Ça va, Bar­det !

Le lea­deur d’AG2R, long­temps au contact des meilleurs, n’a cé­dé que 19’’ dans la mon­tée fi­nale et pro­gresse au gé­né­ral (6e).

Aujourd'hui en France - - SPORTS - An­dorre Ar­ca­lis (prin­ci­pau­té d’An­dorre) De nos en­voyés spé­ciaux Vincent La­ve­nu, ma­na­geur d’AG2R-la Mon­diale OLI­VIER FRAN­ÇOIS (AVEC D. O. ET LI. C.)

TREM­PÉ JUS­QU’AUX OS, il ap­pa­raît tout maigre. Ro­main Bar­det n’a ja­mais été gros, mais là, un peu per­du sur la ligne d’ar­ri­vée à Ar­ca­lis, il semble par­ti­cu­liè­re­ment ef­flan­qué, comme un chat fa­mé­lique qui se­rait tom­bé à l’eau. Les ap­pa­rences sont t r o mpe u s e s c e - pen­dant. Car l e l e a deur d’ AG2R est fort. Et il fal­lait l’être hier pour ac­com­pa­gner les meilleurs lors de l’étape reine des Py­ré­nées, voire du Tour, ren­due épique par l’orage de grêle qui s’est abat­tu sur la der­nière as­cen­sion.

« La cha­leur, c’était suf­fo­cant et après, on a fi­ni sous le dé­luge, ra­conte le jeune homme de 25 ans, qui, dans la pa­gaille gé­né­rale, cherche un coin où s’abri­ter. On est pas­sé par une am­pli­tude ther­mique im­por­tan- te. J’ai man­qué un peu de bra­voure à un mo­ment don­né. Je n’ai pas vou­lu faire l’ef­fort et on est ja­mais ren­tré sur les quatre de de­vant (NDLR : Froome, Quin­ta­na, Porte et Dan Mar­tin). En cou­rant un peu mieux, j’au­rais pu les ac­com­pa­gner mais c’était par­ti­cu­lier au­jourd’hui avec les condi­tions. » Il a per­du une poi­gnée de se­condes, 19 exac­te­ment, sur Froome et Quin­ta­na, et il est dé­sor­mais 6e du gé­né­ral à 44’’ du lea­deur des Sky. Pas mal pour un cou­reur qui mar­tèle à qui veut l’en­tendre qu’il ne vise pas le maillot jaune.

« Ro­main, c’est un gar­çon qui pro­gresse pe­tit à pe­tit au sein de la hié­rar­chie mon­diale, ex­plique son di­rec­teur spor­tif Vincent La­ve­nu. Il fait par­tie de l’équipe de­puis ses dé­buts au centre de for­ma­tion. C’est une grande fier­té pour nous de l’ac­com­pa­gner. Au­jourd’hui (NDLR :

« De bon au­gure pour une place au gé­né­ral »

hier), il était avec les meilleurs. C’est bon pour le mo­ral. Ce­la per­met d’abor­der la deuxième se­maine avec confiance. Il confirme son ta­lent. C’est un gros tra­vailleur qui ne laisse rien au ha­sard. Il est hy­per pro, cherche à amé­lio­rer tous les dé­tails. C’est pour ça qu’il est tout près des plus grands. Il a dé­jà fait des écarts avec cer­tains de ses ri­vaux, c’est de bon au­gure pour une place au gé­né­ral. »

Jus­qu’où peut-il al­ler sur ce Tour al ors ? Jus­qu’au po­dium ? Son meilleur ré­sul­tat, il l’a ob­te­nu en 2014 avec une 6e place. Il semble bien mieux ar­mé cette sai­son mais der­rière Froome et Quin­ta­na, la concur­rence pour les ac­ces­sits s’an­nonce sé­rieuse avec l ’ é mer g e n c e d’Adam Yates, le Bri­tan­nique d’Ori­ca, ou de Da­niel Mar­tin, l’Ir­lan­dais d’Etixx-Quick Step. « Je l’ai dit de­puis le dé­part du Tour, je ne me fixe pas de limite, ajoute Bar­det. Le bi­lan de cette pre­mière par­tie est po­si­tif. J’avais pré­vu de mon­ter en pres­sion en 3e se­maine et je suis dé­jà plu­tôt content de ma condi­tion phy­sique. Les Py­ré­nées sont pas­sées, reste les gros mor­ceaux du Ven­toux et des Alpes. » Et de l’espoir, beau­coup d’espoir pour cet achar­né de tra­vail, dé­sor­mais la der­nière chance pour un Tri­co­lore de bien fi­gu­rer au clas­se­ment gé­né­ral.

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