­tières des étran­gers ex­pul­sés hors d’Europe.

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